A la recherche des indo-européens. Langue, archéologie, mythe PDF

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Les ressemblances frappantes qui existent entre les langues romanes, germaniques, celtiques, slaves, iraniennes et indiennes, font supposer qu’il a existé autrefois une langue unique, ancêtre de tous ces idiomes et que les spécialistes nomment le  » proto-indo-européen « . Mais, au-delà de ces données linguistiques, peut-on identifier et dater la population qui la parlait ? Quelle était sa situation géographique et quelle était sa culture ? Pour le savoir, il faut comparer les données linguistiques aux faits historiques et archéologiques : c’est ce que fait J.P. Mallory dans ce livre, qui est déjà un ouvrage de référence. L’auteur tente de comprendre l’héritage culturel des Indo-Européens, leurs croyances religieuses, et de reconstituer quel a pu être leur foyer originel, ainsi que le trajet de leurs migrations à travers l’Europe et l’Asie. Il n’esquive pas le rôle qu’ont pu jouer les études indo-européennes dans la création du mythe de la supériorité aryenne, auquel il oppose ce qui lui paraît être le véritable héritage des peuples indo-européens.

Aryens ou Arya est un terme qui signifie  noble  qui a été utilisé comme autodésignation par les Indo-Iraniens. On croyait au XIXe siècle que le terme Aryen était également une auto-désignation utilisée par tous les peuples indo-européens, une théorie qui a été abandonnée. Aryen  a été adopté comme catégorie raciale à travers les œuvres d’Arthur de Gobineau, dont l’idéologie de la race était basée sur une idée du blond européen du Nord qui avait migré à travers le monde et fondé toutes les civilisations majeures, avant d’être dégradé par le mélange racial avec les populations locales. Dans tous les cas, l’utilisation du mot  Aryens  pour désigner l’ensemble des Indo-Européens est un abus que condamnent tous les spécialistes du sujet. Francisé en  aryen , le terme sanskrit védique arya est souvent confondu avec le terme avestique airiya qui signifie  excellent, honorable, noble  en iranien ancien. La langue et la phraséologie de l’Avesta et du Rig-Véda sont si proches que ces deux textes s’expliquent souvent l’un par l’autre.

Nobles , vont former une entité homogène, détachée de la grande mouvance indo-européenne. Cette entité prend place dès le IIIe millénaire entre les mers Caspienne et d’Aral. Vers le IIe millénaire, cette influence culturelle et linguistique va gagner très lentement le Sud, vers l’Iran, l’Inde, mais aussi vers le Proche et le Moyen-Orient. Les Indo-Aryens se sont installés en Bactriane, au sud-est de l’actuel Ouzbékistan et au nord de l’Afghanistan. Ils ont laissé leur empreinte sur une civilisation de l’âge du bronze, datée de -2200 à -1700. D’autres Indo-Aryens ont migré vers le Moyen-Orient, toujours à partir de la Bactriane. Ils sont intervenus dans la formation du royaume du Mitanni en haute Mésopotamie, vers -1500.

Les documents archéologiques ont livré une grande quantité de noms propres védiques, en particulier de noms de dieux. Certains nationalistes indiens rejettent l’idée que leur langue et leur culture aient pu provenir de l’étranger. 1900 à -1500 et située sur la Volga. Avec eux, se trouvaient les Mèdes, également de langue iranienne.

Leur lien avec la culture des tombes à charpente n’est cependant pas clair. L’Iran était autrefois appelé Ērān shahr, expression prononcée Aryānam xshathra dans l’Antiquité et signifiant  royaume des Arya . Les peuples de langue iranienne n’ont pas vécu qu’en Iran. Bactriens et les Sogdiens, en Ouzbékistan, dont les langues sont connues grâce aux documents qu’ils ont laissés.