A travers les années PDF

Sur place, un groupe de français convertis et A travers les années PDF franco-algériens, marocains exaltés ayant combattu en Bosnie dans les rangs la brigade moudjahidine, organise le financement de la cause islamiste depuis la France. La police judiciaire, les services antiterroristes et du renseignement français procèderont à l’identification d’une dizaine d’individus, considérés comme étant les premiers djihadistes français.


Une jeune femme, pour échapper à la pauvreté, quitte son pays pour les Etats-Unis, à la recherche d’une vie meilleure. Sa famille vient la rejoindre quelques temps après et son époux est vite fasciné par la vie new yorkaise. Il la quitte bientôt pour une autre femme.

Ce récit est l’histoire d’un grand nombre d’immigrants venus de tous les pays qui se sont laissés subjuguer par la vie aux Etats-Unis. Ils ont brisé leurs foyers en abandonnant leurs conjoints et leurs enfants pour une vie éphémère qui leur permet momentanément d’oublier qu’un jour, ils n’avaient connu que la misère dans leur pays d’origine.

Né le 22 octobre 1969 à Roubaix d’une famille ouvrière catholique, Christophe Caze est considéré comme l’instigateur du gang, le plus dogmatique et le plus violent. 1989 la mosquée Da’Wa de la rue Archimède à Roubaix où il se convertit à un islam fondamentaliste. Exalté par la foi qui l’anime et confronté aux violents combats, il devient le chirurgien autodidacte d’une unité spéciale regroupant quelques centaines de djihadistes étrangers : El-Moudjahideen. Une unité réputée pour ses exactions violentes et dont l’objectif est moins l’indépendance du pays que son islamisation. Né le 29 janvier 1971 à Roubaix d’une famille ouvrière catholique pratiquante, Lionel Dumont est l’autre personnage clé du gang.

Djibouti avec le 4e régiment d’infanterie de marine où il participe en 1993 aux opérations destinées à venir en aide aux populations de la corne de l’Afrique. Mouloud Bouguelane rencontre Dumont et Caze en 1991, et fréquente sous l’égide de ce dernier la mosquée de la rue Archimède. Il gagne la Croatie en 1993 pour « faire de l’humanitaire » tour à tour avec une organisation non-gouvernementale lyonnaise puis anglaise. De là, une association de malfaiteurs se forme autour des vétérans moudjahidines.

3 février 1996 : Attaque à main armée commise par trois malfaiteurs cagoulés au magasin hard-discount ALDI de Lomme, préjudice de 20 000 francs. 7 février 1996 : Attaque à main armée commise par quatre malfaiteurs grimés de masques de carnaval au magasin Lidl d’Auchy-les-Mines. 8 février 1996 : Attaque à main armée commise par quatre malfaiteurs grimés de masques de carnaval au magasin Lidl de Faches-Thumesnil, préjudice de 20 000 francs. 25 mars 1996 : Attaque d’un fourgon blindé au moyen d’un lance-roquette sur le parking du magasin Auchan à Leers, qui échoue. L’enquête est confiée à la police judiciaire de Lille dès les premières attaques. Les similitudes dans le modus operandi et le ciblage spécifique de certaines chaines de magasin orientent les enquêteurs vers un groupe d’une dizaine d’individus au comportement atypique. Une fusillade d’une extrême violence éclate aux moyens d’armes de guerre.

Décrits comme surexcités, les occupants vont jusqu’à utiliser des grenades offensives pour tuer les policiers. Une déflagration près d’un matelas provoque un incendie, mais situation inédite, les malfaiteurs refusent de se rendre et préfèrent se laisser brûler vifs. Dumont, Bouguelane, Caze et Zemmiri, qui dormaient dans un autre logement à proximité prennent la fuite. Le jour même, Caze et Zemmiri sont repérés dans une Peugeot 305 par la police belge sur l’autoroute Lille-Gand où une intense fusillade éclate.

Acculé, Zemmiri s’échappe dans le quartier limitrophe de Courtrai et prend en otages deux femmes dans leur maison. Boughelane et Dumont passent au travers des mailles du filet et gagnent la Bosnie via la Belgique. Bendaoui est interpellé quatre mois plus tard en Belgique. Au lendemain de l’assaut du RAID à Roubaix, le ministre de l’intérieur Jean-Louis Debré déclare : « Cela n’a rien à voir, ni avec l’islamisme, ni avec le terrorisme, ni avec le G7. Le parquet de Lille ouvre une information judiciaire pour  tentative d’attentat par explosif, tentative d’homicide volontaire sur agents de la force publique et association de malfaiteurs  mais n’apporte aucune dimension terroriste au dossier. Mais surtout, des documents essentiels sont découverts sur le corps de Caze dont l’exploitation permet d’établir des liens entre les membres du gang et le réseau islamiste de Fateh Kamel.

Confrontant leurs informations dans le cadre d’enquêtes liées au GIA et d’un trafic de faux documents, les services de renseignements canadiens, italiens, belges et français mettent à jour un réseau d’envergure internationale. Le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière instruit le dossier sur le réseau de Fateh Kamel dans lequel apparaissent les noms des djihadistes de Roubaix. En mai 1999, alors que tous deux purgent une peine de vingt ans d’emprisonnement et attendent d’être extradés vers la France pour répondre de leurs exactions, Dumont parvient à s’échapper de la prison de Sarajevo. Extradé en France au terme de sa cavale, Dumont est condamné en 2005 à trente ans de réclusion criminelle avec une peine incompressible pour les deux tiers.