Adieux au capitalisme PDF

Les Blancs, les Adieux au capitalisme PDF et nous. Avec l’aimable autorisation des éditions La Fabrique, nous publions l’introduction du livre d’Houria Bouteldja  Les Blancs, les Juifs et Nous, vers une politique de l’amour révolutionnaire  intitulée : Fusillez Sartre! Le philosophe français prend position en faveur de l’indépendance de l’Algérie. En matière de colonialisme et de racisme, fidèle à sa conscience d’adolescent, il ne se trompera presque jamais.


S’appuyant sur l’expérience zapatiste – une “utopie réelle” qui s’apprête à fêter ses 20 ans –, ce livre invite à rouvrir le futur et à engager résolument une réflexion sur ce que pourrait être un monde libéré de la tyrannie capitaliste. S’il est indispensable d’analyser les dynamiques à l’œuvre dans l’actuelle société de la marchandise, il s’agit surtout d’explorer trois dimensions d’une possible organisation post-capitaliste :  la construction de formes politiques non étatiques, discutées ici à partir de l’observation de l’auto-gouvernement rebelle établi dans les territoires zapatistes du Chiapas ;  la nécessité de démanteler les fondements de la logique productiviste actuelle et de soumettre les activités productives aux principes qui régissent la société et aux choix collectivement assumés (dans le respect de la biosphère et avec le souci, notamment, de préserver le temps disponible pour la vie) ;  la pluralité des chemins de l’émancipation, ce qui suppose de mettre en dialogue les anticapitalismes du Nord et du Sud et d’élaborer une capacité de compréhension interculturelle, condition pour rendre viable un « monde fait de multiples mondes ». Il ne s’agit pas là d’une simple rêverie projetée dans un avenir qui ne serait qu’une sorte de hors-temps. Au contraire, on propose de s’appuyer sur ce qui existe déjà, dans une démarche qui œuvre à faire croître les « espaces libérés » encore embryonnaires qui se multiplient autour de nous. Construire (une autre réalité) et résister (aux avancées de la dépossession capitaliste) sont désormais deux aspects inséparables d’une même démarche, dont on ne peut ignorer la dimension conflictuelle : il s’agit d’en finir avec le capitalisme, avant que celui-ci n’ait détruit les conditions de la vie humaine sur la Terre.

Unis, en soutien à la révolution cubaine et au Viêt Minh. Sartre ne s’est jamais prétendu pacifiste. Il le démontre une fois de plus en 1972 lors des Jeux olympiques de Munich. Le sang de Sartre a giclé. Je n’ai aucun mal à imaginer son déchirement lorsqu’il prend position en faveur de Septembre noir. Mais le coup fatal n’a pas été donné. Sartre n’est pas Camus, mais il n’est pas Genet non plus.

Il n’y a pas de problème juif. Il faut se réjouir qu’un État israélien autonome vienne légitimer les espérances et les combats des Juifs du monde entier. Pressé d’enterrer Auschwitz et de sauver l’âme de l’homme blanc, il creuse le tombeau du Juif. Le Palestinien était là par hasard. Sa fidélité au projet sioniste, bien que contrariée par les excès d’Israël, reste intacte.

François Maspero de supprimer la préface de Sartre aux Damnés de la terre des éditions ultérieures. Il n’y a plus rien de commun entre Sartre et nous, entre Sartre et Fanon. En 1976, son vœu sera exaucé. Le président égyptien Sadate ira se recueillir devant le mémorial des martyrs de l’holocauste nazi. La même année, il se voit décerner le titre de docteur honoris causa de l’université de Jérusalem à l’ambassade d’Israël.

En cela, il est une allégorie de la gauche française de l’après-guerre. Si la gauche actuelle était à l’image de ses engagements, nous ne pourrions que nous en féliciter. Mais, on est malgré tout en droit de penser que sa blanchité en a dessiné l’inflexion. Sartre n’a pas su être radicalement traître à sa race. 1940 face aux Allemands, et plus tard à Saigon et en Algérie. De la raclée de Dien Bien Phu. Ce que j’aime chez Genet, c’est qu’il s’en fout d’Hitler.

Il n’y a aucune trace de philanthropie chez lui. Ni en faveur des Juifs, des Black Panthers ou des Palestiniens. Mais une colère sourde contre l’injustice qui leur était faite par sa propre race. Il y a comme une esthétique dans cette indifférence à Hitler. Ce que j’aime aussi chez Genet, c’est qu’il n’éprouve aucun sentiment obséquieux à notre égard. Mais il sait discerner la proposition invisible faite aux Blancs par les militants radicaux de la cause noire, de la cause palestinienne, de la cause du tiers-monde.

Il sait que tout indigène qui se dresse contre l’homme blanc lui offre dans le même mouvement la chance de se sauver lui-même. Il devine que derrière la résistance radicale de Malcolm X, il y a son propre salut. Mais Malcolm X ne peut pas aimer Genet sans avant tout aimer les siens. C’est son legs à tous les non-Blancs du monde. Grâce à lui, je suis une héritière.