Ancienne abbaye cistercienne de Fontfroide PDF

Ancienne abbaye cistercienne de Fontfroide PDF de Termes qui lui permettent de réaliser de nouvelles constructions. Pendant la croisade des albigeois, elle fut le fer de lance de l’orthodoxie catholique.


Aujourd’hui, l’abbaye de Fontfroide est membre de la Charte des abbayes et sites cisterciens d’Europe. L’abbaye de Fontfroide est actuellement un monument privé détenu par les descendants de Gustave et Madeleine Fayet. Groupe de moines dans le cloître entre 1858 et 1907. Photographie par Eugène Trutat conservée aux archives municipales de Toulouse. Le vicomte de Narbonne, Aymeric Ier, autorise une communauté de moines à se constituer sur ses terres de Fontfroide.

L’abbaye est située dans le massif des Corbières, près d’un torrent. Fontfroide s’est trouvée aux avant-postes dans la lutte contre l’hérésie cathare. Olivier de Termes désireux de réparer les torts qu’il avait commis envers l’Église catholique. Il finance notamment la chapelle des Morts. Après avoir franchi le porche d’entrée aux lignes élégantes, bâti vers 1777-1778, l’hôte de droite découvre le long rectangle de la cour d’honneur.

Une porte permet l’accès au réfectoire des convers. Les dimensions imposantes de celui-ci, dont la longueur avoisine les cinquante mètres, amènent à imaginer une communauté de 180 à 200 frères. Les arcs doubleaux de profil carré, les ogives et les nervures se fondent dans les murs. L’éclairage est apporté par des baies géminées vers l’ouest et en simple arc plein cintre à l’est. Des cloisonnements avaient divisé la pièce en plusieurs espaces et on devine ainsi dans la deuxième travée des croix marquant la chapelle des  étrangers . Cette cour est souvent dénommée  Louis XIV , à tort, car les documents attestent que sa configuration actuelle provient des travaux effectués à partir de 1775. Tout l’ensemble se trouvait centré autour du puits, véritable citerne aux moellons parfaitement assemblés et qui s’approfondit en un gouffre creusé dans les calcaires fracturés.

Quand l’abbaye, aux temps classiques, n’abrite plus ni convers, ni novices mais seulement un petit groupe de moines, ceux-ci détruisent les bâtiments devenus inutiles et modifient les constructions en les aménageant selon le goût de l’époque. Dans les abbayes cisterciennes normalement orientées, comme c’est le cas de Fontfroide, le sanctuaire étant disposé vers l’est, le cloître contigu et les bâtiments adjacents occupent la partie orientale du monastère. Les frères convers se trouvent donc installés dans la partie occidentale, tournée vers l’extérieur. C’est en cheminant sous cette longue voûte en demi-berceau qu’ils se rendaient au fond de l’église, sans déranger l’office psalmodié par les moines installés, eux, dans la partie opposée de la nef. Un grand escalier, que soutient un arc en anse de panier, conduit à l’entrée.

Dans la ruelle des convers une porte de ferronnerie fait passer au cloître lumineux. La lumière y est diffusée par des arcatures et des oculi. Cette cour intérieure est le cœur même de l’abbaye. L’arc brisé ouvrant la première travée découvre la perspective des massifs fleuris qui entourent le puits devant l’angle des grandes arcades dominées par le clocher. Deux périodes de construction et deux styles différents se sont succédé ici.

Fontfroide, riche de multiples donations, entame le temps de sa plus grande prospérité, un important remaniement est réalisé suivant le goût et les techniques nouvelles, celles de l’âge gothique. Dans chaque travée, les colonnettes romanes, toujours en place, sont désormais surmontées d’un haut tympan, percé d’oculi différemment répartis et qui s’inscrit lui-même dans un profond arc brisé. Elle jouxte le collatéral de l’abbatiale et fut bâtie la toute première, aussi bien lors de la construction romane que lors du remaniement ogival. Au-dessus, les deux tympans centraux s’aèrent par trois oculi, au lieu de l’unique, présent partout ailleurs.