Apollinaire : Oeuvres poétiques complètes PDF

Contrairement à une idée généralement répandue, l’écriture automatique représente le contraire de la facilité. Au printemps 1919, André Breton est encore mobilisé à l’hôpital du Val de Apollinaire : Oeuvres poétiques complètes PDF, Philippe Soupault est détaché au Commissariat des Essences et Pétroles de la rue de Grenelle et Louis Aragon est envoyé en Sarre avec les troupes d’occupation. Pour Breton, l’avenir n’a aucune représentation.


Illustrations d’après les bois originaux de Raoul Dufy pour Le Bestiaire

La revue Littérature lancée en février avec Aragon et Soupault ne lui apporte plus aucune satisfaction. Il voudrait la faire sortir de son côté  anthologique . Le premier essai auquel se livre Breton aboutissant à la formation de quelques phrases le déçoit tout d’abord, à l’exception de quelques mots parmi les premiers Fleur de laque jésuite dans la tempête blonde. Cependant, pratiquée avec ferveur, l’écriture automatique provoque des hallucinations. Le premier titre auquel André Breton a songé était Les Précipités, allusion au phénomène chimique. Le plan de l’ouvrage a été préalablement bâti par Breton : il doit comporter huit chapitres.

La phrase est constamment prête à larguer ses amarres : l’esprit dérive à sa suite vers des horizons renouvelés et indéfiniment renouvelables où l’on croise Lautréamont :  lorsque les grands oiseaux prennent leur vol, ils partent sans un cri et le ciel strié ne résonne plus de leur appel. Arthur Rimbaud :  nous touchons à la fin du carême. Notre squelette transparaît comme un arbre à travers les aurores successives de la chair où les désirs d’enfant dorment à poings fermés. Les Champs magnétiques s’achèvent par une dédicace à Jacques Vaché. La fenêtre creusée dans notre chair s’ouvre sur notre cœur. On y voit un immense lac où viennent se poser à midi des libellules mordorées et odorantes comme des pivoines. Quel est ce grand arbre où les animaux vont se regarder ?

Il y a des siècles que nous lui versons à boire. Son goûter est plus sec que la paille et la cendre y a des dépôts immenses. On rit aussi, mais il ne faut pas regarder longtemps sans longue vue. Il n’y a plus qu’à ouvrir nos mains et notre poitrine pour être nus comme cette journée ensoleillée.

Tu sais que ce soir il y a un crime vert à commettre. Comme tu ne sais rien, mon pauvre ami. Ouvre cette porte toute grande, et dis-toi qu’il fait complètement nuit, que le jour est mort pour la dernière fois. Quand Aragon revient à Paris dans le courant du mois de juin, qu’il retrouve ses amis, il sent que quelque chose s’était passé. J’arrivais au milieu de ce quelque  chose  qui n’avait pas plus de visage que de nom. Breton parlait de ce qui s’était passé de façon elliptique.

En fait, ils grillaient tous les deux de s’en ouvrir à moi. Les réactions critiques sont mêlées de perplexité et d’éloges. Paul Neuhuys comprend que Breton ne se sent plus attiré vers rien. Les mots sont rouillés et les choses ont perdu sur lui tout pouvoir d’attraction. Plus anecdotique, la Comtesse de Noailles trouve le livre absurde et conseille à André Gide de se déprendre des auteurs, malgré quelques traits de génie. 1988 : André Breton, Œuvres complètes, tome 1, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, pages 53 à 105.

1233 du 9 au 15 mai 1968. André Breton, Entretiens, 1952, Gallimard, collection Idées, chapitre IV, pages 54 à 65. Marguerite Bonnet, André Breton, naissance du surréalisme, Librairie José Corti, Paris, 1975. Marguerite Bonnet, Présentation, notice et notes dans André Breton, œuvres complètes, tome 1, op. Pierre Daix, La Vie quotidienne des surréalistes 1917-1932, Hachette, Paris 1992, chapitre IV, pages 59-72. Michel Sanouillet, Dada à Paris, CNRS éditions, 1965-2005, p. Breton, œuvres complètes, tome 1, op.

Pour connaître le détail de la composition des textes, voir M. Louis Aragon, dans Lettres françaises, mai 1968, cité dans Clébert, op. Breton, Entrée des médiums, dans Œuvres complètes, tome 1, op. Breton, Manifeste du surréalisme, dans Œuvres complètes, tome 1, op. Selon Clébert, les textes auraient été écrits dans un café du boulevard St-Germain, La Source, op.

Détail des différentes vitesses d’écriture dans M. Il proviendrait des archives de Théodore Fraenkel. Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du surréalisme, ATP, Chamalières et Le Seuil, Paris, 1996, p. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 31 décembre 2018 à 18:36.