Architecture du corps PDF

Sauter à la architecture du corps PDF Sauter à la recherche Article détaillé : Constructivisme russe. L’architecture constructiviste est un mouvement architectural qui s’est développé en Union soviétique dans les années 1920 et 1930. Bâtiments constructivistes et autres projets modernistes de l’ancienne U.


Lorsque l’on traite de l’architecture du corps humain dans une école d’architecture, le renvoi à une logique cohérente de « l’art de construire » se pose comme une évidence. Construction logique et non banalement mimétique, conceptuellement efficace, pour situer la place qu’occupe la machine humaine dans le parcours de l’évolution et, à partir de là, en recueillir toute la complexité du signe. Cet album recueille le matériel didactique d’étudiants de l’Ecole d’architecture de Lausanne. Champ libre leur a été laissé quant au choix du sujet, même si, fatalement, le répertoire dominant prend sa source dans l’iconographie picturale. La préoccupation majeure des étudiants a consisté à donner forme à une pose statiquement péremptoire, en s’appuyant sur des iconographies conséquentes, ou encore à donner sens à l’instant temporel, cueilli dans le geste dynamique. Dans les deux cas le squelette en amplifie la signification La technique a consisté en une pose minimale de couches de blanc sur le fond noir de l’ombre, unifiée pour tous les étudiants, afin de rendre le travail comparable dans son ensemble Les squelettes ont été dessinés et peints en grandeur nature sur un support constitué d’une planche de bois, afin d’en accentuer l’aspect émotionnel. Le résultat est éloquent: une danse macabre à la fois drôle et tragique, qui nous renvoie à la perpétuelle question de la représentation. Trois textes introductifs offrent des clés pour y répondre.

L’architecture constructiviste sortit de la mouvance du Constructivisme, mouvement artistique concernant tous les arts, qui se développa à partir du futurisme russe. Une césure se produit lorsque Pevsner et Gabo émigrèrent. Le mouvement se développa alors selon une optique utilitariste sociale. Le courant principal productiviste reçut le soutien du Proletkoult et de la revue LEF, et devint ensuite l’influence dominante de l’association architecturale O. Immédiatement après la guerre civile russe, l’URSS n’avait plus les moyens pour aucune commande architecturale. Les projets de 1923 à 1935 d’El Lissitzky, les gratte-ciel à l’horizontale de Mart Stam et pavillons temporaires de Melnikov montrent l’originalité et les ambitions de cette association de nouveaux architectes.

Un autre aperçu d’un environnement constructiviste vivant est visible dans le film à succès de science-fiction Aelita avec ses décors intérieurs et extérieurs anguleux et géométriques réalisés par Aleksandra Ekster. Un style constructiviste plus froid et plus technologique fut introduit en 1923-24 par le projet de bureaux en verre des frères Vesnine pour le Leningradskaya Pravda. Parmi d’autres réalisations remarquables on trouve la parabole en aluminium et la cage d’escalier en verre du planétarium de Moscou par Mikhail Barsch et Mikhail Sinyavsky en 1929. La plupart de ces bâtiments apparaissent dans le film de Sergueï Eisenstein la Ligne générale qui montre aussi une ferme collective en maquette conçue par Andrey Burov.

Un objectif central des constructivistes fut d’instiller un esprit d’avant-garde dans la vie de tous les jours. 1927 ils travaillèrent sur des projets de maisons pour travailleurs, équipements collectifs de loisir généralement implantés dans l’enceinte des usines. Parallèlement à cette incursion dans le quotidien, il y eut des projets plus baroques comme l’Institut Lénine d’Ivan Leonidov, une œuvre high-tech qui soutient la comparaison avec Buckminster Fuller. Il y eut aussi les projets de gratte-ciel suprématistes appelés architektons de Kasimir Malevitch, Lazar Khikeidel et Nikolaï Suetin.

Les contacts d’El Lissitzky en Allemagne et en Suisse, tout comme l’impact qu’eut le pavillon de Paris de Melnikov, amenèrent de nombreux architectes non soviétiques de la fin des années 1920 à faire évoluer leur travail vers une sorte de constructivisme. Le projet lauréat de Boris Iofane signa le début du style historiciste éclectique de l’architecture stalinienne, un style en réaction avec la Modernité jugée laide et sans âme, piochant et mélangeant dans les styles anciens, avec parfois des éléments technologiques contemporains. Jusqu’à la fin des années 1920, le Constructivisme fut l’architecture dominante du pays, et beaucoup de bâtiments de cette époque ont survécu. Après une brève période de synthèse, la réaction néoclassique fut absolument dominante jusqu’en 1955.

Les bâtiments rationalistes restèrent cependant courants dans l’architecture industrielle, mais disparurent des projets urbains. Des projets indubitablement modernistes furent proposés par les frères Vesnine et Ivan Leonidov lors du concours pour le Narkomtiajprom sur la place Rouge en 1934, un autre édifice stalinien non construit. En dépit de l’ambition de nombreuses propositions constructivistes pour la reconstruction des villes, il y eut assez peu d’exemples d’urbanisation constructiviste cohérente. Cependant le quartier Narvskaya Zastava à Leningrad devint un centre constructiviste important.

Au début, en 1925, de l’habitat municipal fut dessiné par des architectes comme A. Beaucoup de Constructivistes espéraient voir leurs ambitions se réaliser pendant la  révolution culturelle  qui a accompagné le Premier Plan quinquennal. L’urbanisme de Le Corbusier trouva aussi son bref moment de gloire avec sa réponse à Moscou qui donnera ensuite les plans de la cité radieuse et le projet du bâtiment gouvernemental Tsentrosoyuz en collaboration avec Nikolai Kolli. Erich Mendelsohn, autre moderniste célèbre, dessina l’usine de drapeaux rouges à Leningrad et popularisa le Constructivisme avec son livre Russland, Europa, Amerika. Globus de Novossibirsk ou les immeubles d’habitation Khrouchtchyovka dénués de toute ornementation sont en un sens une continuation du Constructivisme. L’architecture high-tech doit aussi son dû au Constructivisme, surtout, bien évidemment le Lloyd’s Building de Richard Rogers. Aujourd’hui la plupart des bâtiments constructivistes d’origine sont dans un état critique et sont en danger de démolition.