Arrivant de ma province… PDF

Ce n’est qu’à partir des années 1930 que l’on peut réellement parler de pègre ou de milieu marseillais. Unis, finalement démantelé par les autorités franco-américaines à l’aube de la arrivant de ma province… PDF suivante.


Il n’y a officiellement jamais eu de mafia au sens habituel du terme à Marseille. Cependant, la France connait bien une mafia qui s’est développée dans la continuité du colonialisme et du gaullisme, la mafia corse. 1930, infiltré à l’époque dans les sphères politiques et répressives et s’appuyant sur un système clientéliste et communautaire. Pour lui, les gangs corso-marseillais ne sont d’ailleurs pas des mafias à proprement parler car leurs modes d’organisation sont loin d’être aussi bien structurés que les organisations mafieuses italiennes et nord-américaines.

Avant les années 1880, Marseille connait une criminalité locale plutôt classique composée de délinquants peu organisés. La ville est très loin de l’image violente qu’elle inspire dans l’inconscient collectif des années 1930. Or, le blanchiment d’argent est quasi-inexistant à Marseille jusqu’à l’entre-deux-guerres. Les bandits de grand chemin, bien présents à Marseille et ses alentours sous la Révolution, perdurent de façon endémique sous le Premier Empire. Entre 1820 et 1870, les grappillages portuaires engendrent un marché dynamique de marchandises volées et d’alcool de contrebande. Si les mieux organisés et les plus sophistiqués sont sans doute les faux-monnayeurs, cette criminalité parait à l’époque, tout comme les bandes parisiennes de la Restauration, limitée et sous contrôle des autorités. Selon l’imaginaire populaire, comparable aux apaches parisiens, il rôde la nuit dans les vieux quartiers devenus des coupe-gorges dans le but de détrousser les passants.

Pourtant, les nervis ne semblent pas être les ancêtres du milieu marseillais tel qui apparait au siècle suivant. Les nervis ne sont d’ailleurs pas les acteurs dominants de la criminalité marseillaise de l’époque. 1880-1890 et à l’essor de la demande de biens de consommation et de loisir. Parallèlement, les lois se durcissent pour endiguer ces phénomènes : le délit de  vagabondage spécial , qui vise les souteneurs et les bonneteurs, est promulgué en 1885, puis une loi de 1893 interdit les paris sur les courses tenus en dehors des hippodromes par les bookmakers clandestins. Si la criminalités était jusque-là cantonné à des bandes locales, le grand banditisme marseillais évolue radicalement durant l’entre-deux-guerres. Les parrains Paul Carbone et François Spirito.

Si la criminalité a grimpé depuis les décennies précédentes, Marseille bénéficie dans les années 1920 d’une image plutôt positive dans une époque en quête d’aventures et d’horizons lointains. Les années 1930 annoncent aussi l’émergence des machines à sous dans les bars, l’apogée de la prostitution illégale et l’essor du trafic de stupéfiants à un moment où la demande outre-Atlantique se fait de plus en plus forte. Marseille transite déjà l’opium venu de Chine et du Levant et en partance pour les États-Unis. La police marseillaise est démunie : elle ne peut quadriller tous les quartiers et, mal équipée, elle a du mal à arrêter des criminels très mobiles.