Aux aguets. Essais sur la conscience et l’histoire PDF

Aux aguets. Essais sur la conscience et l’histoire PDF en 1920, photographié par Ottoline Morrell. Il écrit, notamment Paludes et, après la mort libératrice de sa mère, épouse sa cousine Madeleine et achève Les Nourritures terrestres, dont le lyrisme est salué par une partie de la critique à sa parution en 1897. Son œuvre trouve ensuite un nouveau souffle avec la découverte des réalités du monde auxquelles il est confronté. En 1940, accablé par les circonstances, il abandonne la NRF et quasiment l’écriture en se repliant sur la Côte d’Azur, puis en Afrique du Nord durant la guerre.


Ce volume rassemble des textes composés par l’auteur au cours des vingt dernières années, ils témoignent du lien singulier qui s’affirme dans sa réflexion entre une donnée très intime, et une réalité collective et historique. D’un côté, la conception d’une conscience à la vigilance envahissante, une vigilance qui ne cesse pas et se prolonge jusque dans le sommeil (voir les précédents essais de l’auteur, Nuits étroitement surveillées et La force de dormir, parus chez Gallimard) ; de l’autre l’attention portée de façon réitérée, au fil des années, à des situations politiques ou historiques dans lesquelles s’est déchaînée la violence : violence révolutionnaire dont témoignent des œuvres comme celle d’André Platonov, de Mikhaïl Boulgakov, de Pierre Pascal ; violence totalitaire exercée dans les formes contemporaines de la torture, ou dans la catastrophe engendrée par le nazisme, à laquelle réfléchit Simone Weil. La méditation de Pachet cherche à comprendre comment son propre souci de vigilance réagit au sentiment d’être encerclé par la violence du monde ; et surtout à faire apparaître la violence à l’œuvre dans le rapport de la conscience à elle-même, une conscience cruelle, excessive, tant elle est avide de voir et de connaître ; une conscience dont les mouvements – dans la relation avec les animaux, dans la tentation de la privation volontaire, dans la pensée du meurtre ou de la torture subie ou exercée – finissent par prendre dans ces pages une dimension fantastique et presque romanesque.

Paul Guillaume André Gide naît le 22 novembre 1869 à Paris. Il est le fils de Paul Gide, professeur de droit à la faculté de Paris, et de Juliette Rondeaux. Le jeune André commence très tôt l’apprentissage du piano, qui sera pour lui le compagnon de toute une vie. Pianiste accompli, il regrettera cependant de ne pas avoir connu assez tôt d’excellents professeurs qui eussent fait de lui un véritable musicien.

Le décès de son père, le 28 octobre 1880, l’écarte un peu plus d’une scolarité normale. Juliette Gide, souvent présentée comme une mère rigoriste et castratrice, n’en éprouve pas moins pour son enfant un amour profond, tout comme celui qu’André Gide lui porte. Durant l’année 1881, Juliette Gide l’emmène d’abord en Normandie — il y connaît un second Schaudern :  Je ne suis pas pareil aux autres ! Je ne suis pas pareil aux autres ! Montpellier, auprès de l’oncle Charles Gide. Persécuté par ses condisciples, Gide échappe au lycée grâce à une maladie nerveuse plus ou moins simulée. Après une série de cures, il réintègre l’École alsacienne en 1882, avant que des migraines ne l’en chassent.

Portrait d’André Gide par Théo van Rysselberghe. Détail de La Lecture par Émile Verhaeren. Durant l’un de ses séjours à Rouen, à l’automne 1882, il surprend le chagrin secret que sa cousine Madeleine entretient à propos des relations adultères de sa mère. Là naît une relation longue et tortueuse. Gide est fasciné par la jeune fille, par sa conscience du mal, son sens rigide et conformiste de ce qu’il faut faire, une somme de différences qui l’attire.

Il se construit peu à peu de sa cousine une image parfaite dont il tombe amoureux, de façon purement intellectuelle et néanmoins passionnée. 1883, il suit pendant deux ans des cours particuliers chez M. Auprès de celui-ci, il découvre, entre autres, le Journal d’Amiel, qui l’incitera bientôt à tenir son propre journal intime. Son cousin Albert Démarest, par son attention bienveillante et ouverte, joue également un rôle important auprès de lui, obtenant par exemple de sa mère réticente l’accès à la bibliothèque paternelle.