Bacon et Descartes: Genèse de la modernité philosophique PDF

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Comment la modernité philosophique, articulation d’une catégorie historique désignant les XVIIe et XVIIIe siècles et d’une démarche de rupture philosophique et scientifique avec les acquis aristotéliciens, peut-elle être incarnée exemplairement par des philosophes aussi différents que Bacon et Descartes ? Elle est souvent reconstituée de manière fictionnelle dans les termes d’un programme de recherche d’une emprise de l’homme sur la nature par la technique, élaboré par chacun de ces auteurs. Le caractère bien plus complexe de sa genèse réelle est rendu ici intelligible par une démarche dialectique, qui permet de reconstituer le tissu intellectuel liant ces deux penseurs et d’examiner en quoi se conviennent et s’opposent leurs conceptualités respectives. Les contributions présentées dans le volume montrent ainsi que l’histoire de la philosophie moderne est structurée par deux orientations de pensée articulées et s’influençant l’une l’autre, le rationalisme et l’empirisme.

L’idée s’oppose donc diamètralement à celle de hasard et dans un certain sens à celle de fatalité. Anglais Francis Bacon et le Français René Descartes jettent les bases théoriques de ce que l’on appellera plus tard « le progrès ». Si la modernité et plus spécialement le laïcisme évacuent le mot « providence » du langage usuel, l’idée ne disparaît pas complètement pour autant. Le mot vient du latin providentia, qui signifie  prévoyance  et qui est un néologisme créé par Cicéron, de pro-  en avant  et videre  voir . Socrate entend démontrer l’existence de la providence divine. Saint Thomas d’Aquin rapporte d’aux dires de Grégoire de Nysse, Platon a distingué une triple providence : la première, celle du Dieu souverain qui a pour objet premier et principal les essences, c’est-à-dire tous les êtres spirituels et intelligibles, et qui par conséquent s’étend au monde entier par les genres et les espèces et ces causes universelles que sont les corps célestes.

Plutarque discute la question de la providence divine associée à celle de la justice. Article détaillé : Destin chez les stoïciens. Nature est définie comme procédant avec art et méthode à la génération et à la conservation du monde. Zénon, dans son hymne à Zeus glorifie ce Dieu comme étant celui qui dirige le monde et l’humanité avec bienveillance et clairvoyance.

Providence, que destin et providence ont une certaine similitude. La liberté de l’homme est néanmoins conservée car même si tout ce qui arrive par le destin est inévitable, logiquement le contraire aurait tout aussi bien pu se produire. Chrysippe, les stoïciens continuent de défendre la Providence, mais en un sens plus fataliste qui en détruit partiellement le sens original, puisque l’action bienfaisante des Dieux se déploie selon des lois immuables et nécessaires. Par opposition aux stoïciens, les épicuriens développent le hasard à partir de leur conception atomiste de l’univers qui ne reconnaît aucun besoin de providence pour qu’il tienne en place. Providence préside à toutes choses et qu’un Dieu habite au milieu de nous. Sénèque tente de justifier le mal dans l’organisation providentielle du monde afin de répondre aux critiques des épicuriens et des académiciens.

La Providence dérive de l’ordre de l’univers, et elle maintient cet univers en place sans faire appel à un Dieu ordonnateur de toutes choses. Soit l’univers et l’histoire résultent du dessein d’un Dieu providentiel, comme le croient les stoïciens et les néoplatoniciens, soit ils sont la résultante d’atomes entrant en collision de manière aléatoire, comme le pensaient les épicuriens. Cette épithète indique une qualité inhérente à la sagesse de la déesse. Les monnaies représentaient la Providence le plus souvent sous la forme d’une femme debout appuyée sur une colonne, et ayant un globe à ses pieds. Ce n’est que plus tard que certains philosophes tel Boèce chercheront à rapprocher providence et destin. Proclus tente de réconcilier le libre-arbitre humain avec l’omniscience divine.

Proclus, tout comme Jamblique, répond que le mode de connaissance n’est pas conditionné par l’objet connu, mais bien par celui qui connaît. Les idées de Proclus furent reprises ultérieurement par Boëce. Dans son second opuscule sur la providence et le destin, Proclus distingue la providence du destin de la manière suivante: la providence est un Dieu, alors que le destin est de nature divine, comme s’il était une image de la providence, sans toutefois être un Dieu. Cette première conceptualisation de la providence influença profondément la théologie chrétienne et les théodicées ultérieures.

Pour les chrétiens, la Providence Divine désigne la pleine maîtrise avec laquelle Dieu saisit les hommes et les femmes de bonne volonté pour que ceux-ci protègent le monde selon son projet éternel et pour que, par eux, son règne vienne. L’action divine n’est donc possible qu’à travers l’action humaine, de croyants aussi bien que de non-croyants œuvrant dans le même sens que celui du dessein divin. L’incarnation dans le Christ est toute autre. Le dynamisme divin de l’incarnation rend l’homme coresponsable de la Création. Héritée du déterminisme stoïcien, la notion de destin, voire dans certains cas d’abandon à la Providence risque de faire basculer l’homme d’un rôle dynamique d’acteur à un rôle passif d’observateur, ce qui ne reflète ni la pensée d’Augustin, ni celle de Thomas d’Aquin, mais plus celle du Jansénisme. Parler de destin présuppose une volonté qui décide des fins de notre existence. Le destin ne résulte donc pas du hasard qui n’ordonne pas les événements suivant une finalité.