Bandonéon. A quoi bon danser le tango ? PDF

Astor Piazzolla et son bandonéon en 1973. 400 kilomètres au sud de Buenos Aires, un port de pêche qui n’est pas encore devenu une station balnéaire aristocratique. Quand Astor Piazzolla a huit ans, son père, passionné de tango, lui offre un bandonéon. L’enfant est déçu, bandonéon. A quoi bon danser le tango ? PDF aurait préféré un saxophone car la musique qui le passionne alors est le jazz.


Avec des photographies de Ulli Weiss. « On n arrête pas de réduire jusqu à ce que ne restent que des choses petites, simples. » Réduire sans rapetisser. Même la langue. Nombre de paroles et de phrases sont devenues superflues. Ce sont des images qui les remplacent. Lorsqu au début des années 1980 ce livre paraissait en Allemagne, longtemps avant les Histoires de théâtre dansé, Pina Bausch n était connue que des initiés. Certes, quelques-uns de ses spectacles avaient fait sensation mais peu de personnes anticipaient l influence profonde que son travail artistique allait exercer sur le théâtre du monde entier. Raimund Hoghe fut à l époque son dramaturge son conseiller, son porteur d idées, celui qui contrôlait et enrichissait le travail de jour en jour. Son journal et les photos de Ulli Weiss témoignent d un processus de création, en l occurrence de Bandonéon, qui est devenu familier au théâtre entrer en répétition sans texte ou livret établi et construire la « pièce » pas à pas en fonction des contributions des danseurs et de tous ceux qui participent au travail. Ce livre est une source inestimable pour comprendre le travail de Pina Bausch. De même les photos de Ulli Weiss : leur beauté n a pas pris une ride. Plus que jamais on comprend pourquoi cette compagnie, avec ses talents, pouvait conquérir le monde entier et exercer jusqu à aujourd hui toute son influence.

En 1936, la famille Piazzolla retourne à Mar del Plata. Astor, alors adolescent, ne sait pas quoi faire de sa vie. Parfois il joue du bandonéon, mais sans conviction, parce qu’il ne s’intéresse toujours pas au tango. En 1938, à dix-sept ans, il décide de devenir bandonéoniste professionnel et s’installe à Buenos Aires.

Pendant un an, il joue dans des orchestres médiocres. 1930, ils ont envie de s’amuser et d’aller danser. Les salles de bal se multiplient, il y a des milliers d’orchestres de tango à Buenos Aires et un peu partout dans le pays. Comme dans le jazz, tout le monde joue les mêmes morceaux, mais avec des arrangements particuliers.

L’orchestre d’Aníbal Troilo utilise des arrangements très élaborés avec un style mélodique caractérisé par le jeu extraordinaire du bandonéoniste à la fois soliste et chef d’orchestre. Très vite, Piazzolla commence à écrire des arrangements pour cet orchestre, et à composer des tangos. Mais le jeune bandonéoniste n’est pas satisfait de ce travail nocturne. Il veut être un  vrai  compositeur de musique classique. En 1944, il abandonne l’orchestre de Troilo et dirige celui qui accompagna le fameux chanteur Francisco Fiorentino. Piazzolla commence à lâcher la bride à sa créativité.

Peu de temps après, il crée son propre orchestre. Au début des années 1950, il pense sérieusement à abandonner le tango pour se consacrer à la musique classique. Les paroles de Nadia Boulanger bouleversent tellement Astor Piazzolla qu’il se met à travailler comme un possédé. Quand Piazzolla retourne à Buenos Aires en 1957, il crée un orchestre avec cordes, piano et bandonéon. Il enregistre deux disques LP et un 78 tours avec cette formation qui suscitent la controverse, la polémique, un cataclysme et une guerre ouverte entre les tenants de la tradition et ceux qui se réclament de Piazzolla.

L’Octeto est dissous en 1958, il n’est pas viable et personne ne veut prendre le risque de programmer leur musique. Après cette expérience, Astor Piazzolla relègue la guitare à un rôle d’accompagnement dans le quintette. Il retourne à Buenos Aires en 1960, et crée une autre formation, le Quinteto Nuevo Tango Il s’entoure de musiciens emblématiques et progressifs de la scène tanguera de Buenos Aires: Simon Bajour puis Elvino Vardaro au violon, Jaime Gossis au piano, Jorge Lopez Ruiz à la guitare électrique et Kicho Diaz à la contrebasse. Durant les années 1960, il écrit la majeure partie de son œuvre. En 1965, il incorpore Antonio Agri au violon et Oscar Lopez Ruiz à la guitare électrique.

Cette même année, il enregistre des tangos composés sur des poèmes de l’écrivain Jorge Luis Borges avec le chanteur Edmundo Rivero et l’acteur Luis Medina Castro. 1967, Osvaldo Manzi, Dante Amicarelli et Osvaldo Tanrantino remplaceront tour à tour Jaime Gossis jusqu’en 1973, années où Piazzolla dissout le Quinteto de Tango Nuevo. Chiquilín de Bachín et Balada para un loco. Au tout début des années 1970, Piazzolla part pour l’Italie.