Cahiers du genre, N° 52, 2012 : Les antiféminismes PDF

Un article cahiers du genre, N° 52, 2012 : Les antiféminismes PDF Wikipédia, l’encyclopédie libre. Une femme à l’usine pendant la Seconde Guerre mondiale, occupant ainsi un rôle traditionnellement vu comme masculin.


Le genre est un concept utilisé en sciences sociales pour désigner les différences non biologiques entre les femmes et les hommes. Alors que le type sexuel fait référence aux différences biologiques entre femmes et hommes, le genre réfère aux différences sociales entre femmes et hommes. Le genre est l’objet d’un champ d’études en sciences sociales, les études de genre. Ce concept est apparu dans les années 1950 dans les milieux psychiatriques et médicaux, aux États-Unis. France par ceux qui contestent la scientificité et les méthodes des études de genre, afin de critiquer et de disqualifier le concept de genre. Le mot a longtemps été majoritairement associé au genre grammatical.

Les recherches de l’anthropologue Margaret Mead explorent l’idée et jouent un rôle majeur dans sa diffusion. Cependant, le terme  genre  est à l’époque utilisé en un sens radicalement opposé à celui qui nous est connu aujourd’hui. Il sert avant tout à la construction d’études normatives sur des sujets relatifs à la sexualité comme le montre le cas de John Money contre lequel se sont construites les études moderne sur la question du genre. Money et Stoller : elle s’appuie sur l’articulation entre nature et culture développée par Claude Lévi-Strauss pour renvoyer le sexe au biologique et le genre au culturel.

1980, sous l’influence de la pensée de Michel Foucault, le genre est étudié dans son rapport au pouvoir et aux normes sociales. C’est donc via les traductions de l’anglais que ce terme a pénétré les sciences sociales en France. Cependant, l’utilité de cette traduction-calque en français demeure débattue car les bornes sémantiques des termes  sexe  et  genre  ne seraient pas les mêmes en français et en anglais, le concept anglophone de  gender  étant en grande partie inclus dans le  sexe  français. Bicatégorisation  indique une division en deux classes dissymétriques et mutuellement exclusives,  hiérarchisée  signifie que ces classes sont organisées selon un ordre de priorité. Il faut noter que le genre est polysémique et a donc de multiples usages. 1972 explique que masculinité et féminité ne sont pas des substances  naturelles  inhérentes à l’individu, mais des attributs psychologiques et culturels, fruits d’un processus social au cours duquel l’individu acquiert les caractéristiques du masculin ou du féminin.

Le genre est ainsi l’identité construite par l’environnement social des individus : la masculinité ou la féminité ne sont pas des données naturelles mais le résultat de mécanismes de construction et de reproduction sociale. Judith Butler en 1990 ajoute que le genre est  performatif  : les actes et les discours des individus non seulement décrivent ce qu’est le genre mais ont en outre la capacité de produire ce qu’ils décrivent. Ainsi, pour la sociologue Christine Delphy en 2003, penser le sexe en termes de donnée biologique est une impasse. Ces caractéristiques sont proposées, voire imposées, dans la relation de l’individu avec les autres et avec la société, dès sa naissance. Ainsi selon Lawrence Kohlberg, les enfants apprennent à connaître les usages sociaux de genre à partir de leur environnement, comme autant de stéréotypes. De même, en sociologie, l’approche interactionniste parle du genre comme quelque chose qui est  accompli  : les attributs féminins et masculins n’existent que par le sens qui est donné aux actes des femmes et des hommes. Louis XIV enfant avec son frère  Monsieur  Philippe d’Orléans, habillé en robe.

Tableau attribué à Henri et Charles Beaubrun. La division des rôles sociaux est parfois perçue comme induisant une hiérarchie, pour les sociétés qui éprouvent ce besoin de positionner respectivement le masculin et le féminin. Partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, elle observe qu’un présupposé fondamental manque à sa théorie de l’alliance : pourquoi les hommes se sentaient-ils le droit d’utiliser les femmes comme monnaies d’échange ? Selon Françoise Héritier, l’observation du monde incluant les différences anatomiques et physiologiques conduit à une classification binaire :  La plus importante des constantes, celle qui parcourt tout le monde animal, dont l’homme fait partie, c’est la différence des sexes. Je crois que la pensée humaine s’est organisée à partir de cette constatation : il existe de l’identique et du différent.

Elle constate que dans toutes les langues, ces catégories binaires sont rattachées au masculin ou au féminin. Par exemple, le chaud et le sec sont rattachés au masculin dans la pensée grecque, le froid et l’humide au féminin. Or ces catégories sont toujours culturellement hiérarchisées :  L’observation ethnologique nous montre que le positif est toujours du côté du masculin, et le négatif du côté du féminin. Dans de nombreuses sociétés humaines, les progrès en matière d’égalité des sexes peuvent venir corriger ces appréciations.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Une telle approche, liant race, classe et genre, a notamment été développée par le féminisme afro-américain à partir des années 1960 pour lequel l’explication des oppressions raciale et de classe nécessite de prendre en compte le genre. Le concept de genre et les recherches universitaires liées servent parfois de base aux politiques publiques visant à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. De manière notable, le terme de  genre  est ainsi intégré dans le rapport final de la conférence mondiale sur les femmes de Pékin, organisée par l’ONU en 1995. Au contraire, le sociologue Éric Fassin insiste sur le fait que  le genre est un concept.

Ainsi, dans un contexte universitaire, lorsque l’expression  théories du genre  est employée, c’est presque toujours au pluriel : Anne-Emmanuelle Berger affirme ainsi que  la théorie du genre n’existe pas. En dépit des protestations des chercheurs, la philosophe Bérénice Levet réitère que  pour qu’il y ait des études de genre, encore faut-il que ce petit vocable de genre ait été conceptualisé, théorisé. Or, lorsque nous parlons de théorie du genre, nous n’affirmons rien d’autre. Judith Butler se définit elle-même comme théoricienne du genre.