Christian Dotremont : 1922-1979 PDF

Parti communiste de Belgique, étant source de frictions et de ruptures. Tôt implanté dans le pays, le surréalisme ne l’a jamais vraiment quitté, à travers une foison de revues et de tentatives de regroupement, souvent éphémères. Contrairement à Paris ou Prague, il n’a pas existé en Belgique d’aventure collective continue de longue durée mais un morcellement et une grande variabilité de l’expression. Il en résulte l’impossibilité de dresser un portrait exhaustif et cohérent de l’activité surréaliste en Belgique, pas plus qu’il n’est envisageable d’espérer fixer des limites claires et objectives christian Dotremont : 1922-1979 PDF ce qui, dans ce foisonnement inégal, relève ou non de l’aventure surréaliste.


Il s’agit simplement ici d’en donner un aperçu, aussi éclaté que son objet. Hormis les trois numéros de la revue Distance, en 1928, le groupe surréaliste bruxellois ne publie pas de revue propre. Malgré ces nombreuses collaborations, l’adhésion du groupe Correspondance au surréalisme n’est pas sans réserve. Les surréalistes bruxellois se distinguent aussi par l’intérêt qu’ils portent à la musique, art dédaigné par le groupe de Paris. Cet intérêt se marque entre autres par la présence du compositeur André Souris. Ce dernier sera exclu en 1936, pour avoir dirigé une messe des artistes. Après la guerre, Nougé et Magritte refusent de participer à la tentative de regroupement tentée par Achille Chavée, à cause de la présence de Christian Dotremont, auquel ils reprochent un article élogieux à l’égard de Jean Cocteau.

Le groupe de Bruxelles se retrouvera encore, presque complet, dans la revue La carte d’après nature, dirigée par Magritte. La rupture progressive de Magritte avec ses anciens amis, Nougé et Mariën, met fin à l’existence du groupe proprement dit, bien que chacun de ses membres continueront à intervenir dans diverses publications. Fondé par Achille Chavée, Albert Ludé, André Lorent et Marcel Parfondry, le groupe louviérois Rupture n’entend pas initialement intervenir sur le plan artistique et littéraire. Le 13 avril 1935, sous l’impulsion de Dumont et E. Il collabore ensuite avec le groupe de Bruxelles, cosignant le Bulletin international du surréalisme et l’exclusion d’André Souris. Fin octobre, avec l’aide de Mesens, le groupe organise à La Louvière une exposition internationale du surréalisme qui rencontre peu d’écho. Mais en 1936, Achille Chavée part pour l’Espagne, s’engageant dans les brigades internationales.

Son absence laisse le groupe à ses dissensions, entre « politiques » et « poètes », le rendant incapable de publier Mauvais temps 1936. Au retour de Chavée, ce sont d’autres dissensions, plus nettement politiques, qui minent le groupe: en Espagne, il a siégé aux côtés des communistes dans les tribunaux révolutionnaires, et il est accusé d’avoir ainsi participer à l’exécution des militants non staliniens, anarchistes et trotskistes notamment. André Breton leur demande d’adhérer à la F. Bruxelles, où René Magritte et Raoul Ubac publient la revue L’invention collective, qui n’aura que deux numéros, en février et avril 1940. Cette revue aura pour principaux collaborateurs E. Le poète et peintre Christian Dotremont a découvert le surréalisme durant la guerre et participé à la revue française La Main à plume.