Comment Malraux est devenu Malraux : De l’indifférence politique à l’engagement PDF

George Orwell, qui traite de la Guerre civile espagnole, comment Malraux est devenu Malraux : De l’indifférence politique à l’engagement PDF en 1938. L’édition française, dans une traduction d’Yvonne Davet, est publiée pour la première fois en 1955 aux éditions Gallimard sous le titre La Catalogne libre.


Il s’agit du récit de l’auteur sur son engagement durant la guerre d’Espagne, écrit à la première personne. Son discours est autant une évidente critique du pouvoir franquiste que la dénonciation des agissements des groupes stalinistes, dont furent victimes les militants du POUM. On retrouve les thèmes de cet étau totalitaire dans 1984, son roman le plus connu. Si ce récit n’est pas une autobiographie, il est à la croisée du témoignage historique et de l’essai.

Orwell, comme Malraux ou Capa, fut de ces intellectuels de gauche qui s’engagèrent spontanément dans les troupes républicaines, et allèrent au cœur de la guerre civile espagnole. Dans Hommage à la Catalogne, Orwell arrive à Barcelone en 1936, dans une ville en pleine ébullition, dans l’intention première d’y faire son travail de journaliste. Mais il décide rapidement de s’engager dans les milices du POUM. Orwell réalise alors que la situation des anarchistes s’est nettement dégradée et que la ville a régressé jusqu’à devenir une Barcelone divisée, dominée par les stalinistes du Parti communiste.

Les différents partis républicains se déchirent dans les rues de la ville. Après les Journées de mai, le POUM est déclaré hors-la-loi par le gouvernement. Les miliciens qui s’y étaient engagés sont persécutés. Orwell décide de quitter l’Espagne en juin. Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur de lui ressembler toi-même.

Réponds à l’insensé selon sa folie afin qu’il ne s’imagine pas être sage. D’abord inconscient des différences politiques, il se retrouve dans une brigade du POUM « simplement parce que étai venu en Espagne avec un laissez-passer de l’I. Durant un certain temps, il ne comprend pas pourquoi tous les socialistes ne forment pas un parti unique. Mais il est peu à peu rattrapée par la réalité espagnole, où les communistes affiliés au Komintern et le PSUC veulent d’abord mener la guerre, alors que les militants de la CNT-FAI et le POUM veulent mener de front la guerre et la révolution.

Orwell, met en exergue la frustration de la Première Guerre mondiale comme autre moteur de l’engagement du Britannique dans ce conflit espagnol. Orwell oppose son engagement actif à la passivité des  communistes de salon , qui n’allèrent pas sur le terrain : il évoque Jean-Paul Sartre :  Je pense que Sartre est une baudruche et je vais lui donner un bon coup de pied. Espagne, pour la première fois, j’ai lu des articles de journaux qui n’avaient aucun rapport avec les faits, ni même l’allure d’un mensonge ordinaire. Cette recherche de la vérité objective est donc essentielle : il s’agit pour lui de restituer le conflit espagnol de façon aussi proche de la réalité que possible. Ceci explique donc la précision des dates et des événements relatés dans Hommage à la Catalogne, si bien que plusieurs chapitres trop chronologiques ou fourmillant de détails politiques seront placés par son éditeur en annexe, pour ne pas en rendre la lecture trop fastidieuse.

La dernière motivation à l’engagement d’Orwell au sein des brigades du POUM est la noblesse de la cause républicaine qui se dresse face à la montée du fascisme, et plus largement, l’espoir de voir l’idéal révolutionnaire s’accomplir sous ses yeux, d’en être un acteur. Il reconnaît lui-même que, derrière son engagement,  il y avait la foi dans la révolution et dans l’avenir, l’impression d’avoir soudain débouché dans une ère d’égalité et de liberté. Imprégné de l’idéal révolutionnaire marxiste, Orwell s’engage donc dans un conflit qui n’est pas le sien, pour la beauté du geste. Il s’y engage en tant que  citoyen , comme il le précise lui-même :  Quand un écrivain s’engage dans la politique, il doit le faire en tant que citoyen, en tant qu’être humain, et non pas en tant qu’écrivain. Dans la guerre de tranchées, cinq choses sont importantes : le bois à brûler, les vivres, le tabac, les bougies et l’ennemi. Orwell,  Tel était bien leur ordre d’importance, l’ennemi venait bon dernier.