Crime, science et identité : Anthologie des textes fondateurs de la criminalistique européenne (1860-1930) PDF

Famille Jacques Bertillon, statisticien et démographe, son frère aîné. Père-Lachaise – Division 89 – Bertillon 01. Paris le 13 février 1914, est un criminologue français. Portraits de Bertillon, de profil et de face, à la manière des photographies crime, science et identité : Anthologie des textes fondateurs de la criminalistique européenne (1860-1930) PDF’identification judiciaire, 1900.


Vous avez dévoré Da Vinci Code, les romans policiers vous passionnent, vous ne ratez pas un seul épisode des Experts, vous avez la nostalgie de Sherlock Holmes, ce livre est fait pour vous. Vous ferez connaissance avec les ancêtres de vos héros de fiction préférés, les médecins légistes et les criminalistes de la fin du xixe siècle. Après les détectives imaginaires, vous allez enfin pouvoir découvrir ceux qui ont réellement créé la police scientifique et technique en Europe.
Les sociétés sans crime n’existeront jamais. Aussi forgent-elles des techniques de plus en plus sophistiquées pour lutter efficacement contre les hors-la-loi. Au fil des siècles, elles ne cessent de perfectionner leurs outils d’identification des criminels, ôtant toujours davantage aux récidivistes l’espoir d’échapper à la sanction de leurs crimes. Identifier, voilà un des concepts majeurs des Etats-nations du xixe siècle. Cette identité, les spécialistes de ta criminalistique la cherchent dans notre corps ou sur notre peau. Grâce à leurs efforts, on assiste à l’émergence de nouvelles procédures d’identification : signalement descriptif, relevé des marques particulières et des tatouages, mesures anthropométriques, photographie signalétique, prise des empreintes digitales, portrait-robot, tests génétiques.
Si l’histoire de la criminologie et des prisons est bien connue grâce à de nombreuses études, la police scientifique et technique, qui apparaît en Europe dans les dernières décennies du xixe siècle, n’a pas encore attiré l’attention des historiens. Cherchant à combler cette lacune, cet ouvrage se veut un instrument de recherches pour tous ceux qui aimeraient se lancer dans l’exploration de cette discipline. Il s’inscrit à la croisée de l’histoire des sciences et de la justice, tout en apportant aussi sa contribution à l’histoire du corps humain.
Le choix des textes retenus dans cette anthologie répond au désir de mettre en évidence les profondes évolutions des méthodes d’identification des criminels aux xixe et xxe siècles. À la lecture de ces textes se manifeste la progressive émergence d’un regard scientifique qui scrute les corps afin de leur faire signifier leur individualité et de déterminer d’une manière de plus en plus rationnelle et rigoureuse leur identité. Cet ouvrage démontre ainsi que le corps est aussi une construction sociale qui évolue en fonction des époques.

Textes d’Honoré de Balzac, Alphonse Bertillon, Francis Galton, Ernest Goddefroy, Hans Gross, Alexandre Lacassagne, Louis Lépine, Edmond Locard, Cesare Lombroso, Alfredo Niceforo, Salvatore Ottolenghi, Gustave de Rechter, Rodolphe-Archibald Reiss, Raymond de Ryckère, Eugène Stockis, Ambroise Tardieu.

286 millions pour qu’on retrouve les mêmes mesures chez un autre individu. Ce système anthropométrique apparaît à une époque où les récidivistes représentent la moitié de la population carcérale en France, ce qui suscite la promulgation de la loi de relégation du 27 mai 1885. Cette affaire est parfois présentée comme la  première identification au monde  par les  seules empreintes digitales  d’un assassin. Ceci a été remis en question du fait que l’enquête de proximité, effectuée alors, avait mis en lumière que le domestique entretenait une relation homosexuelle avec Scheffer, le meurtrier, lequel aurait déguisé ce crime passionnel, d’un genre peu avouable à l’époque, en cambriolage.

Le  diagramme de Bertillon , par lequel Alphonse Bertillon tentera de démontrer qu’Alfred Dreyfus est bien l’auteur du bordereau. Cette analyse, violemment critiquée par les Dreyfusards, la jugeant absurde et partisane, sera par la suite rejetée. Sous la pression de l’armée, Bertillon affirme que Dreyfus est bien l’auteur du bordereau. Bertillon, toute divergence graphologique n’est qu’une preuve supplémentaire de la ruse de Dreyfus. Alphonse Bertillon meurt à Paris le 13 février 1914 au 5 avenue du Trocadéro. Deux ans après sa disparition, naît le laboratoire de l’Identité judiciaire. La biométrie, qui s’applique au fichage en France, s’enracine elle aussi dans le bertillonnage.

Dans le roman Le Mort qui tue Bertillon lui-même est mis en scène :  » il paraît que Bertillon est venu et a pu relever des empreintes fort nettes ». Les méthodes de Bertillon, qui aura rédigé des ouvrages traduits dans de nombreuses langues, sont reprises et adaptées par toutes les polices du monde. Photographies anthropométriques prises par Bertillon lors de la visite du psychologue britannique dans son laboratoire en 1893. Fiche anthropométrique de Bertillon, par lui-même. Collections historiques du Service Régional d’Identité Judiciaire de Paris. Conseils pratiques aux missionnaires scientifiques sur la manière de mesurer, de photographier et de décrire des sujets vivants et des pièces anatomiques. Les signalements anthropométriques: méthode nouvelle de détermination de l’identité individuelle, Lib.

Louis Marchesseau, Le Portrait parlé et les recherches judiciaires, avec dessins et planches, Marchal et Godde, Paris, 1911. Traité complet d’investigation judiciaire fondé sur la méthode Bertillon. Suzanne Bertillon, Vie d’Alphonse Bertillon, inventeur de l’anthropométrie, Paris, Gallimard, 1941. Michel Frizot, Serge July, Christian Phéline, Jean Sagne, Identités : de Disderi au photomaton, éditions Photo Copies – Centre National de la Photographie, Paris, 1985.