Critique de l’antinaturalisme : Etudes sur Foucault, Butler, Habermas PDF

Une thématique importante de sa réflexion est le genre, les queers et la théorie queer. Son ouvrage majeur est Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité, publié critique de l’antinaturalisme : Etudes sur Foucault, Butler, Habermas PDF 1990 aux USA et seulement en 2005 en France. Une autre thématique importante de sa réflexion est celle de la vulnérabilité.


Intensification des crises écologiques, percée des biotechnologies, redéfinition des sexualités, perplexités nées des évolutions de la pratique médicale et des nouveaux rapports au corps: la période actuelle est riche en enjeux éthiques et politiques qui invitent à interroger notre relation à la nature. L’idée première de ce livre est que cette situation exige de redonner sa place à un vrai moment naturaliste dans notre réflexion. La reconnaissance d’une consistance et d’une productivité propres à la nature, qui s’imposent encore à l’activité humaine au moment où elle la dépasse, ne s’avère ni triviale ni superflue. Trop attachés au modèle de l’arrachement de l’homme à la nature, soucieux de contester les  » naturalisations  » idéologiques, convaincus que le naturel est d’abord une construction historique, sociologues et philosophes ne nous ont pas vraiment préparés à affronter les problèmes issus d’une modernité en crise. Pourtant, dans les marges de l’antinaturalisme  » officiel « , les concessions et les à-côtés se sont progressivement accumulés. Çà et là, au détour de l’argumentation, on a vu réémerger des corps pulsionnels et vulnérables, des animaux qui nous ressemblent, des ancrages dans la vie et des interactions avec le milieu qui ne sont pas récusables, voire des perspectives de fraternisation avec la nature prise comme un tout. Sans le vouloir, la théorie sociale des dernières décennies a ainsi parfois joué le rôle d’un filtre critique et d’une instance efficace de redécouverte dont a besoin un naturalisme contemporain en quête de sobriété.

Ses premiers écrits portent, dans le sillage de la French theory, sur l’ambivalence du sujet en tant que soumis à un pouvoir et produit par cette soumission même. Ses écrits ultérieurs, qui sont l’occasion d’une critique de la politique étrangère des États-Unis de l’après 11 Septembre 2001, traitent de la guerre, du deuil et des figures de la dépossession comme le prisonnier extra-juridique ou le réfugié. Elle est issue d’une famille juive et a reçu une éducation religieuse. Elle est professeur, titulaire de la chaire Maxine Elliott dans les départements de rhétorique et de littérature comparée à l’université de Californie à Berkeley. 1980, elle entretenait différents efforts post-structuralistes dans la théorie féministe occidentale, ayant pour but l’interrogation des  termes présuppositionnels  du féminisme.

Elle est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine, dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009. Elle vit à Berkeley avec sa compagne Wendy Brown et leur fils, Isaac. Sa théorisation de la  performativité du genre , tout comme sa conception du  critically queer , n’ont pas seulement transformé la compréhension du genre et de l’identité queer dans le monde universitaire, mais ont aussi contribué à former et mobiliser différents types d’engagement politique à travers le monde, en particulier le militantisme queer. Butler sur le genre, le sexe, la sexualité, l’identité queer, le féminisme, le corps, associés à son discours politique et éthique, ont changé la façon qu’ont les chercheurs du monde entier d’envisager l’identité, la subjectivité, le pouvoir et la politique. En 1990, la parution de Gender Trouble a marqué un tournant important, se vendant à plus de 100 000 exemplaires et dans plusieurs langues à travers le monde. Sa popularité a même inspiré un fanzine intellectuel, Judy! Un débat a opposé Nancy Fraser à Butler, Fraser suggérant que la focalisation de Butler sur la performativité l’éloignait des  façons quotidiennes qu’on a de parler et de se penser.

Sur le fond, la théorie de la construction sociale des genres popularisée par Butler est critiquée au sein de la communauté scientifique pour son déni de la réalité biologique. Butler voudrait fonder sur les traditions intellectuelles juives la critique du sionisme et de la politique d’Israël. Elle relit en ce sens les œuvres de Primo Levi, d’Emmanuel Levinas, ou de Walter Benjamin. Judith Butler, et dans lequel elle a proposé pour la première fois ses analyses du caractère performatif du genre. Il a fait l’objet d’interprétations et de réappropriations diverses, voire contradictoires. Il s’agit d’une reprise critique des thèses de Trouble dans le genre. Butler y développe des analyses vigoureuses et originales sur la matérialité du corps dans une perspective constructiviste.