D’une philosophie à l’autre: Les sciences sociales et la politique des modernes PDF

The School of Athens » by Raffaello Sanzio da Urbino. Elle existe depuis d’une philosophie à l’autre: Les sciences sociales et la politique des modernes PDF’Antiquité en Occident et en Orient, à travers la figure du philosophe, non seulement en tant qu’activité rationnelle mais aussi comme mode de vie.


À l’origine, avec Socrate, la philosophie est une forme singulière de discours par lequel, selon Max Weber, on ‘coince quelqu’un dans un étau logique’. Acte politique de résistance à un certain dévoiement de la parole publique et politique, le dialogue philosophique exige de ses interlocuteurs non plus qu’ils se conforment à un type de vérité susceptible d’exposition doctrinale, mais qu’ils entrent dans sa recherche commune – que la vie commune se reconfigure à travers ce type d’expérience dont la philosophie dégage le socle.
Or, la situation change du tout au tout avec l’émergence au XIXe siècle des sciences sociales qui font leur miel, à l’âge démocratique, de la connaissance relative au gouvernement des hommes, aux groupements qu’ils forment, aux liens qui les rassemblent, aux régimes de pensée et d’action qu’on peut y rattacher. Auguste Comte appelle à passer de la philosophie métaphysique à une autre, positive, dont la seule fonction, ancillaire et résiduelle, est d’aider à la clarification et à l’articulation méthodologiques des travaux scientifiques.
Assurément, à la manière de la Grèce ancienne, les sciences sociales ont imposé un nouvel ‘étau logique’ au discours public, opposé leur résistance mentale et normative à une conjonction délétère entre parole et pouvoir politique, et, en définitive, modifié la perception que les individus ont de leur existence dans leur situation sociale et politique en même temps qu’elles inventent des manières d’agir sur cette situation même. L’enfermement des disciplines institutionnalisées dans leur champ respectif acheva de les convaincre que la philosophie était seconde par rapport à leur rationalité propre.
C’est justement à l’articulation de ces disciplines et ambitions, démontre Bruno Karsenti, que la philosophie doit se déployer : si le discours des sciences sociales est bel et bien requis par le développement des sociétés modernes en ce qu’elles sont vraiment démocratiques, la philosophie se doit, elle, d’interroger cette exigence par-delà toute contrainte imposée par la division en disciplines particulières.

Le champ d’étude de la philosophie peut embrasser un ensemble de disciplines telles que les sciences humaines et sociales, les sciences formelles et les sciences naturelles, auxquelles elle est historiquement liée. La philosophie a engendré des domaines d’études fondamentaux tels la théorie de la connaissance, la philosophie politique, la métaphysique, l’éthique et la logique. Héraclite, Antiphon, Gorgias et Pythagore, mais aussi chez d’autres penseurs comme Thucydide ou Hérodote, contemporains de Socrate. Désir de connaître et amour du savoir, ou philosophie, c’est bien une même chose ?

La philosophie n’est rien d’autre que l’amour de la sagesse. La philosophie s’est comprise très tôt comme une manière de vivre et non pas uniquement comme une réflexion théorique. L’étymologie du terme  philosophie  indique bien que le philosophe est celui qui tend vers la sagesse, qui cherche à vivre comme il faut et plus particulièrement qui recherche le bonheur. La philosophie entendue comme mode de vie met l’accent sur la mise en application dans sa propre vie des résultats de la réflexion philosophique. Mais ces derniers sont loin d’exclure l’idée que le philosophe s’intéresse à des problèmes théoriques.

La  sagesse , ou plus exactement la sophia, que veut posséder le philosophe est aussi un savoir et une connaissance. Ces ascètes pratiquaient les préceptes des Upanishads. Un des fondements de cette philosophie est la liaison étroite entre la théorie et la pratique. Certains remettent fortement en cause la tradition philosophique et ses présupposés telle la philosophie féministe, la déconstruction de Derrida ou de Heidegger.