De la libération à la guerre froide – Numéros 44-45 PDF

La France catholique doit en de la libération à la guerre froide – Numéros 44-45 PDF faire face à une longue tendance à la déchristianisation, inégale selon les régions. La déchristianisation est un phénomène de défection que subit l’Église catholique de France depuis le dix-huitième siècle.


Depuis le fameux discours du cardinal Lavigerie prononcé à Alger en 1880 avec le soutien du pape Léon XIII, il n’est plus interdit d’être catholique et républicain. C’est parmi les séminaristes de 1905 que sont choisis les évêques en place en 1940. Ils ont cru dans leurs jeunesse à la fin d’un monde juste, détruit par la franc-maçonnerie et l’incroyance. Leur première vision est celle d’une Église de France persécutée par la République.

Dans les années 1930, les relations entre l’Église et le pouvoir se détendent un peu. Les dirigeants français sont désireux de s’assurer l’appui de l’Église catholique face au danger extérieur. La concurrence avec le communisme, ouvertement anti-religieux et condamné en 1937 par l’encyclique Divini Redemptoris pousse la papauté à privilégier le développement de l’action catholique ouvrière et le développement de syndicats chrétiens. Indépendant de la stratégie de reconquête de l’Église, le courant personnaliste, créé au début des années 1930 autour d’Emmanuel Mounier et de la revue Esprit, exerce un certain attrait sur les milieux intellectuels par son triple refus des idées libérales, du marxisme et du fascisme. Pour Jacques Duquesne, les évêques de 1940 sont d’anciens poilus de 1914, affolés, obsédés par la déchristianisation.

Pour Michèle Cointet, ce sont des hommes prudents, écrasés par la méchanceté du monde et dociles devant l’autorité. Rescapés du tremblement de terre que constitua la séparation de l’Église et de l’État. Elle ajoute que le corps épiscopal de 1940 est relativement jeune, car renouvelé après 1926, année de la condamnation de l’action française, entre 1926 et 1936, quarante sièges épiscopaux changent de titulaires. L’entrée en guerre provoque un regain de patriotisme chez les catholiques et le retour d’une tendance à l’union sacrée. Noël 1939, devant les choristes de la cathédrale  À genoux, pas devant les boches ! Juste retour de cette contribution à l’élan patriotique, le ministre de l’intérieur Georges Mandel autorise officieusement les congrégations à revenir sur le sol national.