Des châteaux et des sources : Archéologie et histoire dans la Normandie médiévale – Mélanges en l’honneur d’Anne-Marie Flambard Héricher PDF

Les impératifs de défense en cette période troublée, sous la triple menace nordique, sarrasine et magyare, ne paraissaient guère compatibles avec l’accession au trône d’un tout jeune enfant. Charles est déposé par les grands du royaume le 30 des châteaux et des sources : Archéologie et histoire dans la Normandie médiévale – Mélanges en l’honneur d’Anne-Marie Flambard Héricher PDF 922. La bataille de Soissons, le 15 juin 923, sans vainqueur décisif, ouvre la voie à des rixes et querelles innombrables qui amènent la ruine du parti royal et valorisent le champ des ambitions des conjurés.


A l’occasion du départ d’Anne-Marie Flambard Héricher, un groupe de collègues, de doctorants et d’anciens élèves ont voulu lui manifester leur amitié et l’admiration qu’ils portent à ses travaux en rassemblant dans un volume des articles sur des sujets proches de ses recherches : châteaux et manoirs replacés dans leur environnement, motte féodale au milieu du paysage, rives de la Seine et pont fortifié, étude des potiers ou des charpentiers. Mais l’histoire des villes – Caen, Rouen, Louviers, Pont-Audemer – n’est pas non plus ici absente, ni celle des saints et des rois : Guillaume de Volpiano, Etienne d’Obazine ou Charles le Simple. Anne-Marie Flambard Héricher a été de celles et ceux qui ont participé au renouveau de l’archéologie médiévale en France, à l’école de Caen. De nombreuses campagnes de fouilles ont fait d’elle une des spécialistes reconnus de la castellologie, l’étude scientifique des châteaux médiévaux. Cette passion de l’archéologie, elle l’a transmise à de nombreux étudiants. Mais elle ne s’est pas contentée de fouiller, elle a toujours voulu replacer ce qu’elle découvrait dans le cadre plus large de la recherche historique, associant ainsi l’archéologie à l’histoire.

La bonne volonté pacificatrice de Charles, abandonné, est trompée. Richer de Reims et signifie  honnête, sincère, franc, doux, pur, convivial . Ce n’est qu’ensuite  par une fausse interprétation du mot , que les chroniqueurs l’ont employé dans le sens de  sot  ou de  simplet . Selon Richer, c’est Foulques le Vénérable, archevêque de Reims, qui a la charge d’élever Charles dès sa plus tendre enfance. Gros, empereur d’Occident en titre, afin d’assurer la régence du jeune Charles pendant sa minorité. Gros en 887, Charles, qui n’a que huit ans, est encore trop jeune pour monter sur le trône.

Il est fait mention de Charles pour la première fois en juin 889. Il est alors auprès du comte Ramnulf II de Poitiers, duc d’Aquitaine. Monarque contesté après de retentissants échecs, Eudes cherche à éviter des complots. Les conjurés éloignent Eudes et le persuadent, lors d’un plaid tenu à Verberie en septembre 892, de passer l’hiver en Aquitaine, afin de combattre une révolte menée par les frères de Ramnulf. S’engage alors une lutte pour le pouvoir entre les deux rois, au cours de laquelle Eudes détruit le château d’Épernay et met le siège devant Reims. Les partisans de Charles l’obligent à lever le siège en septembre.

Mais cette lutte sans l’appui des grands n’oppose stérilement que les deux partis royaux. Au terme de la trêve, Eudes assiège Reims, et contraint Charles à s’échapper secrètement. Charles gagne la Germanie et se rend à Worms, où Arnulf de Carinthie tient un plaid : le jeune prince carolingien obtient l’envoi officiel de troupes pour l’aider à combattre son rival robertien. Se posant en médiateur, Arnulf cite les deux rivaux à Worms. Eudes s’y rend et se voit reconnaître par l’Empereur. Au retour, il défait l’ambassade de Charles, emmenée par Foulques.

Dès la trêve de 894, une négociation constitue le seul moyen pour mettre fin à cette guerre stérile sous le regard des grands. La reconnaissance des droits d’Eudes par Arnulf justifie une solution négociée par des représentants des deux partis. Hervé, représentant Eudes, mène la négociation en 896 sous l’arbitrage ambivalent de Foulques. Sur son lit de mort le 3 janvier 898, Eudes, fidèle à son engagement, désigne Charles comme son successeur. Robert la libre disposition des comtés neustriens, en plus de son marquisat de Bretagne et de plusieurs comtés entre Seine et Loire.