Des risques et des hommes PDF

L’adolescence constitue une période clé d’expérimentation et d’apprentissage des interactions sociales entre les individus notamment des sentiments amoureux et des relations sexuelles. C’est donc le moment privilégié pour identifier les risques et s’approprier durablement les notions de prévention, de respect de l’autre et de son propre corps. Cette période est d’autant plus intéressante en matière de prévention qu’elle est le plus souvent, pour l’adolescent, nourrie de curiosité et d’une volonté de découvertes. Les acteurs de la prévention et de l’éducation pour la santé peuvent s’appuyer sur leurs nombreux questionnements et leur des risques et des hommes PDF d’informations, de connaissances et de récits d’expériences en matière de vie affective et sexuelle.


Vivre, c’est affronter de multiples risques. Qu’ils soient naturels, technologiques, sanitaires, économiques, sociaux, ou autres, nous les percevons de manière biaisée : certains sont surestimés, d’autres euphémisés, d’autres encore totalement ignorés. Dans tous les cas, la littérature sociologique traite chacun d’eux de manière isolée, comme s’il relevait d’une sphère autonome. Cet ouvrage prend le parti pris contraire, celui de considérer que les individus sont confrontés dans le même temps à tous ces risques, qu’ils doivent donc arbitrer entre eux et agir pour échapper en priorité à ceux qu’ils craignent le plus, quitte à s’exposer aux autres. Cette démarche, qui met l’individu au centre de l’analyse, est prolongée par l’examen des problèmes posés par la gestion publique et privée des risques collectifs. Faut-il opter pour une application extensive du principe de précaution, même si cela entrave le développement de la science et des techniques ? L’Etat doit-il multiplier les mécanismes de protection des citoyens contre les risques matériels, économiques et sociaux, même au prix d’une atteinte aux libertés individuelles ? Le livre tente de répondre à ces questions et de faire apparaître les soubassements idéologiques et logiques des positions divergentes.

En 2016, la loi de modernisation de notre système de santé ainsi que plusieurs rapports d’experts sont venus réaffirmer l’importance d’accentuer et de renforcer les politiques de santé en direction des jeunes et notamment en ce qui concerne l’éducation à la sexualité. Données de contexte sur la sexualité des jeunes Les représentations de la jeunesse souffrent d’une tension entre deux discours issus de ce que Michel Bozon appelle « la panique morale des adultes »  : l’un affirmant que la jeunesse est en danger et l’autre soulignant qu’elle est dangereuse. Les idées reçues, les peurs et les fantasmes autour de la sexualité des jeunes sont nombreux et très souvent relayés dans les médias. Au carrefour de toutes ces anxiétés se trouve la pornographie, dénoncée comme le danger par excellence pour la jeunesse. Elle entraînerait des pulsions d’imitation, de terribles complexes, une perte du sens de la réalité, des comportements violents. En matière d’éducation à la sexualité, il est essentiel de partir de leur vécu et de leur réalité, et que les professionnels s’appuient sur des données et des connaissances objectivées. Autrefois, l’entrée dans la sexualité était fortement corrélée à l’entrée dans la conjugalité, en particulier pour les femmes.

La deuxième moitié du XXe siècle a été marquée par un abaissement de l’âge d’entrée dans la sexualité qui a principalement concerné les femmes, réduisant ainsi fortement l’écart qui pouvait exister entre les sexes. Contrairement à certaines idées reçues, les adolescents d’aujourd’hui n’entrent, en moyenne, pas plus tôt dans la vie sexuelle que les générations précédentes. D’après le dernier Baromètre Santé, en 2010, l’âge médian au premier rapport sexuel, c’est à dire l’âge auquel la moitié de la population a déjà eu un rapport sexuel, est de 17,4 ans pour les garçons et 17,6 ans pour les filles . Cet âge médian n’a pas évolué depuis les années 70. Le préservatif apparaît donc comme un code d’entrée dans la sexualité, témoignant de l’impact des campagnes et actions de prévention. Par ailleurs, les enquêtes montrent que la probabilité d’utiliser un préservatif lors du premier rapport sexuel augmente avec le niveau d’études et qu’a contrario, elle baisse avec la précocité de ce premier rapport. Si l’utilisation du préservatif est élevée lors des premiers rapports avec un nouveau partenaire, elle est beaucoup moins constante dans le temps.