Dictionnaire Universel Des Synonymes de La Langue Francaise: E – N, Volume 2… PDF

Les noms et adjectifs utilisés pour désigner les couleurs diffèrent selon les langues et les contextes culturels. Ils peuvent dictionnaire Universel Des Synonymes de La Langue Francaise: E – N, Volume 2… PDF soit directement à l’expérience perceptive, comme le mot rouge en français, soit évoquer à une matière ou un objet exemplaire d’une couleur, comme turquoise. Les noms de couleur participent de l’ambiguïté du terme couleur.


Une couleur peut aussi bien désigner une sensation colorée, comme rouge, qu’une matière servant à la produire, comme le rouge à lèvre. Un nom désignant un colorant, comme garance, peut par la suite désigner une gamme de couleurs parmi celles qu’il peut produire. Les noms de couleur peuvent s’utiliser comme adjectifs. D’autres adjectifs comme clair ou foncé situent la couleur sans la définir. Mais, constate Félix Bracquemond,  La nomenclature des couleurs est considérable, et d’autant plus difficile à fixer qu’elle est toujours incomplète et variée par la fantaisie et l’allure d’esprit d’une époque. En termes plus généraux, il faut se souvenir que les noms de couleurs sont des faits de langage, régis par les lois du langage. Le classement est souvent difficile, et ces catégories sont perméables.

Souvent, le nom d’une matière, comme  beige , qui désignait la laine brute, finit par désigner une couleur, et si peu de personnes connaissent l’origine de terme, il est difficilement soutenable qu’il ne désigne la nuance que par métonymie. La couleur que désigne un nom de couleur construit par métonymie, comme jaune citron, vert pomme, bleu ciel, varie souvent moins que l’objet auquel le nom se réfère. On peut juger de cette différence pour les nombreux fruits pour lesquels il existe des nuanciers, destinés à estimer leur état de maturité grâce à leur couleur, comme les agrumes ou les cerises. Cuisse de nymphe, Magenta, ponceau sont à l’origine des noms commerciaux.

Des noms de couleur associés à une teinte peuvent relever du droit des marques et modèles, de sorte qu’un concurrent du déposant qui les utiliserait, pourrait se voir poursuivi pour contrefaçon. On peut citer le Rose shocking, le bleu Tiffany, l’International Klein Blue. On peut seulement remarquer qu’ils constituent la couleur en propriété d’un objet, ce qui ne correspond pas forcément au rayonnement lumineux, comme le montre l’échiquier d’Adelson. Un poisson rouge est-il toujours rouge dans le noir ? Un nom de couleur primitif adjectivé avec -é ou -âtre peut s’appliquer à un nom de couleur pour en indiquer une nuance.

Un vieux-rose violacé peut aussi se décrire comme un rose grisâtre  tirant sur le violet . Un jaune verdâtre se trouve à la limite entre ces deux couleurs, plutôt côté jaune. Un mur verdâtre est d’une couleur indéterminée tirant sur le vert. D’autres adjectifs comme clair ou foncé permettent de situer la couleur. La norme française AFNOR X08-010 en avait retenu sept : pâle, clair, vif, intense, sombre, profond.

Pâle et délavé se disent de couleurs tirant sur le blanc. Foncé et sombre dénotent une faible luminosité. Le langage déborde aussi de l’évaluation colorimétrique du rayonnement lumineux. Mat et brillant se réfèrent à la propriété de refléter les sources de lumière. Certains noms et adjectifs de couleur sont incompatibles, bien que rien dans la grammaire générale de la langue ne s’y oppose. On ne peut avoir ni de blanc noirâtre, ni de jaune violacé, ni de bleu jaunâtre, ni de rouge verdâtre, et vice-versa.