Dieudonné, histoire d’une dérive PDF

Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires. Arthur de Gobineau, de Gustave Le Bon et Dieudonné, histoire d’une dérive PDF Vacher de Lapouge. La distinction entre racisme et racialisme reste discutée et souvent polémique.


Comment un type drôle, acteur doué, plutôt à gauche, qui se voulait « rempart » contre le Front National, a-t-il pu devenir un polémiste antisémite, haineux, proche de l’extrême-droite et escroc? Ce livre retrace ce parcours.

L’auteur, le médecin et philosophe François Bernier, se propose à cette occasion de rompre avec la logique géographique qui prévalait jusqu’alors dans l’appréhension des groupes humains. Il avance l’idée que les hommes puissent être classés selon leurs caractéristiques physiques, en distinguant  quatre ou cinq races humaines . Cela lui fait donc perdre la position privilégiée que lui attribuait la Genèse. La proposition de Bernier, qui indique un changement d’attitude profond, passe en son temps relativement inaperçue. Il en va tout autrement des systèmes proposés au siècle suivant par Buffon et Carl von Linné, tous deux naturalistes respectés de la Faculté et de leurs pairs. Cham dans la Bible étant selon lui le produit d’une dégénérescence partielle due à l’éloignement de la zone climatique tempérée. Johann Friedrich Blumenbach ou le philosophe Emmanuel Kant.

Hervé Le Bras s’est intéressé aux modalités du racialisme et de la raciologie lors de ses travaux sur l’idéologie démographique. La thèse de l’inégalité raciale est remise en cause dès 1885 au nom de critères scientifiques également avec le livre De l’égalité des races humaines de Joseph Anténor Firmin, qui expose les sophismes de publications racistes se présentant comme scientifiques. Les nouvelles exigences de scientificité poussent les savants à s’appuyer sur une multitude de  critères  quantifiables, à défaut d’être significatifs. De nouvelles disciplines font leur apparition, se fixant l’étude de l’être humain, de ses origines et de sa classification. Les sciences biologiques s’octroient à cette occasion un rôle prescripteur de la définition de l’être humain et des déterminants de son comportement social. Les critères initialement retenus par les premiers naturalistes pour distinguer l’homme du reste du monde animal se voient appliqués aux groupes humains, dans une perspective de hiérarchie. Les recherches internationales aboutissent à une multitude de taxonomies.

Choix surprenant, car en toute rigueur les Caucasiens sont les habitants du Caucase. La race blanche, la plus parfaite des races humaines, habite surtout l’Europe, l’ouest de l’Asie, le nord de l’Afrique, et l’Amérique. Elle se reconnaît à sa tête ovale, à une bouche peu fendue, à des lèvres peu épaisses. La race jaune occupe principalement l’Asie orientale, la Chine et le Japon : visage plat, pommettes saillantes, nez aplati, paupières bridées, yeux en amandes, peu de cheveux et peu de barbe. Le Tour de la France par deux enfants, G. La terminologie de ses descriptions peut laisser supposer un jugement de valeur. Le monogénisme suppose l’humanité issue d’un ancêtre unique et fait donc du milieu la cause principale de la différenciation.