Eléments de Physiologie PDF

Les innovations méthodologiques de Wundt en psychologie se marquent principalement par l’introduction de la méthode expérimentale, ainsi que par l’utilisation de statistiques, devenue par la suite un procédé fondamental pour la psychologie scientifique. Eléments de Physiologie PDF travaux se sont étendus à d’autres champs de la psychologie tels que la psychologie sociale ou culturelle ainsi qu’à d’autres champs disciplinaires comme la philosophie, notamment l’art, le langage, ou les mythes.


Extrait : « Je voudrais que vous me dissiez quelle altération est survenue dans son organisme extérieur, à partir des bras, qui ont fatigué les premiers, jusqu’à l’extrémité de son corps ou le bout des pieds, et que vous me marquassiez quelles sont les parties de son corps qui ont le plus souffert de son violent exercice. »

C’est à cette occasion qu’il rencontre Emil Du Bois-Reymond. Bien qu’il ait été amené à étudier la médecine, la physique et la chimie, c’est sur la physiologie qu’il porte l’essentiel de son intérêt. La  perception sensorielle  dont il traite dans ses travaux de recherche constitue, depuis Helmholtz jusqu’à nos jours, un sujet frontière entre la physiologie et la psychologie. Entre 1874 et 1875, Wundt est professeur de philosophie inductive à Zurich, puis il est nommé en 1875 à une chaire de philosophie à l’université de Leipzig, où il enseigne jusqu’à sa retraite en 1917. De nombreux étudiants viennent y suivre son enseignement et repartent pour fonder des organismes de recherche et d’enseignement consacrés à la psychologie expérimentale, en particulier des Américains entre 1880 et 1890 et un Français, Benjamin Bourdon, qui entama par la suite ses propres recherches de laboratoire sur la perception visuelle de l’espace. Parallèlement à son approche expérimentale et physiologique de la psychologie, Wundt adopte une approche philosophique des problèmes psychologiques qui marque son œuvre et oriente ses recherches. L’une de ses principales sources philosophiques se trouve chez Leibniz, dans la doctrine de l’aperception, qui lui inspire sa thèse fondamentale, la  synthèse créatrice  de l’esprit.

Wundt entretient des échanges constants avec les intellectuels de Leipzig comme l’historien Karl Lamprecht. Il a également été en contact avec les principaux représentants du  monisme allemand , notamment Ernst Haeckel et Wilhelm Ostwald. Il est fait citoyen d’honneur de la ville de Leipzig en 1902, et de la ville de Mannheim en 1907. En 1914, il est l’un des intellectuels et savants signataires du Manifeste des 93, texte qui soutient les positions de l’Allemagne dans le contexte de la Première Guerre mondiale.

Dans l’Optique physiologique, Helmholtz s’était déjà confronté à des problèmes de psychologie, mais avec Wundt, la psychologie se détache de la physiologie, tout en lui empruntant les méthodes. Elle prend également son indépendance à l’égard de l’ontologie matérialiste qui sous-tendait jusque-là la recherche d’une explication purement physiologique des processus psychiques. La psychologie expérimentale ne devient pas chez Wundt une province de la physiologie. Il reconnaît que les fonctions mentales ont leur concomitant dans l’activité du système nerveux, mais il considère aussi que les actes psychologiques ont un intérêt en eux-mêmes du point de vue scientifique. Une délimitation claire est dès lors maintenue entre les deux disciplines. D’après Wundt, la spécificité de la psychologie par rapport à d’autres sciences comme la physiologie tient au fait qu’elle a pour objets les expériences immédiates de l’individu, accessibles seulement par l’introspection, méthode qui consiste à demander à l’individu lui-même un rapport sur ce qu’il pense, ressent, perçoit, autrement dit, sur ses états subjectifs.

Il intègre l’introspection dans l’étude scientifique mais n’en reconnaît l’avantage que lorsqu’elle peut être soumise à un contrôle sévère. La  méthode psychophysique  comprend tous les procédés d’expérimentation qui peuvent être appliqués aux phénomènes de conscience, et qui conduisent à évaluer quantitativement l’intensité d’une réaction psychique. Ces lois rendent comptent de tous les phénomènes intellectuels passifs. Elles sont l’expression de lois physiologiques et ont été déterminées par la méthode expérimentale. La  pensée active  peut quant à elle intervenir pour créer de nouveaux types d’associations.

Alors que la psychologie recouvre tous les phénomènes conscients, les phénomènes de conscience ne se prêtent pas tous aux procédés d’analyse et de mesure des réactions psychiques sur lesquels s’appuie la psychologie expérimentale. En effet, l’efficacité de tels procédés repose sur l’existence de lois d’association régissant le fonctionnement de l’esprit. D’autres méthodes sont donc requises pour suppléer à l’insuffisance de la méthode expérimentale. Wundt fait appel, d’une part à la méthode d’observation et de comparaison et, d’autre part, à la méthode historique.

Il considère qu’il faut étudier les fonctions inférieures de la pensée par la méthode psychophysique, et les fonctions supérieures par les méthodes comparative et historique. Pour étudier l’activité complexe de l’esprit, il apparaît impossible à Wundt de recourir à la méthode expérimentale qui n’atteint en psychophysiologie que les phénomènes simples. La méthode d’observation et de comparaison est en usage dans toutes les sciences de la nature. Elle consiste à recueillir des faits d’observation et à les comparer ensuite pour en découvrir des relations constantes.