Enfants uniques : Entre isolement et solitude PDF

Le trotskisme est une philosophie politique de type marxiste se réclamant de Léon Trotsky, enfants uniques : Entre isolement et solitude PDF ses écrits, de son action et de ses idées. En 1897, Trotski prend part à la création d’un  syndicat ouvrier du sud de la Russie .


Deux psychanalystes, eux-mêmes enfants uniques, s’interrogent : si Œdipe avait eu un frère ou une soeur, le mythe, la tragédie et le conflit psychique auraient-ils été changés ?

Les enfants uniques sont les grands oubliés de la littérature psychanalytique. La psychologie les décrit forts de l’investissement narcissique de leurs parents, voire égoïstes et trop matures. Enfants d’exception, enfants monstrueux, petits Œdipes, malgré tout, sous leurs atours narcissiques, les enfants uniques déclinent leur isolement, à la recherche épuisante de multiples, de doubles… dans leur manque de frères et de soeurs. Peut-être en advient-il une figure, véritable épiphanie d’un enfant mal connu, avec son évolution psychique propre et le destin qui en découle ?

Même si traduire à deux cette expérience incommunicable, impartageable, de la solitude et de l’isolement de l’enfant unique relève d’une mission impossible, les auteurs revisitent leur histoire en évoquant d’autres enfants uniques, rencontrés dans la littérature et dans leur cabinet d’analystes. Leur objectif est moins d’exorciser la condition de ces enfants aînés sans lendemain – qui questionnent le choix conscient, voire inconscient, de leurs parents d’en être restés là – que d’en faire état : les enfants uniques ont besoin de la reconnaissance de leurs «pairs» pour jouer à la vie, malgré tout.

Anne-Marie Merle-Béral est psychiatre, ancien membre titulaire formateur de la Société psychanalytique de Paris.

Rémy Puyuelo est pédopsychiatre, membre titulaire formateur honoraire de la Société psychanalytique de Paris.

En 1898, la police procède à des arrestations de masse durant lesquelles Trotski est arrêté. Londres, il rencontre Lénine dont il a entendu parler pour la première fois en 1900 et dont il a commencé à lire le traité politique Que faire ? Durant l’été 1903, au deuxième congrès du POSDR à Londres, qui voit la scission entre bolchéviques et menchéviques, Trotski soutient d’abord ardemment Lénine. Il conserve cette position intermédiaire mais isolée durant treize années, cherchant à fusionner les deux courants de la social-démocratie.

Léon Trotski arrivant en train à Petrograd en mai 1917. Dans Histoire de la révolution russe, bien qu’ayant joué un rôle de premier plan dans cette révolution, Trotsky se refuse à écrire des mémoires. Il entend faire œuvre d’historien, s’appuyant sur les sources dont il peut disposer plutôt que de faire appel à des souvenirs personnels. URSS stalinienne, qui n’est ni capitaliste, ni pleinement socialiste d’après lui. Défense du marxisme contient principalement la critique des théories de James Burnham et Max Shachtman sur la nature de la bureaucratie soviétique et l’attitude à adopter par rapport à l’URSS dans le contexte du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En 1905, Trotsky formule une théorie devenue célèbre sous le nom de  théorie de la révolution permanente . Cette théorie est un des éléments doctrinaux déterminants du trotskysme.

Dans Bilan et Perspectives, écrit en 1905, Trotsky tente de comprendre les ressorts de la révolution russe. Trotsky parle du processus de développement inégal et combiné. Il veut dire par là que chaque société n’évolue pas dans un vase clos et qu’elle est influencée par le contact des autres qui la pousse à évoluer. Une société en retard sur le plan économique peut, sous l’influence d’une autre, voir apparaître en son sein des modes de production et des rapports sociaux nouveaux, sans avoir à passer par toutes les étapes que la première a dû franchir. Une contrée arriérée s’assimile les conquêtes matérielles et idéologiques des pays avancés. Mais cela ne signifie pas qu’elle suive servilement ces pays, reproduisant toutes les étapes de leur passé. Les sauvages renoncent à l’arc et aux flèches, pour prendre aussitôt le fusil, sans parcourir la distance qui séparait, dans le passé, ces différentes armes.

Il rompt ainsi avec la théorie de Gueorgui Plékhanov et des mencheviks qui défendent la nécessité d’un passage en deux étapes : du féodalisme au capitalisme et du capitalisme au socialisme. En traitant la genèse de la production capitaliste, j’ai dit que son secret est qu’il y a au fond  la séparation radicale du producteur d’avec les moyens de production  et que  la base de toute cette évolution, c’est l’expropriation des cultivateurs. Mais tous les autres pays de l’Europe occidentale parcourent le même mouvement. Si les amateurs russes du système capitaliste niaient la possibilité théorique d’une telle évolution, je leur poserais la question : pour exploiter les machines, les bâtiments à vapeur, les chemins de fer, etc.

Russie a-t-elle été forcée, à l’instar de l’Occident, de passer par une longue période d’incubation de l’industrie mécanique ? La question de la révolution permanente a pris de l’acuité lors de la révolution russe de 1917. Ce qu’on ne nommait pas la révolution permanente est devenue en avril 1917, avec le retour de Lénine en Russie, l’élément principal de la politique bolchévique. C’est le fondement de ses célèbres thèses d’avril. C’est cette politique, adoptée par les bolcheviks, qui sera à l’origine du renversement de la République de février et de l’instauration de la République soviétique des ouvriers et des paysans. A partir de 1924, la montée en puissance de Staline va porter une nouvelle acuité à la question du développement inégal et combiné.

1789 ont aboli le féodalisme et établi les conditions essentielles au développement du capitalisme. Trotski a fait valoir que ces révolutions ne pourraient pas se reproduire en Russie. Les marxistes appelaient la Révolution française de 1789, une  révolution démocratique bourgeoise  – un régime démocratique a été établi, dans lequel la bourgeoisie a renversé le système féodal français existant. Trotski fait valoir que des pays comme la Russie ne possèdent pas de classe bourgeoise qui pourrait jouer ce rôle. Au moment des révolutions européennes de 1848, il note que  la bourgeoisie était déjà incapable de jouer un rôle comparable. Elle ne voulait pas et n’était pas en mesure d’entreprendre la liquidation révolutionnaire du système social qui se trouvait dans son chemin au pouvoir . Ainsi, toutes les réformes sociales accomplies en Russie l’étaient non pas en tant que résultat d’une lutte au sein de la société, mais sous l’impulsion directe du tsar, à la suite de l’Occident — en particulier sous Pierre le Grand.

Selon Trotski, les classes capitalistes des pays peu industrialisés sont faibles et incapables de mener à bien un changement révolutionnaire car beaucoup trop dépendantes des propriétaires fonciers et du pouvoir politique. D’ailleurs, pendant la Révolution de 1905, la classe capitaliste russe s’est alliée avec des éléments réactionnaires tels que les propriétaires féodaux et les forces étatiques tsaristes, afin de protéger sa propriété de l’expropriation par la classe ouvrière révolutionnaire. Trotski avec Lénine et des soldats à Petrograd en 1921. Dans son livre Cours nouveau, Trotski analyse l’évolution du parti bolchevik et propose des mesures pour limiter la tendance à la bureaucratisation qui se fait jour, en assurant une plus grande démocratie au sein du parti.

Durant l’été 1923, alors que Lénine est dans le coma, Staline lance son offensive et fait arrêter par la Guépéou un certain nombre de membres du Parti communiste pour  indiscipline . Fin 1924, Staline, allié avec Lev Kamenev et Zinoviev, érige le trotskisme en  hérésie , réussit avec l’appui du parti à reprendre le contrôle de l’armée et accrédite progressivement l’idée que le rôle de Trotski dans la révolution a été bien moindre que celui qu’il revendique. Trotski se rapproche alors tactiquement, à partir de 1926, de Zinoviev et de Kamenev dans l’opposition unifiée et dirige avec eux un courant qui s’oppose à Staline. Mais il est trop tard, car ce dernier a déjà pris la main sur les principaux rouages de l’appareil du Parti. Finalement, l’opposition de Trotski lui vaut d’être exclu du Parti communiste le 12 novembre 1927 et d’être déporté à Alma-Ata. Trotski en compagnie de camarades américains à Mexico, peu avant son assassinat, 1940.