ERNEST BRELEUR PDF

Il a écrit ses premiers livres en tchèque, mais utilise désormais exclusivement le français. Milan Kundera est issu d’une famille où l’art et la culture sont considérés comme très importants. 1950, il commet un acte considéré comme délictueux et en est exclu. Ludvik est exclu pour avoir écrit sur une carte postale, en guise de ERNEST BRELEUR PDF :  Vive Trotsky !


Le parcours artistique d’Ernest Breleur se divise en deux périodes. La première est dominée par la peinture, la seconde correspond à l’abandon de ce médium au profit d’un nouveau matériau : la radiographie. Une même préoccupation nourrit toutefois ces deux moments : la problématique du corps, qu’il convient de mettre en relation avec des questions liées au temps, à la vie et à la mort. Cet ouvrage, qui aborde l’ensemble de l’œuvre de cet artiste, des premières toiles aux corps-sculptures les plus récents, tente de mettre en valeur une cohérence de la démarche. Si Ernest Breleur passe d’une série d’œuvres à une autre avec une impressionnante énergie, décuplée par un sentiment d’urgence, c’est qu’en réalité chaque série génère la suivante. Dominique Berthet, qui fréquente l’atelier et les productions d’Ernest Breleur, depuis de nombreuses années, propose une étude sur ces différentes séries ainsi qu’une réflexion sur les œuvres elles-mêmes. Il apporte ainsi un éclairage sur ces réalisations à bien des égards énigmatiques, mystérieuses, captivantes.

Moi aussi j’ai dansé dans la ronde. C’était en 1948, les communistes venaient de triompher dans mon pays, et moi je tenais par la main d’autres étudiants communistes Puis un jour, j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas, j’ai été exclu du parti et j’ai dû sortir de la ronde. En 1956, il est réintégré dans le parti, mais en est définitivement exclu en 1970 à la suite de ses prises de positions publiques à partir de 1967. Milan Kundera aurait dénoncé un de ses concitoyens, Miroslav Dvořáček, un jeune déserteur de l’armée tchécoslovaque passé à l’Ouest, qui par la suite a été condamné à 22 ans de prison dont il effectuera 14 dans de dures conditions. L’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy, l’un des soutiens les plus actifs de Milan Kundera contre ses délateurs écrira :  Non, franchement, je vois mal l’auteur de Risibles amours, même dans une autre vie, même dans sa préhistoire, endosser ce rôle de mouchard. 36 poèmes dans lequel Kundera rejette la propagande politique et accentue l’importance de l’authentique expérience humaine. 1967, les écrivains manifestent, pour la première fois publiquement, leur désaccord total avec la ligne politique des dirigeants du parti.

L’invasion soviétique en août 1968 met fin à cette période de liberté d’expression des médias et plonge le pays dans le néo-stalinisme. Cette atmosphère restera inchangée jusqu’à la chute du communisme en Tchécoslovaquie en 1989. Institut des hautes études cinématographiques de Prague et ses livres sont retirés des librairies et des bibliothèques. La vie est ailleurs est une forme de catharsis pour Kundera, il se confronte à son passé de communiste, sa place en tant qu’artiste et il s’en libère. Pas question de politique dans ce livre.

En été 1975, avec sa femme Véra, il quitte la Tchécoslovaquie pour la France. Rennes 2 jusqu’en 1979, année où il est élu à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. Ce n’est pas l’écrivain qui tourne le dos à son pays. Paradoxalement, le fait qu’il soit interdit de publication dans son pays lui procure un sentiment de liberté. Pour la première fois de sa vie il peut écrire librement, la censure n’existant plus.

Sachant qu’il n’écrit que pour des traducteurs, son langage se trouve radicalement simplifié. La langue française maîtrisée, Kundera se lance dans la correction des traductions de ses livres. Un jour, en 1979, Alain Finkielkraut m’a longuement interviewé pour le Corriere della Sera :  Votre style, fleuri et baroque dans La Plaisanterie, est devenu dépouillé et limpide dans vos livres suivants. Ainsi ai-je lu pour la première fois la version française de La Plaisanterie.

François Kérel, qui, lui, s’est occupé de mes livres suivants ! Oui, aujourd’hui encore, j’en suis malheureux. Penser que pendant douze ans, dans nombreuses réimpressions, La Plaisanterie, s’exhibait en France dans cet affublement ! Deux mois durant, avec Claude Courtot, j’ai retravaillé la traduction.

Quatre ans plus tard, j’ai relu cette version révisée. J’ai trouvé parfait tout ce que nous avions changé et corrigé. Mais, hélas, j’ai découvert combien d’affectations, de tournures tarabiscotées, d’inexactitudes, d’obscurités et d’outrances m’avaient échappé ! Je viens donc de passer à nouveau quelques mois sur La Plaisanterie. Durant ses premières années en France Milan Kundera soutenait qu’il avait dit tout ce qu’il avait à dire et qu’il n’écrirait plus de romans. Le Livre du rire et de l’oubli, achevé en 1978, est publié en 1979. Ce qui différencie ce livre de ceux écrits précédemment, c’est l’angle de vue.

C’est en 1978 qu’il s’installe à Paris. Dans L’Insoutenable Légèreté de l’être, l’auteur étudie le mythe nietzschéen de l’éternel retour. Il se concentre sur le fait que l’Homme ne vit qu’une fois, sa vie ne se répète pas et donc il ne peut corriger ses erreurs. Il écrit notamment en 1981 la pièce en trois actes Jacques et son maître en hommage à Jacques le fataliste et son maître de Denis Diderot. Ce roman se présente comme une méditation sur le statut de l’écrit dans le monde moderne où domine l’image. Il dénonce la tendance contemporaine à rendre toute chose superficielle, facilement digérable. Il continue, ici, ce qu’il avait commencé avec L’Immortalité, une critique de la civilisation de l’ouest de l’Europe.

Tout comme La Lenteur, L’Identité est une œuvre de maturité. Ce roman est un roman d’amour. Kundera n’a autorisé cette publication de ses œuvres complètes qu’à la condition qu’elle ne comporte aucune note, préface, commentaire, ni appareil critique. L’édition comporte cependant une préface, une note sur la présente édition, ainsi qu’une biographie de l’œuvre. Milan Kundera a écrit aussi dans la revue littéraire L’Atelier du roman, dirigé par Lakis Proguidis et publié actuellement par Flammarion et Boréal. Depuis 1985 Kundera n’accorde plus d’entretiens, mais accepte de répondre par écrit. Toute information à propos de sa vie privée est scrupuleusement contrôlée par lui.

Milan Kundera est né en Tchécoslovaquie. Kundera a été beaucoup influencé par ce que lui-même appelle le  grand roman d’Europe Centrale . Dans la  Note de l’auteur  pour l’édition tchèque de La Plaisanterie en 1990, Kundera analyse ses travaux en fonction de la question : que faut-il publier après 20 années d’interdiction ? Jacques et son maître, essais réunis dans L’Art du roman forment ce qu’il reconnaît à proprement parler comme son œuvre, ce qui mérite d’être réédité.

En avril 1997, le magazine tchèque Tyden pose cette question en couverture:  Qui est Milan Kundera ? En mai 2009, à l’occasion de ses 80 ans, un colloque lui est consacré à Brno, sa ville natale. La publication de La Plaisanterie en 1968 est saluée au nom du courant libéral du PCF par Louis Aragon, qui rédige une préface :  Ce roman que je tiens pour une œuvre majeure. Au début des années 1970, ayant écrit La Valse aux adieux, il pense qu’il n’écrira plus de romans. Le seul soutien qu’il a de l’étranger est celui de son éditeur français, Claude Gallimard, qui vient le voir de temps à autre, et d’amis français dont il reçoit les lettres. Dans les années 1990, les livres qu’il écrit directement en français sont jugés décevants par certains critiques, qui les trouvent trop secs. La reconnaissance de Kundera en France est, malgré tout, particulièrement solennisée par la publication de son œuvre dans la Bibliothèque de la Pléiade.