Ernst Jünger, récit d’un passeur de siècle. PDF

Description de l’image Ernst Jünger, récit d’un passeur de siècle. PDF Junger drawing. 29 mars 1895 à Heidelberg et mort le 17 février 1998 à Riedlingen, est un écrivain allemand. Figure publique très controversée à partir de l’après-guerre dans son pays, il a reçu le prix Goethe en 1982 pour l’ensemble de son œuvre.


Ernst Jünger arborant ses décorations après la Première Guerre mondiale. Photo illustrant la troisième édition allemande d’Orages d’acier. Ernst Jünger est l’aîné d’une famille de cinq enfants parmi lesquels son frère, Friedrich Georg, devient un de ses compagnons privilégiés. Leur père devient chimiste et pharmacien après avoir été l’assistant de Viktor Meyer à l’Université. Ernst se révèle assez vite rétif à la discipline scolaire.

Il se porte volontaire dès que l’empereur Guillaume II ordonne la mobilisation en août 1914. Il y décrit notamment les horreurs vécues, mais aussi la fascination que l’expérience du feu a exercée sur lui. Ce livre connut un grand succès auprès du public et reste aujourd’hui encore son livre le plus lu. Il y décrit notamment la défaite de l’armée allemande, à l’encontre du mythe du coup de poignard dans le dos. Grande Guerre et l’effet sur l’âme des soldats de conditions de vie extrêmes dans les tranchées, ses premières réflexions philosophiques et politiques sur la bravoure et le pacifisme. Jünger nourrit de son expérience de la guerre et du combat son analyse historique et politique de la situation allemande après la défaite.

Après la défaite et sa démobilisation, il travaille un temps pour le ministère de la Reichswehr à Hanovre. Il collabore à la rédaction de manuels destinés aux troupes d’infanterie. Il fréquente aussi bien Otto Strasser qu’Erich Mühsam et devient proche d’Ernst Niekisch, principal idéologue allemand du National-bolchévisme. Il devient une figure dans le milieu intellectuel nationaliste. Dans ces deux publications, le néo-nationalisme de Jünger s’exprime largement, dans une célébration de l’État, de la technique, comme force mobilisatrice, et du vitalisme. Approché par le parti nazi du fait de son passé d’ancien combattant et de ses écrits patriotiques, il refuse toute participation et démissionne même de son club d’anciens du régiment en apprenant l’exclusion des membres juifs.

L’hôtel Raphael à Paris où Jünger loge à compter de juin 1941. En 1939, paraît ce que beaucoup de critiques considèrent comme son chef-d’œuvre, Sur les falaises de marbre, un roman allégorique souvent vu comme une dénonciation de la barbarie nazie. Cette allégorie dépasse la simple contestation du totalitarisme triomphant alors en Allemagne. Jünger est mobilisé le 30 août 1939 dans la Wehrmacht avec le grade de capitaine. Il participe à la campagne de France puis, après la victoire des Allemands, Hans Speidel lui fait intégrer l’état-major parisien. Il fait partie de l’entourage de Rommel qui a demandé à lire son essai La Paix. Il est démobilisé et rentre en Allemagne au cours de l’été 1944.

Depuis l’enfance, il s’appliquait à suivre son père. Dans l’Allemagne de l’après-guerre il devient plus que jamais une figure controversée. La maison d’Ernst Jünger à Wilflingen, devenue après sa mort un musée consacré à l’écrivain et son frère Friedrich Georg. Rencontre entre Jünger et Philipp Jenninger, président du Bundestag, en 1986. Comme l’explique Patrick Louis :  L’Anarque a renoncé au combat, il a choisi l’émigration intérieure. L’œuvre de Jünger semble devoir être considérée sous l’éclairage des expériences vécues par l’homme dans sa vie intime.

Tombe d’Ernst Jünger au cimetière de Wilflingen. En 1982, l’attribution à Jünger du prix Goethe déclenche de violentes protestations en Allemagne et une polémique nourrie pendant plusieurs mois. Ces protestations émanent en majorité de la gauche en général et des Verts en particulier. Ils ont fait l’objet d’une édition en 2002 par S. 1922, traduit en français sous le titre : La guerre notre mère, 1934. Sous le signe de Halley, Paris, Gallimard, coll.