Etre gouverné au XXIe siècle PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie etre gouverné au XXIe siècle PDF vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. La différence entre dystopie et utopie tient plus à la forme littéraire et à l’intention de son auteur qu’au contenu.


Cet ouvrage rassemble quinze chapitres issus du 4e Congrès du réseau francophone des associations de science politique (« Être gouverné au XXIe siècle », Bruxelles, avril 2011). Par la diversité des questions traitées, des sous-disciplines et des affiliations de leurs auteurs, ils illustrent la vitalité du raisonnement socio-politique. Surtout, ils permettent de rappeler que la participation politique des gouvernés, source de la légitimité des gouvernants, est le fondement de la démocratie.

En effet, nombre d’utopies positives peuvent également se révéler effrayantes. Les mondes terrifiants décrits dans ces romans ont souvent tendance à faire croire qu’une dystopie est, par définition, la description d’une dictature sans égard pour les libertés fondamentales. Il existe cependant des contre-exemples et la critique est divisée quant aux relations entretenues entre la dystopie et les régimes politiques qu’elle vise. L’impact que ces romans ont eu sur la science-fiction a souvent amené à qualifier de dystopie toute œuvre d’anticipation sociale décrivant un avenir sombre. Cette association a été conçue pour rappeler le terme utopie, auquel il s’oppose. Le préfixe dys- est emprunté au grec δυσ-, et signifie négation, malformation, mauvais, erroné, difficile. Il a surtout une valeur péjorative.

Dans la dystopie, le projet utopique est présenté comme réalisé : les bonnes lois sont appliquées et tout le monde est donc censé être heureux. Mais cette réalisation n’est pas, comme dans l’utopie, présentée par les yeux du Sage ou des gouvernants. Elle est vécue au quotidien par des habitants du lieu, qui subissent ces lois, dont on s’aperçoit alors, à leur souffrance, qu’elles ne sont pas aussi bonnes que le discours officiel le prétend. La terminologie critique de la dystopie ne fait pas l’objet d’un large consensus, et les termes  dystopie ,  contre-utopie  et  anti-utopie  sont souvent employés de façon interchangeable.

Sauf peut-être dans le milieu restreint de la critique de science-fiction, où le terme  dystopie  est le plus utilisé. Certains critiques toutefois utilisent simultanément plusieurs de ces termes pour opérer des distinctions plus fines. Les couples de termes opposés sont très variables. La question des relations entre les genres dystopiques et utopiques demeure un sujet débattu.

Cette absence de consensus, compliquée par l’origine anglaise du mot  dystopie , explique en partie les divergences terminologiques existant dans la littérature critique. Parce que la dystopie vise à présenter sous forme narrative les conséquences néfastes d’une idéologie, l’univers qu’elle décrit ne s’éloigne du nôtre que par les seules transformations sociales ou politiques que l’auteur désire critiquer. Il est donc naturellement amené à situer son univers dystopique dans un futur plus ou moins proche et à en exclure toute dimension fantastique qui viendrait affaiblir son argumentation. Anticipation, mouvement rationnel de l’Histoire : ces caractéristiques rapprochent naturellement le projet dystopique de la science-fiction. C’est pourquoi la dystopie est souvent considérée comme un sous-genre de la science-fiction.