Europe Les Etats désunis PDF

Il est connu en particulier pour ses travaux en ecclésiologie et en œcuménisme. Après son service militaire en 1925, il entre au noviciat des dominicains de la province de France, à Amiens, puis effectue europe Les Etats désunis PDF études de 1926 à 1931 au couvent du Saulchoir, à Kain-la-Tombe, en Belgique, où l’on met l’accent sur l’histoire de la théologie.


L’Union européenne est née d’une idée généreuse mais vague : faire advenir « la Paix ». Ceci ne suffit pas à constituer un projet politique. Paradoxalement, le défaut de projet n’a pas empêché la multiplication des institutions technocrates chargées de le mettre en œuvre. On a fabriqué des outils avant d’en déterminer l’usage. Fortes d’un désengagement complice des Etats européens, ces institutions se sont désormais affranchies. Leur principale raison d’être est à présent de créer de la contrainte voire de la coercition. Ce faisant, elles contribuent à vider progressivement de leur substance les Etats membres de l’Union, trop heureux, pour certains, de pouvoir se défausser des leurs responsabilités sur « Bruxelles » ou sur « Francfort ». Mais aussi sur Berlin. Car il semble qu’un Etat, à la différence de tous les autres, soit parvenu à réchapper de la maladie d’impuissance qui frappe ses voisins. Mieux, l’Allemagne est parvenue à faire des institutions européennes ses meilleures alliées et les courroies de transmission de ses propres intérêts. Partout ailleurs, la démission du politique est devenue la règle. Elle s’accompagne le plus souvent d’une crise économique effroyable. Une situation que les peuples acceptent de plus en plus mal, sentant bien qu’au nom de « la Paix », on leur demande d’entériner tout à la fois leur appauvrissement, et l’abandon de leur souveraineté. Epuisés par la rigueur économique, de plus en plus défiants vis-à-vis de la construction européenne, ceux-ci ne comptent plus sur leurs dirigeants pour tâcher d’en infléchir le cours. Dès lors, ils pourraient bien être tentés d’y mettre un terme brutal, en recourant à des partis politiques pour lesquels on doute que « la Paix » soit la principale priorité.

1935, il est secrétaire de l’importante Revue des sciences philosophiques et théologiques, fréquente les Jeunes ouvriers chrétiens, puis lance, en 1937, la collection Unam Sanctam aux éditions du Cerf. Il y publie son premier grand ouvrage théologique, Chrétiens désunis. Mobilisé en 1939 et fait prisonnier par les Allemands, Yves Congar reste dans un camp de prisonniers de guerre de 1940 à 1945, où il tient des conférences pour lutter contre l’idéologie nazie. De retour de captivité, il reprend l’enseignement d’ecclésiologie au Saulchoir, cette fois-ci à Étiolles, près de Paris. Il publie de nombreux articles, des articles d’actualité dans la revue Témoignage chrétien ou des articles sur la place du laïcat au sein de l’Église. Congrès mondial pour l’apostolat des laïcs, en 1951.

Il a un mépris particulier pour le mariologue Gabriele Maria Roschini, O. Marianum, ainsi que pour le père Carlo Balić, O. Sapinière ayant été officiellement dissoute en 1921. 1952, Congar doit présenter à la censure ses moindres textes et comptes rendus. Ce n’est qu’à partir de 1960 que son horizon se dégagera peu à peu.

Il y tient son journal, qui sera publié en 2002. 1963, enfin libéré de la suspicion qui pesait sur lui, Congar est publiquement reconnu et produit une somme considérable d’articles et de livres. Luther dont il pensait ceci :  il est un des plus grands génies religieux de toute l’Histoire. Je le mets, à cet égard, sur le même plan que saint Augustin, saint Thomas d’Aquin ou Pascal.

D’une certain manière, il est encore plus grand car il a repensé tout le christianisme. Avec Marie-Dominique Chenu, Henri de Lubac, Jean Daniélou et d’autres, il réintroduit l’histoire dans la méthode théologique. Pour la première fois dans l’histoire de la théologie catholique, avec Chrétiens désunis. Ce livre, d’une très grande importance, tenta, pour la première fois, de définir théologiquement l’œcuménisme. Depuis Vatican II, on parle d’Églises et communautés ecclésiales.