Femmes et dépendances : Une maladie du siècle (Sciences Humaines et Essais) PDF

Portrait de Miss A— en 1866 et en 1870 après le traitement. Elle était l’un des premiers cas décrits d’anorexie mentale. Elle se manifeste notamment par une préoccupation très forte de l’apparence, qui entraîne des restrictions alimentaires drastiques. Les sujets qui souffrent de ces troubles sont surtout des adolescentes, même s’il femmes et dépendances : Une maladie du siècle (Sciences Humaines et Essais) PDF a de plus en plus de garçons et d’adultes.


Maladie des émotions, maladie du cerveau, l’addiction est-elle un problème féminin ?

La peur des années qui passent rend certaines femmes « addictes » à la chirurgie esthétique. L’angoisse du lendemain et de la solitude fait d’elles des accros à la voyance ou à l’astrologie. D’autres ont besoin de la cigarette comme d’un « doudou » et de leur téléphone portable comme d’un cordon ombilical qui les relie aux autres. Certaines s’attachent à des hommes, parfois violents, comme à des drogues. D’autres prennent de graves risques pour elles et l’enfant qu’elles portent en consommant toutes sortes de substances pendant leur grossesse. D’autres encore se réfugient dans la nourriture, les médicaments, la cocaïne ou l’alcool.

 

  • Comment les femmes vivent-elles leurs addictions ? 
  • Sont-elles plus vulnérables que les hommes ? 
  • Certaines émotions sont-elles propres aux femmes ? 
  • Peut-on parler d’un cerveau féminin ? 
  • Ces spécificités seraient-elles génétiques, hormonales, culturelles, sociales, ou bien liées aux grandes étapes de la vie 
    des  femmes ?

Les auteurs de ce livre tentent de répondre à ces questions en évitant le piège des idées reçues.
Ils analysent les dépendances typiquement féminines, les raisons qui poussent de plus en plus de femmes à se réfugier dans cette maladie, et nous donnent les solutions pour s’en libérer.

On retrouve souvent une perturbation psychologique de l’image du corps. La mode et les phénomènes d’imitations entre adolescents sont souvent incriminés, mais ils restent difficiles à isoler de l’histoire du sujet qui souffre de son environnement familial et d’événements de vie déclenchants. L’anorexie mentale ne se retrouve pas dans les mêmes proportions dans toutes les cultures et à toutes les époques. L’anorexie mentale, ou anorexia nervosa, est un trouble des conduites alimentaires. Elle se manifeste par  un refus catégorique de maintenir un poids corporel normal et par des mesures extrêmes et intentionnelles visant à perdre du poids ou à ne pas en prendre en période de croissance.

Dans l’anorexie mentale, le patient lutte contre la faim ou a perdu l’appétit. Souvent, ces restrictions s’accompagnent d’activités physiques ou intellectuelles intenses. Certains experts estiment que l’hyperactivité des anorexiques serait une attitude intentionnelle, destinée à perdre davantage de poids en brûlant plus de calories. Le diagnostic doit être établi ou confirmé par des médecins spécialistes. Des adolescents présentent parfois des conduites alimentaires d’allure anorexique mais qui sont passagères, relevant parfois d’attitudes d’identification à des camarades, à des vedettes ou autres mannequins. L’anxiété et le besoin de maigrir sont également responsables d’une hyperactivité physique. Outre les adolescents, l’anorexie peut toucher directement les nourrissons.

Dans ce cas, le refus de l’alimentation est évidemment important et tenace, et, par là, se distingue de l’anorexie dite  primitive , où le nouveau-né, hypotonique, ne tire pas ou refuse sein et tétine. Elle s’accompagne souvent d’anxiété, de dépression, de repli sur soi et parfois de dépendances aux drogues ou à l’alcool. Elle peut prendre une forme suicidaire. Cette maladie se traduit par une perte de poids. La perte de poids est directement liée à la privation alimentaire. Les rechutes font partie du traitement. Les considérer comme des échecs peut conduire à un découragement et des abandons.

Cependant l’évolution de la maladie dépend des thérapies entreprises. Il est souvent nécessaire de poursuivre le traitement psychique au-delà de la reprise d’un poids proche de la normale. Les dérèglements physiques peuvent, à terme, menacer la vie de la personne. Cette maladie concerne essentiellement les jeunes filles de 12 à 20 ans, mais peut apparaître dès l’âge de 9 ou 10 ans. Environ la moitié des anorexiques parvient à guérir et un tiers s’améliore mais parfois seulement de manière transitoire. L’imagerie cérébrale fonctionnelle note des anomalies chez les anorexiques. De nombreuses hypothèses physiologiques sont travaillées depuis des décennies, toutes ne sont plus d’actualité, comme pour toutes les autres psychopathologies, les recherches dans le domaine sont en cours et aucune d’elles ne s’impose actuellement comme pouvant être retenue comme définitive.

On doit donc être prudent lorsqu’on en prend connaissance et qu’on les diffuse. En 1994, a été isolée une hormone sécrétée par les cellules du tissu gras, les adipocytes. Cette hormone, appelée leptine, renseignerait le cerveau sur les réserves en graisse de l’organisme. Un des moyens par lesquels la leptine diminuerait l’apport alimentaire serait la baisse de la valeur appétitive des aliments. La leptine modifierait l’état du circuit méso-limbo-cortical impliqué dans les mécanismes de récompense. Les adipocytes ne secréteraient pas seulement de la leptine.

Les taux sanguins d’adiponectine sont abaissés dans l’obésité et augmentés chez les boulimiques à poids normal. Des études épidémiologiques faites chez les jumeaux montrent qu’il existe un héritage partiel des troubles de conduites alimentaires. En psychopathologie, on considère l’anorexie mentale comme une conduite addictive. Les cas d’anorexie mentale sont en augmentation dans le monde occidental.