Gros signes PDF

France et gros signes PDF une partie des sourds de Suisse. La LSF est une langue à part entière et est un des piliers de l’identité Sourde de la culture Sourde.


Dans toutes les langues il y a des gros mots. Dans les langues signées, il y a des gros signes ! Si, en langue française, il existe de nombreux ouvrages sur les gros mots, les injures, les expressions libertines, la langue verte, etc. ; l’équivalent n’existait pas encore en langue des signes française. Voici donc une fâcheuse lacune désormais comblée. Evitant les injures classiques trop connues, ce recueil, unique en son genre, propose plus d’une centaine d’injures, insultes, vexations, moqueries ou délations plus rares ou inédites qui témoignent, à leur façon, de la vitalité de la langue des signes. Les amateurs de linguistique y trouveront aussi les étymologies, souvent curieuses et inattendues, de certains gros signes. Etudiants en langue des signes, enseignants spécialisés, parents d’enfant sourd, professionnels de la surdité ou simples curieux d’expressions gestuelles trouveront ici matière à enrichir leur vocabulaire gestuel et éviteront de se faire  » signer  » de tous les noms sans même s’en apercevoir !

C’est dans les familles de sourds qu’ont pu s’élaborer les premiers fondements de la LSF, et c’est en se regroupant que les sourds ont pu enrichir leur langue. L’histoire des sourds et de la communauté Sourde prend ses racines dès l’existence de personnes sourdes, soit certainement depuis le début de l’humanité. Renaissance pour que surdité et mutisme soient différenciés physiologiquement, grâce à la dissection de cadavres. 1789, l’abbé Sicard lui succède et tente d’imposer un langage gestuel conventionné et agrémenté d’une grammaire de  signes méthodiques  qui sera abandonné par la suite. Alors que la langue des signes française rayonnait, elle était au seuil de son déclin.

Selon Yann Cantin,  jusqu’en 1880, la langue des signes est perçue comme le moyen le plus aisé pour les Sourds d’apprendre la langue française et ses nuances, au travers de l’écrit. La maîtrise accrue du français écrit représente donc l’émancipation sociale du Sourd tout en respectant sa double spécificité, culturelle et physique. Cependant, les oralistes considèrent que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société. Le congrès de Milan en 1880 — où l’immense majorité des participants est entendante — décrète l’abandon de la langue des signes dans l’enseignement.