Henrik Ibsen, le constructeur : De Une maison de poupée à Quand nous nous réveillons d’entre les morts PDF

Description de l’image Schaarwächter Henrik Ibsen cropped. Knud Ibsen, Henrik Johan Ibsen naît dans un henrik Ibsen, le constructeur : De Une maison de poupée à Quand nous nous réveillons d’entre les morts PDF que la faillite des affaires paternelles, à la suite de spéculations malheureuses, en 1836, désunit rapidement. L’ensemble de la famille déménage à Gjerpen, où Henrik Ibsen fait sa confirmation en 1843. Son père sombre dans l’alcoolisme après que les biens familiaux ont dû être vendus, tandis que sa mère se tourne vers le mysticisme protestant.


Jonathan Châtel propose ici une analyse méthodique des onze dernières pièces d’Ibsen, dans l’ordre où elles ont été écrites entre 1879 (Une maison de poupée) et 1899 (Quand nous nous réveillons d’entre les morts). Le grand dramaturge norvégien se comparait volontiers à un architecte, mais c’est un constructeur très paradoxal que nous révèle Châtel. A l’opposé de la  » pièce bien faite  » à la Scribe, Ibsen construit des édifices instables à l’intérieur desquels ses personnages vivent en permanent déséquilibre. Le dramaturge déploie une stratégie critique qui consiste à mettre en crise, jusqu’à l’impasse, jusqu’à l’aporie, le discours de ses personnages. Les créatures ibséniennes sont étroitement tributaires du cadre d’une civilisation dont elles ne cessent d’éprouver le caractère coercitif. Leur pensée n’est faite que des strates d’une idéologie dont l’auteur opère la déconstruction. La psyché de Nora, de Rosmer, de Solness ou de John Gabriel Borkman se trouve ainsi écartelée entre ses pulsions inconscientes et les idéaux moraux ou les velléités d’émancipation qui l’habitent. On voit alors se profiler, derrière la faillite des systèmes discursifs, la tragédie des destins individuels des personnages. Dans ce parcours critique et sensible du cycle des onze dernières pièces, Jonathan Châtel marque une importante césure : à partir du Constructeur Solness le régime de l’écriture connaît une modification dramaturgique : la relation interpersonnelle cède le pas à l’intra-subjectivité de protagonistes qui, à l’instar de L’Inconnu, le personnage autobiographique du Chemin de Damas de Strindberg, deviennent les spectateurs de leur propre vie.

Il quitte le domicile familial la même année pour s’installer à Grimstad : entre 1844 et 1850, il travaille comme apprenti en pharmacie chez Jens Aarup Reimann, tout en poursuivant ses études pour devenir médecin. Les événements révolutionnaires de 1848 le conduisent, l’année suivante, à écrire sa première pièce, Catilina. Celle-ci est publiée à compte d’auteur, en 1850, en 250 exemplaires, sous le pseudonyme de Brynjolf Bjarme, par les soins d’Ole Carelius Schulerud. Cet ami de Henrik y consacre une somme d’argent héritée, après le refus du manuscrit par le Christiana Theater. Henrik Ibsen travaille toujours comme apprenti préparateur en pharmacie, étudie et écrit la nuit, prend des cours privés de latin et participe à la rédaction du journal de l’Association des étudiants et de l’hebdomadaire littéraire et satirique Andhrimner.

Cette même année, il couche sur le papier une seconde pièce en un acte, Le Tertre des guerriers, qui est acceptée par le Christiana Theater. La même année, le violoniste Ole Bull, fondateur du Norske Theater de Bergen, lui propose d’en devenir le directeur artistique. Henrik Ibsen accepte ce poste et s’installe à Bergen. Entre 1852 et 1857, Ibsen collabore au Théâtre national de Bergen, pour lequel il écrit et met en scène. Ses propres représentations n’y connaissent cependant pas un grand succès, jusqu’à la présentation du Banquet de Solhaug, pièce influencée par le folklore populaire norvégien, en 1856. Durant ses six années à Bergen, Ibsen  ne s’y fait guère remarquer.

En 1857, il revient dans la capitale norvégienne Christiana afin de reprendre la direction du Théâtre national, le Christiana Theater. Sigurd, né le 23 décembre 1859. Son fils unique deviendra premier ministre norvégien de 1903 à 1905 au moment de la séparation de la Norvège du royaume de Suède. Sigurd achèvera sa vie en Italie, où il avait en partie grandi.

Incapable de gérer une institution, Ibsen voit peu à peu des oppositions se lever. En 1862, le Christiana Theater doit fermer ses portes. Ibsen, libéré de ses obligations de directeur, entreprend un voyage dans le Gudbrandsdal et dans l’ouest de la Norvège afin de récolter des éléments de légendes populaires nordiques. Ibsen part pour Rome où il s’installe, après des séjours à Copenhague, pendant quatre ans. Empereur et Galiléen en 1873, pièce qui passe plutôt inaperçue à sa publication. En 1874, Ibsen part pour Munich, où il vit jusqu’en 1878. C’est dans cette ville qu’il écrit en 1877 Les Piliers de la société, pièce qui constitue un véritable tournant dans l’œuvre du dramaturge, avec l’ouverture d’un cycle centré sur la critique sociale, marqué par le réalisme des descriptions et l’usage de la prose.

De retour à Rome – pour sept ans – en 1878, Henrik Ibsen poursuit dans la même veine, avec la publication du drame social Une maison de poupée, publié en 1879. La pièce, en raison de sa chute novatrice et scandaleuse, obtient un succès international. Sa renommée est telle que ses pièces sont progressivement montées dans toutes les capitales d’Europe. Ces trois dernières pièces sont écrites à Munich, où Ibsen séjourne entre 1885 et 1891.