Introduction à la lecture de Lacan PDF

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Nouvelle édition en 2012

Le concept d’imaginaire est polysémique, il renvoie à une multiplicité des sens, selon les points de vue adoptés, selon les auteurs qui l’utilisent ou les champs théoriques qui s’y réfèrent. On peut parler d’un imaginaire médiéval, de la renaissance, de l’âge classique etc. Chaque groupe humain construit un imaginaire qui lui est propre. Sur le plan individuel, l’imaginaire témoigne de la subjectivité de la personne. Les images qui traversent l’esprit sont présentes avant même que l’on tente de les inscrire dans la normativité symbolique du langage. Elles appartiennent à la singularité de l’histoire personnelle.

Gilbert Durand s’est livré depuis les années 1960 à une lecture anthropologique de l’imaginaire. Se situant dans la continuité de l’œuvre de Gaston Bachelard et celle de C. Jung, il œuvre pour redonner à la symbolique et à l’image une place que lui ont refusée les divers  iconoclasmes , dont le positivisme. La lecture issue de la gestuelle est quant à elle ternaire : l’acte de se lever ou la station debout s’associe avec le régime diurne et Durand la qualifie de schizomorphe ou d’héroïque. C’est lorsque le soleil se lève que l’humain se dresse sur ses jambes, ressentant dès lors la dichotomie entre le haut et le bas, le ciel et la terre. Dans ce régime de l’imaginaire, les objets apparaissent distinctement sous la lumière du soleil. Le deuxième schème, nocturne cette fois, s’enracine dans la gestuelle copulative, l’acte de s’accoupler.

La nuit, les opposés se rejoignent, hommes et femmes deviennent un dans l’union de l’acte sexuel. Gilbert Durand nomme ce régime synthétique ou dramatique. Alors que dans le régime diurne il s’agissait de s’élever vers les hauteurs, le schème synthétique nous rappelle dans les profondeurs obscures de la caverne. Le troisième schème, nocturne lui aussi, puise dans la gestuelle digestive ou d’avalement, l’acte d’ingérer. Ici jouent à plein les principes d’analogie et de similitude. Le principe dynamique en œuvre est celui de la fusion. L’imaginaire selon Joël Thomas : c’est  un système, un dynamisme organisateur des images, qui leur confère une profondeur en les reliant entre elles.

Braque,  je ne crois pas aux choses, mais aux relations entre les choses. Cela nous permet d’affiner notre définition de l’imaginaire. Hervé Fischer attribue la genèse de nos imaginaires à la condition originellement mythique de l’existence humaine. C’est le monde qui vient au nouveau-né et non l’inverse. S’inspirant de Piaget, il se fonde donc sur une construction imaginaire de notre interprétation du monde.