Je déprime, c’est grave docteur ? Comprendre et soigner la dépression PDF

Les mécanismes de défense je déprime, c’est grave docteur ? Comprendre et soigner la dépression PDF les personnes âgées. 1998 du site de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont du Québec.


Ce Guide de 38 pages très argumenté, est à présent absent de la nouvelle présentation de l’hôpital québécois, ce qui  justifie sa mise en ligne ici en 2009. On a toujours cru que le vieillissement se traduisait inévitablement par une diminution notable des processus cognitifs. La santé mentale est souvent synonyme d’adaptation réussie et pour la personne âgée de vieillissement heureux. Le vieillissement mental ne semble pas relié à l’âge mais plutôt à une baisse de l’estime de soi.

Cette estime de soi est reliée à la maturité. L’adulte mâture participe, se sent utile, ne se sous-estime pas. Celui qui agit ainsi ne succombe pas à la tentation du commérage ou des relations possessives avec les autres. L’adulte mâture est capable de tolérer la frustration et d’accepter ses craintes. Il n’est pas nécessairement calme et serein mais apprend à vivre ses états émotionnels.

L’adulte mâture perçoit avec justesse la réalité et il montre les aptitudes appropriées pour résoudre problèmes. Il est efficace et a le sens des responsabilités. Il est capable de rire de ses travers. La santé mentale d’un adulte présente des hauts et des bas, elle n’est jamais acquise pour toujours. Les personnes âgées en bonne santé mentale répondent souvent de façon fort différente aux critères de maturité. Accepter ses limites et ses forces personnelles et posséder une identité solide. La personne âgée tient à ses croyances et ne se laisse pas facilement convaincre de modifier son comportement ou d’entreprendre de nouvelles expériences.

Elle se connait et s’accepte comme elle est. Atteindre le plus haut niveau de potentiel possible et s’actualiser. Le vieillissement impose souvent certaines limites. Cependant, si on l’encourage et si on lui en donne la chance, la personne âgée peut entreprendre de nouvelles activités et en tirer plaisir. Même si la personne âgée ne recherche pas les situations stressantes, elle est capable d’y faire face et de s’y adapter sans agitation ni anxiété excessive.

Démontrer de l’autonomie, de l’indépendance, être capable de faire des choix. Ces traits de personnalité valorisés chez les jeunes sont souvent perçus comme de l’entêtement chez les personnes âgées. Quand une personne âgée ne demande pas d’aide et décide d’exécuter elle-même une activité éprouvante sur le plan physique, elle devient plus alerte et éveillée. Ce sont en fait souvent les proches qui réagissent mal aux désirs d’autonomie des personnes âgées. Percevoir la réalité sociale sans la déformer, être éveillé à ce qui se passe et être capable de reconnaître la valeur d’autrui.

La personne âgée n’est pas coupée du reste du monde. Elle reste en contact avec la réalité et est capable de répondre à des questions d’actualité. En général, elle sait bien évaluer le temps investi et l’énergie consacrée par ses proches et les soignantes. Contrôler son environnement, travailler, avoir des loisirs, résoudre des problèmes et s’adapter à la vie. En règle générale les personnes âgées peuvent très bien prendre part à des activités de loisir et s’y amuser.

Leurs choix quant aux loisirs et aux activités ne doivent pas être comparés avec ceux d’adultes plus jeunes. La définition qui convient le mieux à cette conception humaniste, semble être celle de Menninger : « La santé mentale est l’ajustement d’un être au monde et aux autres humains avec un maximum d’efficacité ». La santé mentale de la personne âgée est tributaire de l’hérédité et du milieu, de l’interdépendance entre sa maturation physique et psychologique, de la conservation de ses habiletés psychologiques et de sa capacité de résoudre les conflits. L’image la plus simple de la personne âgée mentalement en santé est celle d’une personne qui s’adapte : elle conserve des liens affectifs satisfaisants avec les autres, ne réagit pas de manière automatique aux situations, supporte assez bien le stress et ne constitue pas un fardeau pour elle-même ni pour les autres. Le processus de vieillissement de chacun de nous s’effectue tout au long de sa vie selon notre propre organisation psychique et notre capacité à faire face aux différents traumatismes qui touchent notre être dans sa dimension corporelle, intellectuelle et sociale, mais il n’y a pas de vieillissement de nos forces pulsionnelles qui donnent vie au psychisme : le désir n’a pas d’âge. Avec l’avancée en âge, chaque individu peut poursuivre un vieillissement normal, ou entrer dans n’importe quelle forme de pathologie selon son organisation personnelle préalable.

Les personnes âgées qui réussissent leur adaptation conservent leur intégrité, leurs valeurs personnelles et demeurent relativement actives. L’adaptation est le contraire de la résignation. Une vieille dame disait : « Je ne suis plus aussi alerte qu’avant. J’ai de la difficulté à me concentrer et à me souvenir de certaines choses. Quand on lui demandait si cette perte de fonction intellectuelle était dure à accepter, la vieille dame répondait :  » Vous savez, j’ai eu la chance de recevoir une intelligence supérieure à celle de la majorité des gens. Je peux donc me permettre d’en perdre un peu en vieillissant !