Juan Goytisolo : Le soi, le monde et la création littéraire PDF

Il a écrit ses premiers livres en tchèque, mais utilise désormais exclusivement le français. Juan Goytisolo : Le soi, le monde et la création littéraire PDF Kundera est issu d’une famille où l’art et la culture sont considérés comme très importants.


L’œuvre exigeante de Juan Goytisolo (Barcelone, 1931), l’une des plus importantes de la littérature espagnole de la seconde moitié du XXe siècle, ne cesse de susciter l’intérêt de la critique au plan international. Cet ouvrage sur les romans de l’écrivain, notamment ceux publiés de 1980 à 1993, réhabilite un retour aux textes pour mettre en lumière, en suivant une démarche centrée sur l’herméneutique littéraire, l’ensemble des problématiques liées à la constitution du sens et au déploiement d’une poétique singulière. L’art du déchiffrement pénètre la profondeur du dialogue que l’écrivain a mené dans sa propre écriture avec la tradition littéraire hispanique et les héritages culturels d’Orient et d’Occident. L’analyse fait voir comment la dimension critique d’un langage nouveau s’empare de la diversité d’une tradition, la réélabore et la repense, afin de s’affronter à des enjeux présents d’ordre idéologique et culturel, tout en prolongeant une recherche radicale sur l’esthétique du roman et sa force d’invention. Dans cette perspective la particularité d’une expérience personnelle et historique, au regard de laquelle les rapports au passé résistent aux formes d’effacement, s’ouvre dans la création littéraire aux voies d’une libération où la reconnaissance de soi permet aussi d’interroger le monde et d’explorer les possibilités de sens, les doutes et les paradoxes de l’écriture.

1950, il commet un acte considéré comme délictueux et en est exclu. Ludvik est exclu pour avoir écrit sur une carte postale, en guise de plaisanterie :  Vive Trotsky ! Moi aussi j’ai dansé dans la ronde. C’était en 1948, les communistes venaient de triompher dans mon pays, et moi je tenais par la main d’autres étudiants communistes Puis un jour, j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas, j’ai été exclu du parti et j’ai dû sortir de la ronde. En 1956, il est réintégré dans le parti, mais en est définitivement exclu en 1970 à la suite de ses prises de positions publiques à partir de 1967. Milan Kundera aurait dénoncé un de ses concitoyens, Miroslav Dvořáček, un jeune déserteur de l’armée tchécoslovaque passé à l’Ouest, qui par la suite a été condamné à 22 ans de prison dont il effectuera 14 dans de dures conditions.

L’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy, l’un des soutiens les plus actifs de Milan Kundera contre ses délateurs écrira :  Non, franchement, je vois mal l’auteur de Risibles amours, même dans une autre vie, même dans sa préhistoire, endosser ce rôle de mouchard. 36 poèmes dans lequel Kundera rejette la propagande politique et accentue l’importance de l’authentique expérience humaine. 1967, les écrivains manifestent, pour la première fois publiquement, leur désaccord total avec la ligne politique des dirigeants du parti. L’invasion soviétique en août 1968 met fin à cette période de liberté d’expression des médias et plonge le pays dans le néo-stalinisme. Cette atmosphère restera inchangée jusqu’à la chute du communisme en Tchécoslovaquie en 1989. Institut des hautes études cinématographiques de Prague et ses livres sont retirés des librairies et des bibliothèques.

La vie est ailleurs est une forme de catharsis pour Kundera, il se confronte à son passé de communiste, sa place en tant qu’artiste et il s’en libère. Pas question de politique dans ce livre. En été 1975, avec sa femme Véra, il quitte la Tchécoslovaquie pour la France. Rennes 2 jusqu’en 1979, année où il est élu à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. Ce n’est pas l’écrivain qui tourne le dos à son pays. Paradoxalement, le fait qu’il soit interdit de publication dans son pays lui procure un sentiment de liberté. Pour la première fois de sa vie il peut écrire librement, la censure n’existant plus.

Sachant qu’il n’écrit que pour des traducteurs, son langage se trouve radicalement simplifié. La langue française maîtrisée, Kundera se lance dans la correction des traductions de ses livres. Un jour, en 1979, Alain Finkielkraut m’a longuement interviewé pour le Corriere della Sera :  Votre style, fleuri et baroque dans La Plaisanterie, est devenu dépouillé et limpide dans vos livres suivants. Ainsi ai-je lu pour la première fois la version française de La Plaisanterie.