L’affaire Jeanne d’Arc PDF

Cet article est une ébauche concernant un film français. L’affaire Jeanne d’Arc PDF, l’enfance de Jeanne d’Arc est un film musical français écrit réalisé et monté par Bruno Dumont, sorti en 2017. Il est sélectionné en  Compétition officielle  pour la Quinzaine des réalisateurs et projeté au Festival de Cannes en mai 2017. Cent Ans, opposant Anglais et Bourguignons d’un côté et Français de l’autre, fait rage dans le royaume de France.


Jeanne a-t-elle vraiment entendu des voix ? A-t-elle été mandatée par Dieu pour sauver le royaume de France ? Que sait-on finalement du destin hors du commun de cette petite bergère de Domrémy qui a donné son nom à un nombre incalculable de rues, inspiré plusieurs milliers de livres, une demi-douzaine d’opéras et une quarantaine de films ? A quoi ressemblait-elle ? Quelle langue parlait-elle ? Comment a-t-elle appris à chevaucher de fougueux destriers, à manier l’épée, à faire la guerre ? L’histoire officielle n’apporte pas de réponse à ces questions pourtant légitimes. Parce que l’histoire a été sciemment falsifiée. Le dossier a été truqué. Voici pourquoi. Voici comment.

Une première partie se déroule en plein été 1425. Mais les arguments de l’une et l’autre ne convainquent pas Jeannette. Pourquoi mes sœurs m’avoir en partant délaissée ? Pourquoi n’avoir pas pris mon âme sur vos ailes, faible et seule et pleurante en la terre exileuse ?

Anglais sont maîtres partout et que le peuple semble résigné à la défaite pourvu que la paix soit faite. Ils quittent Domrémy et partent vers la France, l’une en selle et l’autre en croupe sur un cheval de trait, en remontant la Meuse. En effet, son spectre élargi et largement contradictoire mérite d’être souligné. Cyril Béghin et Les Cahiers du cinéma sont enthousiastes :  Bruno Dumont offre avec Jeannette son film le plus impur, bizarre et encombré en même temps que le plus fièrement minimal, et superbe. Parti pris qui, comme les autres, n’est pas forcément du goût de la critique et déclenche même des réactions pour le moins opposées. 739 sur le site Cahiers du Cinema. La démarche n’est pas sans scories mais procède d’une radicalité à prendre ou à laisser.

C’est un peu comme la rencontre d’un parapluie et d’une machine à coudre, avec Péguy dans le rôle de l’aiguille. Bruno Dumont :  La musique et les chorégraphies sont là pour aider à comprendre et à rendre accessible un truc complètement incompréhensible en soi : le spirituel. Et moi j’en ai besoin pour affronter Péguy. Parce que Péguy, c’est un sacré morceau. Or je ne veux pas faire un truc intello du tout. Reste que le réalisateur nordiste produit, une fois de plus, des images superbes, lumineuses, et magnifie totalement les paysages de cette côte d’Opale qu’il chérit tant. Bruno Dumont :  La seule réserve que je pouvais avoir avec Igorrr n’était sûrement pas la puissance démesurée et hétéroclite de ses compositions, mais l’absence de mélodie pour les paroles dont je pressentais la nécessité pour le rendu des dialogues de Péguy.

Le choix du son direct, rare dans la comédie musicale, accentue l’idée d’une ligne du texte pure, éblouissante, sur laquelle viendraient s’agréger les impuretés du monde alentour : gaucherie d’un enfant, maladresse naturelle de ses gestes, bêlement d’un mouton qui casse subitement le sérieux de la scène, chutes et gamelles en tout genre. Par les vibrations de l’amateurisme, le texte surgit, se fait entendre. Bruno Dumont :  Il était hors de question de procéder, comme la plupart des comédies musicales, en playback. Le son direct que j’emploie dans tous mes films – sans y déroger – est un rendu absolu pour y capter toutes les pépites des ambiances naturelles et des altérations véritables de la voix dans les actions traversées. Les deux jeunes filles qui interprètent Jeanne chantent avec la maladresse de leur âge, mais elles chantent juste et avec conviction. La fraicheur de leur interprétation est convaincante même si l’influence du phrasé « RnB » gêne parfois. On pourra regretter cependant que les mélodies soient peu imaginatives et ressemblent souvent à une improvisation enfantine.

Bruno Dumont :  La découverte du burlesque a été un truc très important pour moi. Réaliser que je suis capable de faire des choses drôles et en même temps pas dénuées de profondeur. C’est-à-dire que ce n’est pas parce que c’est drôle que c’est débile. L’homme du Nord a le sens du tragique, du mystique et de la drôlerie, ce n’est pas du tout contradictoire.