L’Empreinte des sens: Perception, mémoire, langage PDF

La légende du Phénix renaissant de ses cendres est une croyance en la résurrection si empreinte dans la civilisation occidentale qu’elle est passée sur les plans symbolique et littéraire. Par métonymie, le terme désigne aussi ce que l’on croit, c’est-à-dire l’objet d’une croyance. Le concept philosophique de croyance fait partie de la théorie de la connaissance. Dans son acception minimale la croyance l’Empreinte des sens: Perception, mémoire, langage PDF un phénomène universel qui concerne certains individus, et d’une certaine manière tous les êtres vivants : pour entreprendre une action, il faut  croire  à la possibilité de sa réalisation.


Les sciences ont complètement renouvelé notre approche de la perception. Nous opposions les « impressions », les « données des sens », aux « activités supérieures » (langage, mémoire, raisonnement) : Jacques Ninio nous révèle une « raison perceptive ». Dans un style très accessible, agrémenté d’exemples et d’illustrations, il nous propose une analyse originale des recherches les plus actuelles, aux confins de la biologie et de la psychologie. Jacques Ninio, biologiste, directeur de recherche au CNRS, a développé à côté de ses travaux sur l’évolution et la reconnaissance moléculaire une approche originale de la perception et de la mémoire humaines.

Cette forme basique de croyance est l’objet d’étude de la stochastique et de la cybernétique. Cette forme ordinaire et immédiate de croyance induit bien sûr une interrogation sur ce qu’est vraiment le libre-arbitre, et pose la question de l’écart entre notre appréciation de ce qu’est une décision consciente ou inconsciente et la réalité du niveau d’action inconsciente dans nos activités habituelles. Si le plus souvent la croyance est associée au mysticisme et à la religion, elle fait constamment partie de la réalité quotidienne, dans chaque acte et geste de la vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l’image qu’il se fait de la réalité. Par exemple, croire que le relief d’une région est immuable est suffisant et nécessaire dans les contextes de la vie quotidienne, alors qu’un géologue considérera le relief sous un angle dynamique et à longue échéance. Ainsi, toute information est susceptible d’une confiance graduelle, plutôt que d’une adhésion ou d’un rejet catégorique par un individu donné.

Au-delà de la décision d’action, basée sur un ensemble de croyances aux degrés plus ou moins élevés, Ramsey pose un principe de vérité de chacune de ces croyances, dépendant du succès de ces actions. Dans cette formulation, la notion de variation des possibilités d’application de la croyance, en tant qu’élément de décision d’action vis-à-vis d’un désir, est cruciale car elle impose d’appliquer le principe de Ramsey à un ensemble de situations, et non à une situation particulière, dans lesquelles une croyance déterminée sera impliquée dans des actions dont on pourra estimer le succès. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Au niveau de l’individu, la particularité d’une croyance est qu’elle est ajustée, par celui qui y adhère, à sa propre réalité.

Elle est considérée comme vraie et projetée sur notre représentation conceptuelle de la réalité. De nouveaux liens entre les concepts seront testés. La croyance répond à un besoin qui semble s’ancrer profondément dans l’individu, et ne peut être gérée aussi librement que la notion de libre arbitre le laisserait imaginer. La croyance étant consécutive au fonctionnement d’un ensemble de schèmes qui se sont ancrés à un niveau de fonctionnement automatisé dans l’esprit, la difficulté de les faire évoluer s’explique. Tendre vers l’objectivation du réel, dans le respect de la validité épistémologique, induit la prise en compte de la subjectivité. La didactique est basée sur la foi dans le contrat didactique qui autorise la construction des savoirs par l’apprenti.

Selon Donald Winnicott, le rapport de l’individu à ses croyances est primitivement déterminé par sa relation à sa mère. Or, tout étant reconstitué dans notre esprit sous forme de concepts grâce aux informations livrées par nos sens, c’est là que prend toute l’importance des croyances qui valident ou non ces concepts et autorisent les actions en découlant. On trouve chez des penseurs arabes des interprétations très proches des interprétations actuelles. Selon Al-Ghazali, la croyance désigne ce que le cœur accepte et dont il est satisfait. Par ailleurs, la croyance pourra être relative à ce qui n’est pas réellement connu : il distingue alors l’ignorance, le doute et l’estimation personnelle ou la conviction personnelle. Ainsi Al-Ghazali préconise de ne croire que ce qui est su, même si l’on agit parfois selon ses propres estimations, sans pour autant avoir de preuve. Les religions et philosophies sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère.