L’illusion populiste : Essai sur les démagogies de l’âge démocratique PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Dans son acception générale d’aujourd’hui le mot populisme désigne une approche politique qui oppose le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques. Le sentiment d’exclusion du pouvoir, même l’illusion populiste : Essai sur les démagogies de l’âge démocratique PDF démocratiquement, est à la base de cette attitude qui touche aussi bien des sensibilités politiques de droite que de gauche.


Le populisme n’est ni une idéologie politique ni un type de régime. C’est un style politique, fondé sur le recours systématique à l’appel au peuple. C’est parce qu’il est une forme vide, remplie à sa manière par chaque leader, que le populisme peut être mis au service d’objectifs antidémocratiques non moins que d’une volonté de démocratisation. Telle est son ambiguïté : il oscille entre une orientation autoritaire et antidémocratique, illustrée naguère par le fascisme italien ou les populismes nationalistes latino-américains, et une orientation hyperdémocratique. Le populisme se reconnaît en outre à l’indétermination et au syncrétisme de ses orientations. Au rejet de la classe politique nationale il ajoute des ingrédients idéologiquement variables, à base de libéralisme économique et de nationalisme ethnique, de libre-échangisme et de protectionnisme, de xénophobie anti-immigrés et de défense  » chauvine  » de l’Etat-providence, de rejet des élites et de peurs identitaires. Le leader populiste fait un usage particulier, exclusif et systématique du principe de la souveraineté du peuple, à l’exercice duquel il réduit la vie démocratique ; pour défendre sa propre cause, il fait ostensiblement sienne la cause du peuple ; il est aussi ce tribun, guide et sauveur du peuple, qui se présente comme un homme providentiel et faiseur de miracles – ou d’avenirs radieux. L’extension planétaire des mobilisations populistes, à dominante protestataire ou identitaire, est un signe à déchiffrer et invite à un effort de définition auquel se livre Pierre-André Taguieff, à l’issue d’une enquête approfondie.

Le populisme se réfère à un peuple qu’on estime exclu du pouvoir et non écouté par la démocratie représentative jugée coupée des réalités. Ainsi, on retrouve souvent des thèmes communs au populisme et au nationalisme. Léon Lemonnier réutilise en 1929 le terme pour désigner une nouvelle école littéraire dont il a écrit le manifeste. La définition du populisme a largement varié au cours des époques, mais le terme a généralement été employé pour définir un appel aux intérêts du  peuple , la démagogie, et comme un fourre-tout politique. En démocratie, le peuple étant souverain son vote ou son opinion ne peut à proprement parler être qualifiée de populiste. Pour Vincent Coussedière, le mot appartient à la  novlangue  et est un  poncif . Le rapprochement fréquent de ce mot avec les termes  extrême droite  et  nationalisme  serait peu précis et non dénué d’ambiguïtés.

Le populisme n’est rien d’autre que l’effort des gens simples pour échapper à l’emprise croissante des experts sur l’organisation de leur vie. Cette  critique des élites capitalistes avancées  est reprise par le philosophe italien Diego Fusaro, qui forge à cette fin le concept de  globocratie . Christopher Lasch analyse la sécession des élites d’avec le mode de vie simple et rustique des gens ordinaires et le besoin des élites d’imposer des normes de vivre ensemble pour mieux s’en exempter elle-même et vivre en marge du plus grand nombre. Les élites emploient le terme de  populisme  pour dissimuler les critiques qui leur sont adressées. L’accusation de  populisme  est un paravent commode utilisé par les classes dirigeantes pour se prémunir des critiques. Cette section ne respecte pas la neutralité de point de vue. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.

Le terme de populisme est aujourd’hui surtout utilisé pour qualifier certains régimes en Amérique latine. Unis par des agriculteurs confrontés à des tarifs prohibitifs qu’un accès privilégié au domaine public avait permis aux compagnies de chemin de fer de leur imposer. Dans la foulée des nationalismes, le thème de l’émancipation du peuple a inspiré de nombreux partis politiques dits  populistes . Le populisme a depuis cette époque souvent été identifié à l’extrême droite. En effet, comme le souligne Michel Winock,  le populisme n’est pas spécifiquement d’extrême droite. Le mot désigne une confiance dans le peuple, que l’on rencontre dans les discours de Robespierre ou les écrits de Michelet. Mais le populisme a eu tendance à se localiser à l’extrême droite, avec l’ère des masses et de la démocratie parlementaire.

Hitler au pouvoir dans les années 1930, ne défend pas la race mais la culture occidentale. 1980, comme synonyme de démagogie ou d’opportunisme politique, surtout lorsqu’il s’agit de mouvements d’opposition. Selon cette universitaire en sciences politiques, la catégorie renseignerait moins sur ceux qu’elle désigne que sur ceux qui l’emploient. Dans la continuité de cette analyse, la dénonciation des tendances populistes de certains courants d’opinion peut faire l’objet de plusieurs critiques. Le rejet du populisme peut être une solution de facilité pour discréditer certaines revendications et aspirations des couches populaires. Emmanuel Todd remarquait déjà en 1998 que  le populisme est une catégorie absolument étrangère à la culture politique française. Pour Alain de Benoist,  le populisme moderne est né d’une absence d’alternative .

Jacques Julliard explique ainsi l’émergence du populisme: il existait en France, depuis la Révolution Française, une alliance entre le peuple et la bourgeoisie qui a permis à la gauche de remporter la victoire dans les urnes et d’exercer le pouvoir. Le populisme exprime donc le retour à un conservatisme du peuple désorienté, et dans le même temps une volonté de l’élite de s’émanciper et de tracer sa propre route, renvoyant les préoccupations et les revendications des couches populaires à du populisme. Jean-Claude Michéa a une opinion différente sur la question. Pour lui, le progrès a intrinsèquement des limites, et n’est pas forcément le moteur qui améliore le sort des couches populaires. De fait, il en appelle bien souvent le peuple suisse à voter contre les recommandations de vote du gouvernement.

UDC ayant une ligne économique libérale contrairement au Front National. Parti populiste social-démocrate Le Monde, 15 novembre 1992 et que l’on préfère plus récemment traduire par : Parti populaire social-démocrate Le Monde, 26 juillet 1994 . France  le non de gauche exprime principalement un non social, tandis que les partisans du non de droite considèrent à la fois les questions nationales et sociales. Dans Pierre Birnbaum, Genèse du populisme : le peuple et les gros, Paris, Hachette, coll. Jacques Julliard et Jean-Claude Michéa, La gauche et le peuple, Paris, Flammarion, coll. Franck Nouchi,  Du bon usage du mot  populiste  dans  Le Monde  , sur lemonde. Philippe Roger,  Une notion floue et polysémique , sur lemonde.