L’Invention du beau regard: Contes citadins PDF

Maître du tonnerre et de la foudre, il exerce sa puissance sur les marges de l’Égypte que sont les contrées désertiques, les zones arides et les pays étrangers à la plaine du Nil. Sa nature brutale se manifeste plus particulièrement dans un comportement sexuel agressif, tant homosexuel avec Horus qu’hétérosexuel avec de belles déesses qu’il poursuit de ses assiduités. Ce n’est qu’à partir de la Troisième Période l’Invention du beau regard: Contes citadins PDF que l’image de Seth se ternit durablement, peut-être en réaction aux prises de contrôle successives de plusieurs peuples étrangers sur le royaume d’Égypte. Seth, associé aux puissances étrangères, devient l’agent maléfique de la perte du pays.


Deux contes cruels, tels que les racontent les ambianceurs dans les rues, les bars, les gargotes et les chantiers du Cameroun. C’est d’abord l’histoire du commissaire Antoine Débonnaire Eloundou qui, après des années de service, invente tous les artifices possibles pour ne pas partir à la retraite, et plonge dans un labyrinthe de mensonges quand les crimes de son passé turbulent viennent frapper à sa porte. «Tu as gâché ma vie, et tu vas me rendre ça. Sinon je vais te tuer. Je te donne vingt-quatre heures. C’est moi Innocent.» Ce sont ensuite les péripéties de la truie de Taba dont le regard énigmatique autant que les terribles pouvoirs expliquent peut-être pourquoi le méchoui des rues de Yaoundé, encore appelé «beau regard», est si succulent. «Trop jeune, on dirait qu’il ne s’était pas encore habitué à ce creux dans le ventre, à cet enfoui dans les intestins, à cette vagabonde démence de l’esprit, à ce soudain vertige de tous les sens qui est la faim.» Deux récits où l’humour le dispute à l’ironie, puisés d’une main légère et puissante dans le langage populaire, dans l’imagination opulente et dans l’Histoire folle du Cameroun contemporain.

Dès les débuts de l’égyptologie, la morphologie générale de Seth sous sa forme entièrement animale a beaucoup intrigué les savants. De nos jours, l’oryctérope n’est attesté qu’à travers l’Afrique subsaharienne. Dans la vallée du Nil, il faut ainsi descendre dans les régions méridionales du Soudan pour en rencontrer. Il disparaît d’Égypte après cette période à cause des changements climatiques, son biotope, la savane, faisant progressivement place au désert du Sahara. Cette iconographie semble somme toute s’inspirer de l’oryctérope. Avec le temps les représentations évoluent. Si l’identification de Seth à l’oryctérope n’est pas certaine, il s’avère que dans l’Afrique contemporaine, nombre de peuples tels les Bambara ou les Tabwa l’ont intégré dans leur pensée symbolique.

Perçu comme un animal hors normes, l’oryctérope est situé à la frontière entre le village et la savane, entre le monde visible des humains et le monde souterrain des morts. Les Textes des Pyramides sont les plus anciens écrits religieux de l’Égypte antique. Toutes ces formes sont des variantes orthographiques du même nom et ne désignent en aucune manière diverses divinités. Souty tend à se généraliser à côté de la forme Setesh, plus ancienne et traditionnelle. Souty est la marque de l’affaiblissement de la consonne finale. Ce phénomène est probablement apparu en Haute-Égypte où la prononciation peut avoir été Sùt puis Sèt. Dans l’état actuel des connaissances, à l’instar d’autres divinités égyptiennes majeures, l’étymologie du nom de Seth reste incertaine.

Selon les critères scientifiques modernes, cette explication tient plus de la pseudo-étymologie. D’après l’égyptologue allemand Hermann Kees elle est néanmoins valable car elle provient des conceptions religieuses égyptiennes tardives et de mots égyptiens qui signifient  embrouiller, morceler . Ces mots recouvrent des notions désagréables et des aspects peu favorables de la réalité. D’une manière évidente, à travers la graphie, la signification de ces mots a été mise en rapport avec l’animal séthien considéré comme étant à l’origine de ces aspects néfastes. Seth est associé à deux grands mythes. La déesse du ciel Nout séparée de Geb par Shou d’après une illustration du Livre des Morts.

Dès les débuts de la civilisation égyptienne, une des épithètes les plus employées au sujet de Seth est  fils de Nout . Utilisée sans aucune autre précision, elle est connue pour être le synonyme de  Seth . Les textes n’évoquent toutefois pas d’amour ou de tendre attachement entre la mère et le fils. Le troisième jour vint au monde Typhon, non pas à terme ni par la voie commune, mais en s’élançant à travers le flanc maternel, qu’il avait ouvert et déchiré en le frappant d’un grand coup.

L’affirmation du grec Plutarque semble s’appuyer sur une très ancienne tradition égyptienne. Textes des Pyramides, le mot mesi  naissance, être né  est évité quant à l’apparition de Seth. Tu t’es pourvu de Our-hekaou, celui qui se trouve dans Ombos, Seigneur de la Haute-Égypte. On ne détachera pas à cause de toi. On ne sentira pas mauvais à cause de toi.