La Franc-Maçonnerie: Une quête philosophique et spirituelle de la connaissance PDF

Europe et qui se fonde sur l’idée d’illumination, c’est-à-dire d’une inspiration intérieure directe de la divinité ou de ce qui en émane. Il revendique une croyance affranchie de la religion révélée et reliée intérieurement à Dieu sans médiation autre que spirituelle. Il constitue le principal courant de la théosophie à partir de cette la Franc-Maçonnerie: Une quête philosophique et spirituelle de la connaissance PDF. La lumière, d’abord divine, puis sensible, déploie dans la nature les signes d’un ordre supérieur dont la connaissance relève d’ une sorte de  raison sensible .


Généralement mécomprise, souvent suspectée, parfois persécutée, la franc-maçonnerie s’enracine dans l’optimisme philanthropique des Lumières. Tout son paradoxe est qu’elle associe la révérence envers le mythe et la confiance en la raison, la conscience de la nécessité du retrait dans l’espace séparé du temple et une visée fraternelle de compréhension de l’homme et du monde.

Le retour constant des mille formes de la haine de l’autre, dont le siècle passé a été prodigue, suffirait à justifier que des esprits soucieux de concorde et de progrès se soient bâti un refuge pour élaborer une philosophie de la vie et de la civilisation, et revenir vers le monde pour le féconder.

Mais comprendre la franc-maçonnerie, qui est une entreprise de savoir, suppose avant tout qu’on utilise les armes de l’intelligence et de la raison. C’est tout le mérite de ce livre, qui en apporte plus par les clés intellectuelles et éthiques qu’il livre que maints gros volumes navigant entre description complaisante et délire inventif.

René Le Moal est rédacteur en chef d’une revue d’études philosophiques éditée par le Grand Orient de France sous l’égide de l’Institut Maçonnique de France.

Georges Lerbet est professeur honoraire des Universités.

La prémodernité maçonnique. Une modernité relative dans le monde anglo-saxon. Modernités continentales. Contretemps. Une intenable binarité. Barre de Dieu ou barre du divin ? Trois siècles de contre-modernité maçonnique continentale. L’expérience maçonnique. La symbolique maçonnique. L’expérience initiatique. De la re-connaissance de soi à la construction identitaire.

Renaissance, c’est dans le néoplatonisme tardif, la gnose et la kabbale judéo-chrétienne, en particulier allemande, qu’il puise ses modèles. Le théosophe orientaliste de la Renaissance Guillaume Postel se distingue également par l’importance de son influence sur le mouvement. Jacob Böhme, dit le  philosophe teutonique . Selon Valentin Weigel, c’est dans le monde intérieur que se réalise la véritable connaissance, qui est vision de la vérité. La connaissance issue de l’expérience du monde extérieur ne peut quant à elle rien apporter d’essentiel.

Weigel insiste sur le caractère subjectif et la nature divine de la connaissance, sur la possibilité de la transformation personnelle de l’homme par l’expérience de l’illumination, transformation qui aboutit à une régénération et à une nouvelle naissance. En réaction contre le  rationalisme mécaniste  des Lumières, l’illuminisme élève ainsi les sciences de la vie au rang d’une théosophie, en tentant à travers la  philosophie de la nature  d’élaborer une synthèse entre ésotérisme, philosophie, médecine et science. Michael Hahn, Karl von Eckartshausen, Friedrich Rudolph Salzmann sont également de grandes figures de l’illuminisme. L’illuminisme est fondamentalement une théosophie fondée sur la recherche de la vérité par une lecture conjointe de la  Nature  et de l’Écriture sainte. La structure dynamique du cosmos selon la conception théosophique de Jacob Böhme, reprise par les illuministes. Nature, où Dieu constitue à la fois la source, le point central et le point culminant de cette relation. Les illuministes mettent l’accent sur les idées de chute et de réintégration, ou apocatastase, et expriment leur nostalgie de l’état de l’homme avant la chute.

Puis, l’homme, tombé sous l’influence de Lucifer, s’est lui-même corrompu, entraînant la Nature dans sa propre chute. Dans l’état actuel des choses, l’homme garderait au tréfonds de lui-même les débris de sa destinée première et la réminiscence obscure du paradis primitif. Seul l’homme, principale cause de la chute, peut être, par la voie de l’illumination, l’agent de la réconciliation de la nature, et son sauveur. Les sciences ésotériques ou occultes auxquelles se sont consacrés les illuministes se différencient nettement du savoir intellectuel ou empirique, mais il ne l’exclut pas. Pour eux, tandis que le savoir intellectuel laisse inchangé celui qui l’acquiert, la connaissance  véritable  obtenue par les disciplines ésotériques modifie l’être même de l’individu qui la reçoit. Le cabinet de l’alchimiste, qui est aussi un philosophe à la recherche de la  vraie  connaissance. Paracelse ajoute à cette perspective un système de correspondances entre le microcosme humain et le cosmos, dont le macrocosme est la représentation symbolique.

L’alchimie établit à travers divers symboles et allégories, des relations entre l’âme humaine et la  vie  des métaux. L’alchimie est considérée par les illuministes comme la science suprême car elle révèle les lois mystérieuses selon lesquelles la nature opère ses incessantes transformations. Ce principe s’est diversifié dans le courant illuministe en de nombreux thèmes ou motifs. Rudolph Göckel et Athanasius Kircher s’étaient passionnés pour les phénomènes de nature magnétique et électrique.