La liberté de prendre des risques PDF

Richesse des nations, est le plus célèbre ouvrage d’Adam Smith. Smith y expose son analyse sur l’origine la liberté de prendre des risques PDF la prospérité récente de certains pays, comme l’Angleterre ou les Pays-Bas. Il visite également la Suisse où il rencontre Voltaire, puis Paris où son ami le philosophe David Hume l’introduit dans les plus grands salons. Après son retour en Grande-Bretagne en 1766, Smith possède un patrimoine suffisant pour lui permettre de se consacrer à son ouvrage à plein temps, et il rentre à Kirkcaldy après quelques mois passés à Londres.


La réflexion juridique actuelle à propos de la liberté de prendre des risques semble être partout et nulle part à la fois. Partout car beaucoup des grands débats juridiques de notre temps, ceux relatifs au principe de précaution, au fonctionnement des marchés financiers ou à la portée de l acceptation des risques dans le contrat et la responsabilité, portent en définitive sur la nécessaire conciliation à établir entre la liberté de prendre des risques et l exigence actuelle de sécurité. Nulle part pourtant, car la liberté de prendre des risques demeure non formulée en droit. Ni le législateur, ni les juges n emploient l expression, ni même la doctrine. Contenue jusqu à présent silencieusement dans les libertés personnelle, contractuelle ou d entreprendre, elle pourrait être appelée à sortir de l ombre à la faveur de la concentration du débat juridique autour d elle. C est en tout cas le sens de cette étude : donner au droit la mission de tracer le régime juridique de cette liberté, ses fondements, frontières, sanctions et récompenses, afin d inciter aux prises de risques nécessaires à l ordre social et de dissuader de celles excessives. Les principales conclusions qui résultent de l étude sont celles-ci. D abord, le droit doit-il protéger les individus contre eux-mêmes lorsque les risques qu ils s apprêtent à courir paraissent excessifs ? L impératif ambiant de sécurité a conduit une partie de la doctrine et de la jurisprudence à l affirmer. Il semble cependant qu ainsi pensé, le droit déborde de son lit naturel. En tant que phénomène proprement social, il est étranger au rapport de soi à soi et cantonné au rapport de soi aux autres. L altérité est la condition d existence du droit. Par ailleurs, jusqu où doit-il protéger contre autrui les vulnérables qui prennent des risques ? La créance de renseignement, de mise en garde ou de conseil sur le risque accordée à la catégorie des profanes, conduit parfois la doctrine ou les juges à y puiser un devoir de ne pas contracter à la charge du débiteur de l obligation d information. Or il faut rétablir la nature de cette obligation. Elle n oblige à rien d autre qu informer. Une fois exécutée, son bénéficiaire, s il décide néanmoins de courir le risque, ne peut plus se retourner contre son cocontractant. Il doit assumer les risques acceptés. Enfin, comment protéger tout le monde des risques systémiques et quelle place exacte donner au principe de précaution ? Le devoir de précaution connaît encore un régime juridique flou et une place mal définie. L analyse révèle qu il est techniquement, plutôt qu un principe, une exception à la liberté. Trois conséquences s en évincent et forment le régime de l exception de précaution : elle est d interprétation stricte, la preuve est à la charge de celui qui l invoque, elle est soumise à l exigence de proportionnalité.

La rédaction reste très lente, entre autres en raison des ennuis de santé de Smith. En 1773, Smith s’installe à Londres pour terminer son manuscrit et trouver un éditeur. Il faut encore trois ans pour que la Richesse des nations soit publiée, en mars 1776. Smith souhaitait dédier son livre à François Quesnay, mais la mort de ce dernier en 1774 l’en empêche. En ce sens, l’ouvrage est une synthèse des sujets les plus importants d’économie politique, une synthèse audacieuse qui va bien au-delà de toute autre analyse contemporaine. S’il utilise un ton résolument optimiste au sujet de la croissance économique, il met aussi en garde contre le risque d’aliénation que peut susciter la division du travail.

Il ne fait pas du travail le seul facteur de production, mais marque son importance dès le début de l’ouvrage, ce qui le distingue d’emblée des physiocrates et des mercantilistes. Mais l’homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c’est en vain qu’il l’attendrait de leur seule bienveillance. Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Si l’intérêt personnel tient une place importante dans la Richesse des nations, c’est aussi parce que Smith n’y analyse que le seul aspect économique de la relation de l’homme à la société. Smith montre ensuite qu’une certaine accumulation de capital est nécessaire à la mise en place de la division du travail, et que la seule limite à celle-ci est la taille du marché. Le progrès vient ainsi de la division accrue du travail, qui vient elle-même d’un penchant naturel de l’homme.

L’individu devient alors incapable de former un jugement moral, tel qu’il est décrit dans la Théorie des sentiments moraux. Pour empêcher cet état, Smith recommande une intervention du gouvernement, qui doit prendre en charge l’éducation de la population. La possibilité d’échanger des biens entre eux, ou contre de la monnaie, fait à son tour apparaître la notion de valeur. La valeur du travail est invariante :  Des quantités égales de travail doivent être, dans tous les temps et dans tous les lieux, d’une valeur égale pour le travailleur.

Pour Smith, la monnaie n’est donc pas la valeur en soi, et l’accumulation de monnaie est sans intérêt économique pour un pays. La monnaie est toutefois le moyen de mesure pratique de la valeur des transactions, ainsi que le moyen d’échange de cette valeur. Smith distingue également trois secteurs d’activité : l’agriculture, la manufacture, et le commerce. Les distinctions entre les facteurs de production, et la forme que leur rémunération prend pour les différentes classes sociales, occupent l’essentiel du livre I de la Richesse des nations. Les salaires sont la compensation directe du travail, c’est-à-dire la location de la capacité productive du travailleur. Le profit est ainsi la récompense d’un risque et d’un effort. Elle est payée par les fermiers aux propriétaires en contrepartie du droit d’exploiter la terre, qui est une ressource rare et productive.

Elle ne requiert aucun effort de la part des propriétaires. Différents types de biens font intervenir ces éléments dans des proportions différentes, et ont des prix différents. Le prix naturel d’un bien doit être suffisant pour payer la rente, le travail, et le profit qui ont été nécessaires à sa fabrication. Le prix de marché peut être plus ou moins élevé que ce prix naturel, en fonction de l’offre et de la demande, mais il fluctue autour de celui-ci, du fait de la concurrence.

Dans certains cas, cependant, un monopole peut avoir été accordé à un individu ou une compagnie. En ne répondant jamais à la demande effective, le monopolisateur peut constamment vendre au-dessus du prix naturel, et donc obtenir un bénéfice supérieur au taux naturel. La part des trois éléments d’un prix varie avec les circonstances. Les maîtres ont souvent l’avantage dans ce conflit. Cependant, il existe un salaire minimum de facto : le salaire de subsistance, qui permet à peine à un salarié d’élever sa famille.