La naissance de la tragédie PDF

Friedrich Nietzsche, qu’il publia en 1872 à l’âge de 28 ans. L’ouvrage développe la thèse selon laquelle deux grandes forces opposées gouvernent l’la naissance de la tragédie PDF : le dionysiaque et l’apollinien. Nous aurons beaucoup fait pour la science esthétique, quand nous en serons arrivé non seulement à l’observation logique, mais encore à la certitude immédiate de cette prise de position selon laquelle le développement de l’art est lié à la dualité du dionysien et de l’apollinien : de la même manière que la dualité des sexes engendre la vie au milieu de luttes continuelles et par des rapprochements seulement périodiques.


Publié en 1872, cet essai analyse les processus de création selon deux voies explorées par les Grecs, l’apollinien et le dionysiaque. D’un côté le monde imaginaire et idéal, où la beauté des formes conduit à une perception de l’immuable, de l’autre la folie destructrice, qui entretient un lien intime avec l’acte créateur.

Toutefois, les matériaux utilisés remontent plus loin, car les réflexions de Nietzsche sur le théâtre et la musique se retrouvent dans les fragments posthumes de 1869. L’œuvre fait l’objet d’un premier essai de rédaction en février 1871 et d’un second en mars de la même année. Les derniers chapitres sont ajoutés vers novembre et décembre de la même année. Le texte final est composé d’une dédicace à Richard Wagner et de 25 chapitres.

Nietzsche dans La Naissance de la tragédie sont disposés de manière concentrique : au centre se trouve l’individualité de l’homme, son existence séparée, qui est une illusion apollinienne. Cette illusion est dévoilée dans la tragédie, où se trouvent liées les forces esthétiques apollinienne et dionysiaque. Par la tragédie, l’individu se trouve face à la pensée tragique qui est au cœur de son existence. Pour Nietzsche, c’est à partir de la musique que la tragédie prend sa source et se comprend vraiment.

Reprenant l’idée de Schopenhauer selon laquelle la musique est une affirmation de la vie, une expression d’un vouloir vivre universel et primitif, l’auteur fait naître l’art dramatique à partir des chants primaires en l’honneur de Dionysos. Le chant du chœur est le socle de la tragédie, il est une somme d’individus ne faisant qu’un et chantant la plénitude. Dionysos, puis les héros et autres dieux présents dans les poèmes homériques. Cette conception du théâtre antique permet à Nietzsche d’aborder ensuite un thème qui lui restera cher : la pensée tragique. On pourrait concevoir l’esprit tragique comme une acceptation du monde tel qu’il est dans sa présence immédiate et sa rugosité, sans espoir d’un  au-delà . Il est jouissance des plaisirs de la terre autant qu’acceptation des maux qui les accompagnent : les drames de la vie de l’individu sont vécus avec humilité et stoïcisme.

Rien ne sert de chercher un idéal, une condition de vie parfaite qui se poserait en modèle, il faut recevoir la vie dans sa plénitude tel l’animal. Pour Nietzsche, Euripide est le premier responsable de la mort de la philosophie tragique car il est le premier à rompre le pessimisme, ce sentiment qui n’était autre qu’un respect fondamental envers cet étourdissement causé par les mystères et les douleurs du monde. C’est précisément dans cette remarque que l’œuvre de Nietzsche dépasse totalement le simple champ de l’esthétique puisque Euripide est à la tragédie ce que Socrate est à la philosophie : un révolutionnaire répandant des idées modernes. Critique de la réalité dans sa simple apparence sensible et esthétique, Socrate est l’empoisonneur de la philosophie et de la vie tragique. La thèse principale du livre est que l’art repose sur deux notions fondamentales que la Grèce de l’époque archaïque et de l’époque classique, c’est-à-dire la Grèce pré-socratique, a su mêler avec le plus de génie. Apollon représente le rêve, l’interprétation, l’oracle, le dédoublement du monde, le don du sens, la canalisation et la mise en forme des forces naturelles. Apollon, dieu séduisant, est pour Nietzsche un dieu du regard, de la vision et de L’apparence : au lieu de la souffrance, il nous montre un monde beau, celui des Dieux Olympiens.