La paix blanche : Introduction à l’ethnocide PDF

Arrivée de Christophe Colomb sur l’île d’Hispaniola le 12 octobre la paix blanche : Introduction à l’ethnocide PDF. La ville de Saint-Domingue en 1671.


On a beaucoup parlé des massacres d’Indiens. Ces formes de génocide indignent justement. Mais les politiques vertueuses d' » acculturation progressive  » ou de regroupement des populations indigènes reviennent à fermer les yeux sur la cause profonde du mal : l’ethnocide, la destruction de civilisations vivantes. La nôtre ne s’est pas contentée de voler la terre : elle entend soumettre. Là où elle est lasse de massacrer, elle décide de  » civiliser « . On ne liquide plus, on assimile. Vaincu, le  » sauvage  » doit aussi – pour son bien – renoncer à sa culture et à son identité. Partant de son expérience d’ethnologue – notamment chez les indiens Motilones, à la frontière du Venezuela et de la Colombie – Robert Jaulin donne ici des images très concrètes de ce processus de négation culturelle et de ses conséquences. Ce livre, cependant, est bien davantage qu’une mise en accusation des responsables locaux de l’ethnocide : compagnies étrangères, petits colons, missions, etc. Il est le procès de cette  » paix blanche  » dont la loi et l’ordre reposent sur la prétention de notre civilisation à être toute civilisation.
Au service de cette prétention ne trouve-t-on pas, dans certaines de ses tendances néo-coloniales, l’ethnologie elle-même ?

Propagande politique en faveur de Trujillo en 1955. La République dominicaine occupe les deux-tiers de l’est de l’île d’Hispaniola, dans les Grandes Antilles. Le tiers occidental de l’île appartient à Haïti. Christophe Colomb découvre l’île le 5 décembre 1492 lors de son premier voyage vers les Amériques et y établit la première colonie espagnole.

La France établit à son tour une colonie de l’autre côté de l’île. République dominicaine côté espagnol et la République d’Haïti côté français se livreront bataille durant de longues décennies. La République dominicaine prend officiellement son indépendance le 27 février 1844 mais l’Histoire du pays depuis lors est marquée par une grande instabilité politique et des interventions étrangères notamment de la part des États-Unis. Des vagues successives des migrations de migrants Arawaks, venant du delta d’Orénoque en Amérique du Sud, colonisent les îles des Caraïbes. Avant l’arrivée des Conquistadors, l’île, qui s’appelait à l’époque Quisqueya, était occupée par des tribus de pêcheurs et d’agriculteurs.

Leur répartition géographique est aujourd’hui pratiquement impossible à déterminer du fait que ces tribus étaient très mobiles d’une part et qu’elles furent décimées très rapidement après l’arrivée des Européens, d’autre part. Très peu de preuves attestent encore de leur existence. En 1492, l’île comptait cinq caciquats : Marién, Maguá, Maguana, Jaragua et Higüey qui étaient gouvernés par cinq caciques respectivement : Guacanagarix, Guarionex, Caonabo, Bohechío et Cayacoa. Ancienne carte Hispaniola et Puerto Rico, autour de 1639.

Les cinq caciquats de l’île d’Hispaniola en 1492. Les Amérindiens l’accueillent comme s’il était un dieu. Le système égalitaire des taïnos fait alors face à la société féodale européenne. Les Européens croient alors que les taïnos sont faibles et les traitent avec violence. Colomb conclut un alliance forte avec Guacanagarix, qui était un chef puissant de l’île. Après le naufrage de la Santa María la nuit de Noël, il décide de construire une petite forteresse qui appelle justement  La Nativité  avec une garnison d’hommes qui pourront l’aider à revendiquer cette possession.