La perversion dans l’art et la littérature PDF

C’est un sentiment violent inspiré des passions, particulièrement de l’orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance et la modération. On en trouve deux exemples bien connus : les deux discours de Démosthène, Contre Midias et la perversion dans l’art et la littérature PDF Contre Conon.


Quelle est la place des racines perverses dans toute création ? Quel reflet la perversité de certains artistes trouve-t-elle dans leur œuvre ? Peut-on parler d’un « style pervers », voire de courants artistiques pervers ? Cet ouvrage s’attache à étudier les composantes perverses dans la création artistique et littéraire : des grandes figures littéraires de séducteurs – Don Juan, Julien Sorel, Bel-Ami… -, en passant par les œuvres d’Oscar Wilde ou de Picasso, jusqu’à des mouvements provocateurs plus actuels tels que le body-art. À travers ces diverses illustrations, les auteurs de l’ouvrage n’ont d’autre but que celui de jeter des ponts entre le champ du fonctionnement psychique et celui du travail de création. Les créateurs étudiés ici sont toujours exemplaires d’une mouvance, d’une forme d’expression psychologique. L’œuvre d’art intéresse le psychanalyste depuis les premiers travaux de Freud. Il reconnaissait, chez l’artiste, une capacité « exquise » à parler des difficultés et des drames humains au point que les trouvailles des artistes ont parfois précédé les siennes. En proposant que la sublimation se fonde sur le plus sordide et déviant chez chacun, il fait également preuve d’audace. Cet ouvrage démontre à quel point des artistes, provocateurs, dérangeants, se sont faits les précurseurs du changement social. Écrit sur un ton alerte et direct offrant la variété de styles propres à chaque auteur, ce livre passionnant confirme que l’art et la littérature sont une source toujours renouvelée de découvertes.

C’est la tentation de démesure ou de folie imprudente des hommes, tentés de rivaliser avec les dieux. Cela vaut en général de terribles punitions de la part de ces derniers. Dans la mythologie grecque, Hybris est une divinité allégorique personnifiant l’hybris. La religion grecque antique ignore la notion de péché tel que le conçoit le christianisme. Il n’en reste pas moins que l’hybris constitue la faute fondamentale dans cette civilisation. Les anciens concevaient en effet le destin en termes de partition.

Or, l’homme qui commet l’hybris est coupable de vouloir plus que la part qui lui est attribuée par la partition destinale. La démesure désigne le fait de désirer plus que ce que la juste mesure du destin nous a attribué. Le châtiment de l’hybris, par les dieux, est la némésis, qui fait se rétracter l’individu à l’intérieur des limites qu’il a franchies. Si l’hybris est donc le mouvement fautif de dépassement de la limite, la némésis désigne le mouvement inverse de la rétractation vengeresse.

La mythologie regorge de récits mettant en scène un personnage puni pour son hybris envers les dieux : Tantale, Minos, Atrée, etc. En effet, l’outrage c’est le fait de maltraiter et d’affliger à propos de circonstances qui causent de la honte à celui qui en est l’objet, et cela dans le but non pas de se procurer autre chose que ce résultat, mais d’y trouver une jouissance. Ceux qui usent de représailles ne font pas acte d’outrage, mais acte de vengeance. La cause du plaisir qu’éprouvent ceux qui outragent, c’est qu’ils croient se donner un avantage de plus sur ceux auxquels ils font du tort.

Voilà pour quoi les jeunes gens et les gens riches sont portés à l’insolence. Ils pensent que leurs insultes leur procurent une supériorité. L’homme doit rester conscient de sa place dans l’univers, c’est-à-dire à la fois de son rang social dans une société hiérarchisée et de sa mortalité face aux dieux immortels. Jean-Pierre Vernant, Mythe et pensée chez les Grecs, Paris, La Découverte, 2008, chap. Synonyme aussi de part, sort, lot ou portion.