LA REPUBLIQUE DE WEIMAR. Années de crise de la modernité PDF

Il est rattaché à l’école de Francfort. Il a notamment traduit Balzac, Baudelaire et Proust. LA REPUBLIQUE DE WEIMAR. Années de crise de la modernité PDF pensée a largement été redécouverte, explorée et commentée à partir des années 1950, avec la publication de nombreux textes inédits et de sa correspondance.


Son père était d’abord banquier à Paris, puis antiquaire et marchand d’art à Berlin : son fils héritera de son goût pour la collection. Pour des raisons de santé, il effectue de 1904 à 1907 un séjour à la campagne. Après le baccalauréat, en 1912, Walter Benjamin commence des études de philosophie, de philologie allemande ainsi que d’histoire de l’art à l’université de Fribourg-en-Brisgau, puis il voyage en Italie — qui est le point de destination traditionnel des bacheliers allemands. En 1914, il devient président des  Freien Studentenschaften  puis, en raison de désaccords, se retire des activités du groupe, y compris de la revue Der Anfang.

Le suicide d’un couple d’amis le marque profondément. Walter Benjamin lui écrit pour lui signifier son désaccord et rompt définitivement avec lui. Il s’inscrit ensuite à l’université de Munich, où il rencontre Rainer Maria Rilke et Gershom Scholem, sans doute son premier véritable ami. Afin de terminer au mieux ses études, il part en Suisse et s’inscrit à l’université de Berne en septembre 1917. Il commence une thèse sur la critique d’art à l’époque romantique.

Durant cette période suisse, il retrouve Gershom Sholem, également étudiant à Berne : ils sont très proches. Sholem tente de raccrocher Benjamin à la mystique juive, au sionisme progressiste, mais celui-ci n’est passionné que par les romantiques et les poètes allemands. En 1919, Benjamin rencontre Ernst Bloch à Berne, également proche des dadaïstes, qui avaient fui l’Allemagne contaminée par un esprit prussien qu’il dénonçait. En 1920, incapable de subvenir aux besoins de sa femme et de son fils, il déménage à Berlin, et emménage avec eux chez ses propres parents. En 1921, il se sépare de son épouse, et vit entre Heidelberg et Berlin. Il rencontre Klee mais aussi Kandinsky, professeurs au Bauhaus à Weimar et se montre fasciné par la nouvelle architecture et le courant de la Nouvelle Objectivité. En 1922, il s’efforce d’obtenir une habilitation lui permettant d’enseigner à l’université de Heidelberg : son diplôme bernois n’est pas reconnu par l’institution allemande.

En 1923, il échoue de nouveau dans sa tentative d’être habilité à l’université. Sort ensuite son deuxième essai, qui porte sur Charles Baudelaire et ses tableaux parisiens : ce travail l’avait conduit à Paris, une ville dont il tombe amoureux. Carl Grünberg : ce lieu est l’antichambre de la future école de Francfort, avec laquelle Benjamin va collaborer jusqu’à la fin de ses jours. Bientôt, c’est avec la photographe Germaine Krull qu’il se lie d’amitié. Cependant, le père de Benjamin a de gros problèmes financiers durant cette période d’hyperinflation, compromettant l’aide qu’il lui fournit. Walter produit des critiques d’art, mais ce sont surtout les travaux de traduction d’écrivains français qui lui permettent de vivre durant cette période. En 1924, il effectue en même temps qu’Ernst Bloch un séjour à Capri.

En 1926, il séjourne en France, à Paris et dans le Var, ainsi qu’à Monaco. 1926, il fait un passage à Berlin, revient en France, puis part faire un séjour à Moscou. Durant cette période, il collectionne des livres, des objets du quotidien, des réclames. Quand il rentre en Allemagne, il veut fonder une première revue qui échouera, faute de temps ou d’argent. Elle devait s’appeler Angelus novus en hommage au tableau de Klee. En 1927 il effectue un nouveau séjour à Paris, durant lequel il termine la traduction d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Tandis que les conséquences dramatiques de la crise de 1929 s’abattent sur l’Allemagne en 1930-1931, Walter Benjamin éprouve de nouveau le besoin de s’éloigner de son pays.

Il part s’installer à Ibiza, d’abord d’avril à juin 1932, puis de mars à septembre 1933. Là, il poursuit la rédaction de son récit d’enfance. Nous sommes partis de bon matin à cinq heures avec un pêcheur de langoustes et l’on a commencé par rôder trois heures sur la mer, où nous avons tout appris de l’art d’attraper les langoustes. Puis on nous déposa dans une crique inconnue. Alors que Benjamin a quarante ans, la situation politique de son pays l’épouvante et il rédige alors son testament.

Adorno est renvoyé de l’université de Francfort. Walter Benjamin pour la Bibliothèque nationale. Plaque commémorative au 10 rue Dombasle, Paris 15e, où Walter Benjamin vécut de 1938 à 1940. Son séjour commence par un discours auprès de la Ligue des droits de l’homme à Paris. En 1937, Adorno et son épouse finissent par s’installer à New York.

La dernière fois que Benjamin voit Brecht, dont il aimait la poésie, c’est en juillet-octobre 1938, lors d’une dernière visite au Danemark. Peu avant l’entrée en guerre de la France en septembre 1939, il espère quitter l’Europe pour les États-Unis et cherche à vendre son tableau de Paul Klee afin de financer son voyage. Il transmet par la poste aux époux Adorno le manuscrit d’Enfance berlinoise vers 1900. Ses démarches de naturalisation française n’aboutissent pas. Le cénotaphe de Walter Benjamin à Portbou.