La Santé de l’Etat, c’est la guerre PDF

La prison de la Santé, photographiée depuis un étage élevé de l’hôtel Marriott Rive Gauche. En 1861, l’architecte Joseph Auguste Émile Vaudremer, dont ce fut la première commande publique d’envergure, se voit confier le soin d’élaborer les plans d’une nouvelle prison qui s’élèvera sur le la Santé de l’Etat, c’est la guerre PDF d’un ancien  marché aux Charbons .


En 1918, au cours de la dernière année de la Grande Guerre – qui est aussi la dernière année de sa courte vie –, l’essayiste américain Randolph Bourne (1886-1918) rédige ce premier chapitre d’un ouvrage inachevé consacré à l’État.

Pour Bourne, l’État se justifie pleinement dans la guerre; elle est sa vocation. Par le jeu de la diplomatie secrète, il la prépare en dehors de toute consultation populaire et la justifie après coup en s’appuyant sur des arguments moraux. Surtout, il l’invoque pour anéantir toute contestation à l’intérieur et rétablir une discipline sociale reposant au besoin sur des lois d’exception.

Jean Bricmont est physicien et professeur à l’université catholique de Louvain. Il milite en faveur d’une politique de non ingérence et a notamment publié Impérialisme . Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort? (Aden, 2005) et, avec Noam Chomsky, Raison contre pouvoir (L’Herne, 2010).

Cet essai est suivi d’un appel du Front syndical de classe intitulé, « À l’international aussi, les « chiens de garde » sont à l’oeuvre » et paru sur le site frontsyndical-classe.org, le 12 février 2012.

La décision de construire cette prison est prise à cause de la nécessité de démolir la prison des Madelonnettes, trop exiguë et située sur le tracé de la future rue Turbigo. 500 cellules, portées à 1 000 à la suite de la fermeture de la prison parisienne de la Grande Roquette en 1900. Elles font 4 mètres de long, 2,5 de large et 3 de hauteur. On compta jusqu’à 2 000 détenus, répartis en quatorze divisions. Une des particularités de la Santé est que, jusqu’en 2000, les personnes détenues étaient réparties par origine géographique et ethnique à l’intérieur de la prison. Ces blocs ont récemment fait l’objet d’une rénovation d’ampleur. La prison de la Santé est aujourd’hui la dernière prison intra-muros de Paris.

Entrée principale de la prison au 42, rue de la Santé. Façade nord de la prison de la Santé, photographiée depuis le boulevard Arago. Le 21 juillet 2014, la prison de la Santé ferme ses portes pour des travaux de rénovation qui dureront jusqu’en 2019, pour un coût estimé à 800 millions d’euros. Le quartier bas bâti autour du panoptique sera entièrement réhabilité. L’emprisonnement des  personnalités  condamnées est également une des spécificités de la Santé. Le quartier où ces personnes sont affectées est appelé le  quartier des particuliers  par l’administration pénitentiaire ou souvent  quartier VIP  par les médias.