La Vie Politique en France depuis 1789 PDF

De manière générale, les prostituées ne sont pas marginalisées, mais intégrées dans une société la Vie Politique en France depuis 1789 PDF elles ont leur rôle à jouer. Dans les fabliaux, parfois égrillards, du Moyen Âge, les prostituées se font complices d’autres femmes et les aident à se venger des prétendus séducteurs.


Sous Philippe-Auguste, une milice irrégulière, les Ribauds, est instituée vers 1189, à qui on confie la police des filles publiques à Paris. Louis IX essaie dans un premier temps d’interdire la prostitution par une ordonnance de décembre 1254. Seulement, face à l’impossibilité d’appliquer ce décret, une seconde ordonnance de 1256 va faire jurisprudence en Europe pour réglementer la prostitution: les « ribaudes » sont reléguées hors des murs de la cité et loin des cimetières, des églises, des lieux saints et des lieux de rassemblement. Filles de joie arrêtées et tondues à la suite de l’ordonnance de police de 1778, estampe de Jean-Baptiste Huet.

France : les étuves et autres bains sont fermés, les maisons publiques deviennent privées, l’activité des prostituées est de plus en plus encadrée, l’emprisonnement ou le bannissement frappent celles qui ne respectent pas les nouveaux interdits. Même si beaucoup de ces mesures sont assez vite oubliées ou pas du tout appliquées et si le nombre de prostituées ne diminue pas, il y a des nouveautés. La mort de Louis XIV interrompt la répression : avec Louis XV, la licence revient en force à la Cour et la police des mœurs se borne à encadrer les bordels et surtout, à transformer les tenanciers et maquerelles en auxiliaires de police. Tous les mois, trois ou quatre cents femmes sont arrêtées à Paris.

Ancien Régime, les révolutionnaires évacuent la prostitution du domaine de la Loi, en se refusant à faire de celle-ci matière à législation. Paris intra-muros une population de plus de 100 000 prostituées. Dépénalisée sous la Révolution française, la prostitution n’est pas pour autant reconnue et acceptée par la société française. A Paris, au nom de la conservation de l’ordre public, la police continue d’arrêter les femmes se prostituant sur la voie publique. L’arrêté du 3 mars 1802 légifère sur la visite sanitaire obligatoire des filles publiques pour endiguer l’épidémie de syphilis de l’époque. L’année 1804 voit ainsi la légalisation de la tolérance et de la maison close.

Les filles et les maisons sont contrôlées par la Brigade des mœurs. Les filles doivent s’inscrire à la préfecture, puis, ensuite, peuvent s’inscrire dans une maison. Les filles de rue sont alors dites  en carte  et celles des maisons closes sont dites  à numéro . Les prostituées qui sont reconnues par l’État sont dites  soumises  par opposition aux clandestines, les  insoumises  qui sont punies. La IIIe République est l’âge d’or des maisons closes qui font partie intégrante de la vie sociale. L’État, et notamment le fisc profitait de ce commerce en prélevant 50 à 60 pour cent sur les bénéfices. La prostituée, quant à elle, est réduite à un statut de sous-citoyenne soumise à des règlements dont l’application est laissée quasiment à l’appréciation discrétionnaire de fonctionnaires de police corrompus.