La Vierge en bleu PDF

Vermeer, Johannes – Woman reading a letter – ca. Une femme à la toilette : une vanité ? Le tableau, non signé ni daté, représente, dans un intérieur domestique, une jeune femme en veste bleue absorbée dans la lecture d’une lettre qu’elle tient des deux mains. Dans la Vierge en bleu PDF’angle inférieur droit se trouve une chaise, coupée par le cadre au niveau des pieds et du dossier : légèrement de biais par rapport à l’axe horizontal, elle semble bloquer l’entrée latérale.


Récemment arrivée des États-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province dans le sud-ouest de la France. S’y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants, qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d’imaginer que cette quête va bouleverser sa vie. Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée « La Rousse » en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu’elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l’enfant qu’elle porte ne lui laisse d’autre choix que d’entrer dans l’intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme. Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.
Premier roman de l’auteur de La jeune fille à la perle, La Vierge en bleu livre l’histoire tragique et foisonnante des Tournier, sur fond de guerre de religion.

Son assise est recouverte de tissu bleu, et clouée de clous dorés aux têtes alternant deux diamètres différents, qui accrochent la lumière en des points jaune clair. Le seul montant visible est surmonté d’une sculpture en bois, tournée vers l’intérieur. L’angle inférieur gauche est occupé, dans l’ombre d’un contre-jour, par un bout de table coupé par le cadre, recouvert d’une nappe bleue. La jeune femme est debout, au centre exact de la toile, derrière le fond de la table. Coupée à la hauteur des mollets, de profil, elle est saisie dans une position stable, immobile, et matérialise une verticale qui s’impose immédiatement au regard.

Elle est vêtue d’une ample robe de couleur ocre, faisant de larges plis tubulaires verticaux, attachée vraisemblablement au-dessus du ventre, ce qui donne l’impression d’une taille extrêmement généreuse. La manche gauche, la seule visible dans cette pose de profil, s’arrête en dessous du coude, où elle est nouée de rubans bleus et ocre. La veste est également nouée de rubans bleus et ocre en son milieu. Le bas de la veste laisse supposer une doublure ocre, également. Sous cette veste, elle porte une chemise blanche, que le col laisse entrevoir.

Elle tient des deux mains, les coudes au corps, une lettre, au niveau de la poitrine. La pliure supérieure de la feuille de papier accroche la lumière dans un blanc éclatant qui se détache sur l’ocre de la carte qui orne le mur à l’arrière-plan. Le dos légèrement voûté, la tête penchée vers la lettre, la bouche entrouverte, les paupières mi-closes : tout dans son attitude montre qu’elle est absorbée dans sa lecture, que rien ne vient perturber. Le tableau matérialise un espace de très peu de profondeur, et le mur du fond, blanc, semble très proche du spectateur de la toile.

Outre la chaise au fond à gauche poussée juste devant le mur, l’arrière-plan est occupé, dans la partie supérieure droite, par une large carte géographique accrochée au mur, en grande partie coupée par le cadre, à droite comme en haut. Hollande et de la Frise-Occidentale réalisée par Balthasar Florisz van Berkenrode en 1620 et imprimée l’année suivante par Willem Janszoon Blaeu. La source lumineuse principale provient d’en haut à gauche, comme dans beaucoup d’autres scènes d’intérieur du peintre. Mais, à la différence des toiles qui représentent une encoignure, et la ou les fenêtres sur le mur latéral, La Femme en bleu lisant une lettre ne fait que suggérer la présence d’une fenêtre par des effets lumineux.

L’angle supérieur gauche, en effet, est d’un blanc beaucoup plus éclatant que le reste du mur. La lumière frappe également le front de la jeune femme, ainsi que le rebord replié de la lettre, dont le blanc se détache sur l’ocre de la large bordure gauche de la carte géographique. Il reste néanmoins tout à fait remarquable qu’aucune représentation directe de l’extérieur ne soit présente sur cette toile, qui coupe à droite comme à gauche le mur du fond de la pièce. Arthur Wheelock,  il est difficile de comprendre comme il atteint . La palette de Vermeer, et notamment sa prédilection pour le bleu outremer, rend ses œuvres tout à fait reconnaissables.

Ainsi, connais-tu un peintre nommé Vermeer qui, par exemple, a peint une dame hollandaise très belle, enceinte. La palette de cet étrange peintre est : bleu, jaune citron, gris perle, noir, blanc. De fait, le tableau se distingue par un envahissement exceptionnel de la couleur bleue : pour le dossier des deux chaises, pour la nappe recouvrant la table, pour la veste de satin de la jeune femme. Vermeer, qu’il émet l’hypothèse d’un vieillissement, par oxydation du jaune, de certains verts originels, qui auraient bleui la toile. Le profil de la jeune femme vient d’ailleurs comme s’encastrer dans la carte : si la couleur bleue de sa veste tranche avec le fond, sa tête cependant forme un jeu d’échos quasi monochromes avec la carte.