Le Ballet de cour de Louis XIV: 1643-1672 – mises en scènes PDF

Bajazet est une le Ballet de cour de Louis XIV: 1643-1672 – mises en scènes PDF en cinq actes et en vers de Jean Racine. Elle est représentée pour la première fois en janvier 1672 au théâtre de l’Hôtel de Bourgogne et publiée la même année.


Miroir d’une société galante et fantasque, le ballet de cour est porté à son apogée en France par Louis XIV. Triomphant de sujets rebelles et d’ennemis héréditaires, le plus illustre des danseurs satisfait ici son penchant inné, ses donc et assure de façon métaphorique son prestige de Roi Soleil. De 1643 à 1672, date à laquelle il laisse place à la tragédie en musique ornée de ballets, ce genre hybride connaît une remarquable évolution. Toujours onirique, issu de la fantaisie juvénile et baroque, il cède à la préciosité romanesque puis au faste mythologique en accord avec une société dont il reflète goûts et aspirations secrètes. A partir de sources originales manuscrites, imprimées et iconographiques méthodiquement explorées, cet ouvrage fait revivre un art complexe en le situant dans le contexte de représentations souvent publiques et festives, de théories, traités, événements contemporains. Tout en évoquant incidences politiques, livrets, musiques et principaux artisans de ce spectacle fondé sur le réel transfiguré, le merveilleux, il analyse sa thématique et diverses de ses composantes généralement méconnues : danse de plus en plus codifiée, chorégraphie et appareil (scénographie, décors et machines, costumes, masques et accessoires de scène). Ainsi met-il en lumière l’apport novateur, l’originalité et la liberté de ce singulier artefact. Largement revue et mise à jour, cette nouvelle édition d’un ouvrage paru en 1967 s’enrichit de références et d’illustrations, de tableaux détaillant la distribution de sept ballets de facture exemplaire qui révèlent le nombre et la variété des rôles tenus par les danseurs et danseuses amateurs ou professionnels.

Avec Bajazet, Racine réactive la veine des pièces françaises à sujet turc et s’éloigne radicalement de l’esthétique moins sanglante de sa tragédie précédente, Bérénice, quoique les deux pièces mettent en scène le même conflit entre le pouvoir politique et les passions amoureuses. Madame de Sévigné, dans l’atmosphère cloîtrée du sérail de Mourad IV, sultan ottoman de 1623 à 1640 et évoqué sous le nom d’Amurat dans la pièce. Lorsque la pièce est montée en 1672, Racine s’est déjà construit une solide réputation. Sa troisième tragédie, Andromaque, a connu un grand succès auprès de la cour à peine cinq ans plus tôt, en novembre 1667. Pour répondre à ses détracteurs, il décide d’emprunter une nouvelle voie.

Racine a jusqu’ici puisé tous ses sujets de tragédie dans l’Antiquité — romaine dans Britannicus et Bérénice, grecque dans les autres. L’éloignement des pays répare en quelque sorte la trop grande proximité des temps, car le peuple ne met guère de différence entre ce qui est, si j’ose ainsi parler, à mille ans de lui, et ce qui en est à mille lieues. C’est ce qui fait, par exemple, que les personnages turcs, quelque modernes qu’ils soient, ont de la dignité sur notre théâtre. On les regarde de bonne heure comme anciens. Pour compléter son argumentation, Racine convoque le souvenir d’Eschyle et de ses Perses, tragédie de 472 av.

Quinze mois avant la création de la pièce, Le Bourgeois gentilhomme de Molière, servi par une musique de Lully, a lui aussi cédé à la mode turque avec la cérémonie burlesque organisée pour tromper Monsieur Jourdain. Louis XIV aurait souhaité tirer vengeance de ce comportement en faisant moquer les Turcs dans la comédie-ballet du Bourgeois gentilhomme, mais aussi, selon Jean-François Solnon, dans la tragédie de Racine. Roxane, sultane, favorite du sultan Amurat. Orcan, l’envoyé du sultan d’origine africaine, qui n’intervient qu’en coulisse. Son nom revient à huit reprises dans les trois derniers actes. Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains.

Les autres noms sont de l’invention du dramaturge ou ont été empruntés à d’autres figures de l’Empire ottoman, tel Orcan, nom d’un autre frère du sultan Mourad. Acomat songe à profiter de cet échec pour encourager les janissaires à se révolter et à remplacer le sultan par son frère Bajazet. Il a déjà refusé d’obéir à un ordre adressé par Amurat de faire exécuter ce frère. Bajazet résiste à la proposition de mariage de Roxane, malgré la menace qui plane sur lui. Le grand vizir Acomat tente de le persuader d’accepter, en vain.

Il demande alors à la princesse Atalide, amoureuse de Bajazet depuis l’enfance, de faire de même. Celle-ci semble résignée à laisser Bajazet à Roxane pour qu’il ait la vie sauve, et elle implore donc son amant de faire semblant d’aimer la sultane et de l’épouser. Atalide l’apprend par son esclave Zaïre et songe à mourir, ayant sauvé l’homme qu’elle aime. Elle commence à redouter que l’amour feint de Bajazet pour Roxane ne soit véritable et reçoit dans le même temps les avances du vizir Acomat, qui lui rappelle qu’il a obtenu la promesse de sa main en récompense de son aide. Bajazet vient toutefois expliquer à Atalide qu’il n’a fait que de vagues promesses à Roxane. De tout ce que je vois, que faut-il que je pense ? Tous deux à me tromper sont-ils d’intelligence ?

Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ ? N’ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ? Apprenant de Zatime l’arrivée du terrible Orcan, l’envoyé d’Amurat chargé d’éliminer Bajazet, Roxane comprend qu’elle doit trancher rapidement. Laisse par quelque marque échapper son secret.