Le Jardin des Arts. Juin 1958 – N. 44 PDF

Une fontaine en plein centre du jardin d’essai à Alger 1. Le musée des Beaux-Arts à Alger vu depuis le jardin d’essai du Hamma. Le musée national des Beaux-Arts le Jardin des Arts. Juin 1958 – N. 44 PDF’Alger, est l’un des plus grands musées d’art d’Afrique. Le musée avec ses 8 000 œuvres, sa collection regroupe des œuvres peintes, des dessins, gravures et estampes anciennes, des sculptures, de mobilier ancien et d’art décoratif, céramique, verrerie, ainsi qu’une collection de numismatique.


Société des beaux-arts fondée par Hippolyte Lazerges en 1875 que la municipalité d’Alger conservait ses œuvres d’art. Ce nouveau musée municipal est dirigé jusqu’en 1910 par Charles de Galland, mais il est vétuste et peu fonctionnel. Ainsi, le musée municipal d’Alger ferme ses portes après vingt ans de fonctionnement entre 1908 et 1928. Un musée national des Beaux-Arts reprend son fonds en l’enrichissant de nouvelles acquisitions. La villa Abd-el-Tif, lieu de résidence des artistes.

Avec l’ouverture de la  villa Abd-el-Tif , un véritable besoin dans ce domaine se fait sentir et le projet est confié à un architecte peu connu, Paul Guion. Le site est choisi, au Hamma, en face du Jardin d’essai et non loin de la villa Abd-el-Tif, sur la colline aux sangliers. Beaux-Arts sont révisés avec de nouvelles missions. Depuis que ce musée est devenu national, il s’est considérablement enrichi. Les crédits qui lui ont été octroyés à la faveur de la célébration du Centenaire de l’Algérie, ont permis de nombreux et important achats.

Très vite, le musée des Beaux-Arts connaît un grand rayonnement, accru par des dons et des achats sagaces. On peut voir de quels soins et de quelles compétences tous ces achats furent entourés. Pour cet aménagement de la collection, on ne peut pas négliger les rôles des collectionneurs locaux. Avec les acquisitions nouvelles par l’achat, le musée a aussi reçu de nombreux dons. Parmi eux, le célèbre Frédéric Lung dut sa renommée non seulement à l’intérêt qu’il porta très tôt aux peintres de la villa Abd el-Tif mais aussi à la riche collection d’œuvres modernes et impressionnistes qu’il constitua. Sa veuve léguera quelques pièces au musée des Beaux-Arts d’Alger, notamment le plâtre d’atelier de Charles Despiau, L’Homme prêt à l’action. De 1930 à 1960, trois grandes périodes d’acquisition vont doter le musée d’un fond inestimable.

Dans cette Alger européanisée, le musée des Beaux-Arts fonctionnait comme une institution où les personnes cultivées ne se sentaient point dépaysées, mais son ambiance soumise aux particularismes locaux, permettait aussi de se détacher de la métropole. Contrairement aux grands musées de la métropole qui servaient aussi de champ pédagogique pour les élèves des Beaux-Arts, les élèves de l’École des beaux-arts d’Alger se rendaient moins souvent dans les salles de peinture et de sculpture du musée. Le musée ayant été plastiqué par l’OAS à la veille de l’indépendance, quelque trois cents de ses œuvres sont transférées en avril 1962 à Paris et déposées au musée du Louvre. André Malraux, alors ministre de la Culture, ait reconnu que ces œuvres appartenaient à l’Algérie , précisera-t-il. Voici quelques œuvres parmi les plus représentatives.