Le secret des orateurs PDF

Le secret des orateurs PDF Boze, Antoine Barnave, Paris, musée Carnavalet. Anonyme, Antoine Barnave, château de Versailles.


Aujourd’hui, la parole des dirigeants se stérilise, les discours des politiques sont formatés, l’expression des journalistes se banalise. Aurait-on oublié l’art oratoire ? Dans Le secret des orateurs, Stéphane André se fait Le spectateur critique du grand théâtre de la société. Il démolit les procédés éculés et les comportements sans âme des orateurs amateurs de la politique, de l’entreprise et des médias. La sécurité trompeuse qu’apporte La préparation trop poussée des arguments et des textes est dénoncée. La paresse intellectuelle que provoquent les prompteurs et les slides est démasquée. Bien loin de se moquer, l’auteur montre comment traiter les défauts d’expression tels que tics gestuels et verbaux, trous de mémoire, ton monocorde… Au fil du livre, il dégage une technique respectueuse des personnalités et des cultures d’origine, tant des orateurs que des auditeurs. Il démontre qu’avec un minimum de travail, chacun peut devenir orateur sur la scène de La vie active, en entretien, en réunion ou dans ses exposés. On ne peut que conseiller aux lecteurs des éditions précédentes cette nouvelle édition. Ils y découvriront de nouvelles personnalités en situation d’interview, de débat ou de discours. Ils percevront une évolution significative des bases de la technique de l’art oratoire développée par l’auteur.

La même année, il perd un frère plus jeune. Barnave va y jouer rapidement un rôle important, d’abord au sein de la députation du Dauphiné en soutien de Mounier. Ce dernier penche pour un compromis monarchique, s’opposant à la prise du pouvoir par la Constituante. Barnave est un des rares orateurs à pouvoir rivaliser avec Mirabeau. Il acquiert par son éloquence un peu froide et son ardent amour pour la liberté une très haute influence et une grande popularité. En mai 1790, un conflit ponctuel oppose l’Espagne et l’Angleterre et pose le problème du pacte de famille franco-espagnol, et donc des pouvoirs du roi en matière de déclaration de guerre.

Le 1er août, Barnave est élu maire de Grenoble. Il accepte dans un premier temps, mais se désiste quelques mois plus tard, invoquant les contraintes de son mandat. Il accède à la présidence de l’Assemblée constituante le 25 octobre 1790 pour une durée de quinze jours. Cependant Barnave et ses amis sont partisans du suffrage censitaire et défendent le droit de propriété. Ils se sentent dépassés par une gauche démocrate et égalitaire.

Carte d’entrée à la salle du Manège signée par Barnave. En décembre 1790, Barnave, qui se représente à la présidence de l’Assemblée, est battu par Charles Antoine Chasset. Mmes Adélaïde et Victoire, Barnave dépose un amendement pour interdire à tout membre de la famille royale de s’éloigner de Paris. Après la mort de Mirabeau, la Cour cherche de nouveaux alliés notamment auprès du triumvirat. Barnave et ses amis fondent le 27 avril un nouveau journal, le Logographe, qui affiche sa confiance dans une monarchie limitée. Caricature de Barnave en politicien jouant double jeu.

Louis XVI est arrêté à Varennes. Pendant les trois jours que dure le voyage de retour, Barnave est touché par les malheurs de Marie-Antoinette. Il entame avec elle une correspondance secrète par l’intermédiaire du chevalier de Jarjayes. Il exhorte le roi, par l’entremise de sa correspondance avec Marie-Antoinette, à se rallier sincèrement à la Constitution, à condamner les menées des émigrés, et obtenir de l’Empereur Romain Germanique, frère de la reine, la reconnaissance du nouveau régime. Pendant le mois d’août et jusqu’au 30 septembre, date de clôture de la Constituante, Barnave et les modérés, malgré l’opposition de Robespierre et de la gauche, arrivent à sauver la monarchie, sans pour autant lui assurer les moyens de son action. Cette dernière cherche en effet avec l’énergie du désespoir à sauver sa famille et la monarchie. Bien qu’en réalité elle n’adhère pas aux idées de Barnave concernant la soumission du roi à la constitution, celle-ci se montre touchée et intéressée par les arguments de ce dernier.

Barnave reste à Paris jusqu’au 5 janvier 1792. Il continue à prodiguer ses conseils à la Cour par la correspondance ou les entrevues secrètes avec Marie-Antoinette. Antoine Barnave est inhumé à la chapelle expiatoire à Paris. En prison, Barnave écrit De la Révolution et de la Constitution, qui ne paraîtra qu’en 1843 sous le titre Introduction à la Révolution française.

Ses manuscrits sont alors publiés par M. Bérenger sous le titre d’Œuvres de Barnave, et seront réimprimés à plusieurs reprises à partir de 1960. L’ouvrage de Barnave entend montrer que la Révolution est l’aboutissement d’une longue évolution depuis le Moyen Âge, que la propriété agraire amena la formation de gouvernements aristocratiques. Selon lui le développement du commerce et de l’industrie entraîna la transformation des sociétés agraires traditionnelles, un progrès de la bourgeoisie qui afficha son désir de plus en plus irrésistible de participer au gouvernement. La bibliothèque municipale de Grenoble détient de nombreux manuscrits de Barnave et de sa mère.

Barnave par Mr Béranger de la Drôme, Paris, Jules Chapelle et Guiller, 1843, 4. Rapport sur les colonies, et décret rendu sur cette affaire par l’Assemblée Constituante le 28 septembre 1791, sanctionné par le Roi le 29 du même mois. Paris, Imprimerie de la Feuille du Jour, non daté , in-8, 63. Le musée de la Révolution française expose un tableau de grande taille de Barnave dans l’escalier des droits de l’Homme et du citoyen. Pierre d’Amarzit, Barnave, le conseiller secret de Marie-Antoinette, éd. Correspondance secrète entre Barnave et Marie-Antoinette, recueillie et présentée par Alma Soderajelm, annottée et préfacée par Georges Lefebvre, Paris, Armand Colin, 1937. Jean-Jacques Chevallier, Barnave ou les deux faces de la Révolution, Presses Universitaires de Grenoble, 1979.

Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. Jean-Jacques Chevallier, Barnave ou les deux faces de la Révolution, Presses universitaires de Grenoble, 1979. Marie-Antoinette suit partiellement les conseils de Barnave, mais joue sur le pourrissement de la situation en incitant son frère, l’Empereur, à déclarer la guerre. Stefan Zweig, Marie-Antoinette , Paris, B.

Antonia Fraser, Marie-Antoinette, Flammarion, 2007, p. Au passage de la charrette, une bande de royalistes se réjouit :  Alors, Barnave, ce sang-là est-il donc si pur ? Francesco Dendena,  L’expérience de la défaite, la rencontre avec l’histoire : Barnave et ses écrits historiques , La Révolution française , 10, 2016, lire en ligne. Rapport fait à l’Assemblée nationale, le 8 mars 1790, au nom du comité des colonies, Paris, De l’Imprimerie nationale, 1790, 22 p. Colonies, le 23 septembre 1791, Paris, De l’Imprimerie nationale, 1791, 12 p. Rechercher les pages comportant ce texte.

La dernière modification de cette page a été faite le 29 mars 2018 à 03:22. Comme la plupart des révolutionnaires, Bertrand Barère dit de Vieuzac est issu d’une famille de la bourgeoisie ascendante, désireuse de s’agréger à la noblesse en achetant des charges de judicature et des fiefs. Bertrand Barère est né le 10 septembre 1755 à Tarbes, ancienne capitale de la Bigorre, aujourd’hui préfecture du département des Hautes-Pyrénées dans une famille bourgeoise de magistrats, d’avocats et de prêtres. En 1770, Bertrand Barère, après une scolarité brillante, obtient une dispense d’âge pour commencer ses études de droit à Toulouse. En 1775, il devient avocat au Parlement de Toulouse. L’année suivante, il prend possession d’une charge de conseiller du roi à la sénéchaussée de Bigorre que lui a achetée son père.