Le T.A.T. : Fantasme et situation projective PDF

Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires. Freud s’est beaucoup plus soucié le T.A.T. : Fantasme et situation projective PDF’expliquer les mécanismes psychologiques sous-jacents aux diverses névroses que de nosologie. Jean Bergeret pense qu’elle est une astructure entre la  structure névrotique  et la  structure psychotique .


En examinant sous l’angle analytique les réponses au TAT (un des tests projectifs de personnalité les plus utilisés à travers le monde), l’auteur met en évidence trois catégories de fonctionnement : les déficits narcissiques, les réponses psychiques dites « limites » (borderline), les dépressions.

Dans l’optique freudienne au sens rigoureux du terme, le symptôme est l’expression symbolique d’un conflit psychique ainsi qu’un compromis entre la pulsion et la défense qui s’y trouve opposée. Le conflit psychique demeure intrapsychique limité entre le Surmoi et le Ça à l’intérieur du Moi. Il conviendra de distinguer, à partir des écrits de Freud, deux sortes d’angoisse. Il s’agira aussi de préciser la notion de traumatisme psychique et de comprendre comment le refoulement est à l’origine des symptômes névrotiques dont la compulsion de répétition fait partie.

Par l’intermédiaire de la douleur qui est la conséquence de la perte objectale avec une décharge massive des tensions libidinales dans le moi, il effectue le passage de l’angoisse automatique, hilflosigkeit, détresse psychique redoutable, qui inonde l’organisation du moi, à l’angoisse signal, qui active les réactions du moi pour faire face au danger pressenti. La fonction anticipative du moi dépend de la force de celui-ci, de ses possibilités de lier affects et représentations, c’est-à-dire de donner une signification à l’expérience vécue. L’angoisse qui est toujours le résultat d’un conflit entre deux tendances opposées se décharge sans limite si les mots manquent pour contenir le mal-être. Les symptômes sont créés pour éviter l’irruption de l’angoisse.

Dans la phobie, le déplacement du danger interne vers un danger externe permet l’évitement par la fuite – aussi de donner une matérialité à des angoisses diffuses comme dans la phobie du vide. En fait, il explique que c’est l’angoisse, devant un danger extérieur mais dont le danger pulsionnel interne est une condition et une préparation, qui provoque le refoulement. Freud affirme également que le refoulement originaire découle d’angoisse détresse née d’un trop-plein d’excitations débordant le moi. Cet état où le principe de plaisir échoue à maintenir l’homéostasie constitue le facteur traumatique. En 1923, il définissait déjà le traumatisme de la manière suivante :  Nous appelons traumatiques les excitations extérieures assez fortes pour rompre la barrière représentée par le moyen de protection. Les refoulements secondaires résultent de l’angoisse signal. Ces considérations autorisent à penser que les traumatismes archaïques subsistent à l’état de traces dans l’image du corps, sortes de sensations sans sens parce que déliées de toutes représentations.

Ces deux effets qui sont des fixations au traumatisme ou aussi appelés automatismes de répétition, contribuent également à la formation du caractère. Le second caractère des symptômes névrotiques est leur caractère compulsionnel, c’est-à-dire que leur intensité psychique rend inopérant les processus de pensée adaptés au monde extérieur et, donc, la réalité psychique interne supplante la réalité externe. Le traumatisme infantile provoque des modifications du moi, comme des cicatrices, qui resurgissent après une période de latence, probablement due à la latence physiologique. L’effet retardé du traumatisme apparaît quand les exigences de la réalité extérieure entrent en conflit avec l’organisation défensive du moi. Lorsque nous sommes fatigués, harassés de soucis, nos forces s’épuisent, le contre-investissement cède et nos mécanismes de défense habituels sont moins opérants.

Nous devenons irascibles, parfois au bord des larmes et nous craquons pour un rien. Il arrive que certaines situations, des événements particuliers suscitent une réaction dont nous ne nous expliquons pas l’intensité jusqu’à ce que nous établissions un parallèle avec un moment du passé. Freud, dans ce texte, stipule le fait que le traumatisme provoque une dissociation du moi, une partie étant en adéquation avec l’extérieur et l’autre, meurtrie, qu’il faut protéger. Il parle de la névrose non plus comme de l’aboutissement d’un conflit pulsionnel mais bien comme une formation destinée à prévenir un éclatement du moi.

Le refoulé serait cette partie retranchée du moi ou l’éprouvé de détresse qui l’a causée. Détourné en grande partie de la réalité, le névrosé mène une vie dans l’imagination. Il se sert d’un bon nombre d’astuces lui permettant de fuir des exigences réelles et de briguer une situation idéale qui lui permet de se soustraire à la responsabilité et à la performance sociale. Celle-ci est de telle sorte qu’elle peut effectivement entrer en opposition à la caractéristique du cadre de la vie et à ses contraintes réelles. La contrainte contraire a un caractère révoltant.

Elle va chercher sa substance dans des expériences affectives adaptées ou dans des observations. Toute la volonté et toutes les aspirations du malade sont sous le diktat de sa politique de prestige. Le névrosé a toujours recours à des prétextes pour laisser des questions de la vie irrésolues et se tourne automatiquement contre l’épanouissement du sentiment de communauté. Jean-Louis Pédinielli et Pascale Bertagne, 2002.

Philippe Pinel : Institution de médecine pratique, t. Jean Bergeret : Abrégé de psychologie pathologique, Ed. Cullen, traduit de l’anglais sur la dernière édition et accompagné de notes dans lesquelles se trouve refondue la nosologie du même auteur, t. La personnalité normale et pathologique,  éd.